II.

Dans l’autobiographie de l’artiste, nous trouvons peu de chose sur son père. Nous apprenons qu’après la mort prématurée de la mère de Giovanni, celui-ci quitta avec son garçonnet de cinq ans sa demeure d’Arco. Il se rendit à Milan chez ses grands enfants d’un premier mariage. Comme il ne gagnait pas sa vie à Milan, il partit pour l’Amérique avec un de ses fils du premier lit, et laissa Giovanni à sa demi-sœur. L’artiste n’a plus jamais entendu parler de son père.

On ne peut manquer d’être frappé de ce que Segantini, qui perdit ses deux parents à bref intervalle, parle de sa mère avec abondance, est tout adonné à son amour, sans par contre en dire beaucoup plus sur son père que les simples dates indiquées ci-dessus. Et alors qu’il consacre le meilleur de son art à glorifier l’idée de la maternité, alors que chacun de ses œuvres dresse un nouveau monument à sa mère, c’est en vain qu’on cherche une expression positive des sentiments qui le liaient à son père. Si dans l’une de ses toiles il arrive qu’on trouve, à côté de la figure de la mère, celle du père, celui-ci n’occupe jamais le premier plan.

Il semble donc que le père n’ait pas exercé d’influence sur le développement et l’œuvre du fils, comme si ce dernier n’avait eu qu’indifférence pour lui. Mais le silence de Segantini est éloquent ; on le verra tout à l’heure, il tient à la répression d’une très violente hostilité à l’endroit de son père.

Il est inscrit dans les dispositions bisexuelles de l’homme que les sentiments érotiques du petit garçon s’adressent à ses deux parents. Mais une préférence pour sa mère se dessine rapidement. Des affects de jalousie et d’hostilité à l’égard du père en sont la conséquence immédiate. Lorsque la mère de Segantini mourut, le motif de jalousie disparut. L’amour entier du petit garçon aurait dû se reporter naturellement sur son père. Or c’est précisément à ce moment–là que le père fit ce qui devait tuer l’amour que l’enfant lui portait, tout en accentuant chez lui les sentiments hostiles : sans comprendre les besoins spirituels de cet enfant doté d’une riche vie imaginative, il l’arracha à son paradis des bords du lac de Garde pour le plonger dans la solitude et la misère de la grande ville, le remit à sa demi-sœur qui ne pouvait lui consacrer ni temps ni amour, et l’abandonna.

C’est ainsi que furent tuées en germe chez le jeune Segantini les inclinaisons pour son père ; aussi manquent les formations substitutives qui naissent dans des conditions normales par sublimation de l’amour pour le père.

Un détachement plus ou moins prononcé à l’égard de l’autorité paternelle est normal à la puberté, mais les effets s’en retrouveront dans les manifestations de la piété et de l’amour infantiles. La sublimation d’un transfert positif durable sur le père se marque dans l’orientation globale de la vie, sous forme de besoin d’appui à plus fort que soi, de soumission, de fidélité aux usages établis et de refus d’autonomie. Il arrive que le fils garde intacte sa relation à ses parents, même après la puberté. Dans ces cas, la tendance conservatrice se montre particulièrement marquée, et la recherche active du progrès très discrète.

Segantini contraste brutalement avec ce dernier type ; on pourrait dire qu’il se situe à l’extrême opposé. Il est radicalement dépourvu d’esprit de soumission et de penchants conservateurs. Il écrivait : « Tout développement, que ce soit sur le plan social, religieux ou autre, a pour buts premiers la négation du passé, le nihilisme, la destruction. » Segantini exprime ici des tendances véritablement révolutionnaires. Il se venge de la puissance paternelle, sur laquelle il a dû s’appuyer dans sa première enfance ; vengeance avant tout de ce que son père l’ait lassé dans la misère après la mort de sa mère. Mais Segantini ne se contente pas de nier ce qui est : en renversant le passé, il entend ouvrir la voie à quelque chose de nouveau et de meilleur. Ce n’est pas seulement chez lui exigence théorique, il a agi conformément à cette conception bien avant de l’avoir verbalement formulée.

Nous pouvons donc établir chez Segantini une signification purement négative du père. Et tout comme son amour pour sa mère déferle sous forme sublimée sur toute la nature, de même sa haine, qui visait originellement le père, se répand sur tout ce qui entrave sa volonté. Certes, les pulsions agressives qui se dirigent contre la vie de l’adversaire sont modérées par la sublimation. Elles fournissent à Segantini l’énergie qu’il emploie à s’affirmer et à s’opposer à toutes les formes de puissance. La vie de Segantini est, dès son enfance, une vivante protestation contre toute autorité qui s'arrogerait le droit de toucher à sa personnalité.

Or si vivement que cette énergie s’oppose à la puissance de son père, on ne peut méconnaître que c’est précisément en elle que Segantini s’identifie à ce dernier. Car pour le garçon, le père est tout naturellement un modèle, par la supériorité de sa taille et de sa force, par son énergie et son savoir. La rivalité avec le père doit susciter tout particulièrement le désir de l’égaler dans tous ses attributs. Elle donne un vigoureux élan aux fantasmes de grandeur de l’enfant.

La révolte contre la puissance du père et l’aspiration à l’autonomie, à l’indépendance, à la majorité, s’expriment chez le jeune Segantini avec une intensité inhabituelle. Les traits de son homme et sa carrière comme artiste.

Il est émouvant de lire, dans l’autobiographie de l’artiste, comment à six ans il passait ses journées seul, enfermé du matin au soir dans une pièce étroite et nue. Il supporta son sort pendant un certain temps, aussi longtemps que ce cadre monotone offrit encore quelque attrait et quelque stimulant à son imagination. Mais le texte poursuit : « Un matin, alors que je regardais par la fenêtre comme hébété, l’esprit vide, le bavardage de quelques voisines parvint à mes oreilles : elle parlaient de quelqu’un, qui encore jeune, avait quitté Milan à pied et était arrivé en France, où il avait accompli de grandes actions… Ce fut pour moi une révélation. On pouvait donc quitter ce palier, et partir au loin…Je connaissais la route, mon père me l’avait montrée, au cours d’une promenade sur la place du château. " C’est par là, avait-il dit, sous cette voûte, que les troupes françaises et piémontaises victorieuses ont fait leur entrée. C’est Napoléon Ier qui avait fait construire l’arc de triomphe et la route ; et la route, disait mon père, traversait les montagnes et conduisait tout droit en France. " Et l’idée de parvenir en France par cette route ne me quittait plus. »

Les propos des femmes rappellent au petit garçon un récit de son père qui l’avait impressionné, ou il était précisément question de la France et des hauts faits d’un homme. Il n’en a pas fallu davantage pour éveiller les désirs infantiles de grandeur ; mais son énergie impulsive exige une action immédiate. L’enfant de six ans s’enfuit, se munit d’un morceau de pain, passe sous l’arc de triomphe et s’engage sur la route de Napoléon.

Il n’y avait pas si longtemps, qu’un beau jour, son père avait quitté Milan sans entrer dans de longues explications. L’enfant l’imite. Mais il ne se contente pas du fantasme d’imitation de leur père de tous les garçons ; il veut devenir cet homme dont la grandeur force l’admiration du père lui-même10.

La suite de la vie d’enfant de l’artiste, comme il la raconte lui-même, est riche en péripéties remarquables, si riche qu’un doute nous prend : tout s’est-il véritablement produit comme il le décrit ? la fantaisie débordante de l’enfant et de l’adulte n’aurait-elle pas, sans avoir inventé, modifié les faits de telle sorte que sa propre critique n’aurait plus été capable par la suite de distinguer les événements vraiment vécus ?

Le bien-fondé de cette hypothèse se confirme lorsqu’on connaît certains fantasmes produits par tant d’individus, d’une manière si étonnamment semblable que nous y reconnaissons un phénomène typique et très généralement humain. Les mêmes idées se retrouvent dans les fantasmes collectifs, c’est-à-dire dans les mythes des peuples et des époques les plus divers. Dans une étude antérieure, Traum und Mythus11, j’ai pu prouver que les mythes, par leur forme et leur contenu, concordent largement avec les fantasmes infantiles de l’individu. Rank12, dans un travail qu’il a consacré uniquement à ce thème, a traité du Mythe de la naissance du héros. Tout peuple pare la naissance et l’enfance de ses héros d’événement miraculeux, qui coïncident exactement avec les fantasmes infantiles. La vie d’enfant de Segantini, telle qu’il la décrite lui-même, rappelle de manière frappante ces légende des héros.

Les légendes de Moïse, Sargon, Cyrus, Romulus et Rémus, etc., s’accordent toutes sur point : le fils issu de parents nobles doit être écarté pour un motif quelconque. Mais il sauvé de manière miraculeuse, arraché aux eaux ou trouvé par hasard par des étrangers de basse extraction, élevé comme leur fils, et se voit contraint à d’humbles travaux. Dès sa jeunesse, dans ses jeux avec les enfants de son âge, par exemple il trahit des qualités particulières, qui le distinguent de son entourage, et révèlent qu’il sera appelé à de plus hautes destinées. Devenu adulte, il apprend le secret de ses origines, se venge de ses oppresseurs, accomplit des actions héroïques et parvient enfin aux honneurs qui lui sont dus.

Mais continuons à écouter Segantini parler de son enfance.

Le petit garçon courut droit devant lui, jusqu’à la tombée de la nuit ; il s’affaissa alors, épuisé, au bord de la route et s’endormit. Il ne se rendit pas compte qu’une averse le transperçait. Il se réveilla lorsque des paysans, qui passaient par là, se mirent à le secouer pour le faire revenir à lui, le prirent sur leur chariot et le ramenèrent chez eux. Il se rendormit pendant le trajet et ne s’éveille que dans la maison de ses sauveurs. Une fois qu’on l’eut séché et réchauffé, on commença à l’interroger sur son histoire. « Ici, nous dit l’autobiographie, je me rappelle avoir raconté, avec d’abondantes péripéties, l’histoire d’un accident qui m’était arrivé et était profondément gravé en moi. Un jour - je pouvais avoir trois ou quatre ans – je m’étais aventuré sur un étroit pont de bois, qui conduisait de la route à une teinturerie en passant sur un torrent de montagne canalisé, dont la force actionnait plusieurs moulins. » sur le pont, continue le récit, Segantini avait rencontré un garçon plus grand que lui, qui d’un mouvement imprudent le fit tomber. Un soldat s’était élancé et l’avait sauvé de l’eau, alors qu’il était déjà entraîné vers un moulin.

Et voici la fin du récit : quand les paysans entendirent le petit Segantini affirmer qu’il ne voulait à aucun prix retourner chez sa sœur, ils lui répondirent : « Nous te garderons chez nous, pauvre orphelin ; il te faut du soleil. Mais nous ne sommes pas riches ; aussi, si tu veux rester ici et t’habituer à notre vie, il te faudra te rendre utile d'une manière ou de l’autre !… » - « Le lendemain, la femme coupa mes longs cheveux, qui tombaient en boucles abondantes jusque sur mes épaules. Une femme qui y assistait s’exclama : Vu de profil, il ressemble à un fils du roi de France…

Ce jour-là, je devins gardien de cochons ; je ne devais pas avoir sept ans. »

Ce n’est que pour quelques semaines que le petit garçon put rester dans son nouveau cadre, ou il était l’objet de bien plus de soins que chez sa sœur à Milan. C’est justement cet épisode que Segantini décrit avec grande exactitude et en s’attardant complaisamment sur les détails. Nous retrouvons dans ce récit les trait essentiels du mythe de la naissance du héros, à commencer par le départ de la maison paternelle qui se réalise ici, il est vrai, différemment des légendes ; vient ensuite le sauvetage miraculeux par des paysans compatissants, qui veulent élever le petit garçon chez eux. Dans ce premier récit de sauvetage, Segantini en inclut un second : à trois ans il a été retiré des eaux ! Chez ses parents adoptifs il lui faut remplir l’humble tâche de garder les porcs, comme tant de héros de légendes. Lui dont l’aspect fait penser à un prince royal !

Il n’est pas possible de tracer une délimitation nette entre fiction et vérité dans ces récits d’enfance de l’artiste. Mais pour qui sait à quel point les souvenirs d’enfance sont remaniés par la vie fantasmatique, les traces de cette élaboration ne passeront pas inaperçues. Je soulignerai un seul point : Segantini se souvient  d’une remarque entendue à six ans sur sa ressemblance avec le fils du roi de France. Il est peu vraisemblable qu’il ait gardé en mémoire des termes remontant à cette époque. Mais le contenu est identique à celui des plus typiques fantaisies de filiation que l’on rencontre chez les garçons. Le père, modèle en tous points de la force et de la grandeur, est volontiers élevé par l’enfant au rang de roi ou d’empereur ; on retrouve assez souvent dans les rêves des adultes le père sous figure d’un roi. Chez le garçon, les pulsions hostiles à l’égard du père s’expriment dans des fantasmes ou il détrône son père, se hausse lui-même au rang de fils d’un roi imaginaire, et ne prête à son père réel que le rôle de père adoptif. Être prince fait partie des fantasmes infantiles de grandeur les plus courants. Il est très probable que le petit Segantini a intriqué ces fantasmes avec ce qu’il savait du roi de France : sa représentation, grâce à son caractère de désir, a pris dans sa mémoire la valeur d’un événement authentiquement vécu.

Tout l’émouvant récit de l’enfance de Segantini ressemble à un mythe individuel. Des sujet d’un orgueil démesuré auréolent couramment leur enfance de ces formations mythiques. Ici, ce large recouvrement avec les légendes de la naissance du héros nous montre que Segantini tire ses créations du tréfonds de l’âme humaine13.

Nous l’avons déjà dit, Segantini fut obligé peu après de quitter son asile pour retourner chez sa sœur. Nous sommes peu renseignés sur les années suivantes. Tout ce que nous savons, c’est que Segantini fut ballotté entre ses demi-frères et sœurs. Il fut recueilli pour un temps par un de ses demi-frères, qui tenait une charcuteries dans le Val Sugana, puis par sa sœur, qui dans l’intervalle avait épousé un cabaretier. C’est dans ce milieu que l’enfant eut à vivre ; sa fantaisie l’emportait vers des mondes lointains, certes, et à plusieurs reprises il fit même des fugues, profondément convaincu que le bonheur viendrait au-devant de lui comme dans les contes. En définitives, comme personne ne se sentait de taille à venir à bout d’un pareil fugueur et bon à rien, on se débarrassa de lui en le plaçant dans une maison de correction à Milan. On l’y occupa au métier de savetier.

La discipline de l’établissement ne parvint pas non plus à briser la volonté de l’enfant, qui n’avait que douze ans. Il se rebelle contre l’autorité religieuse, comme contre toute autre. La première fois qu’il dut aller communier, il s’y refusa obstinément. Il expia la peine des arrêts qui furent prononcés à cette occasion, et … s’enfuit. Il fut repris, rendu à l’institution ou il resta cette fois jusqu’à quinze ans. Ses supérieurs durent se résigner à adapter leurs méthodes éducatives à sa personnalité. Ils obtinrent ainsi de meilleurs résultats. Enfin, il imposa son vœu longtemps réprimé : il fut adressé comme élève à un peintre.

Le débutant de quinze ans faisait maintenant face à un nouveau maître, que l’on décrit comme un brave homme, quoique trop infatué de ses médiocres talents. Pas plus que ses prédécesseurs, il ne put imposer ses principes à son élève, qui était conscient de ses dons. C’est pourquoi Segantini ne prolongea pas ce séjour. Il prit l’énergique décision de se séparer de son maître, entra à l’école des Beaux-Arts de Bréra et tenta à grand-peine de gagner sa vie. Toutes les manières lui furent bonnes pour acquérir le maigre salaire qui ne lui permettait pas toujours de calmer sa faim.

Mais la supériorité de ses dons et la trempe de sa personnalité lui valurent rapidement la considération de ses camarades. Il fut bientôt le chef de ceux des élèves qui se dressaient contre l’école et la tradition, ce qui lui attira l’antipathie de ses maîtres. Après un premier succès du jeune révolutionnaire à l’exposition de Milan, on assigna à la toile qu’il présenta la fois suivante un emplacement très peu favorable. Toute l’impulsive de Segantini fit irruption. Une scène éclata, que nous raconte Servaes (p. 34) : « Il alla, décrocha sa toile, et la mit en pièces. Mais cela ne lui suffit pas ; rencontrant son professeur en rue, et le soupçonnant d’être le fauteur du tort subi, il le prit violemment à partie, et il avait tant de peine à se maîtriser qu’il s’agrippa à un réverbère, le secouant si vivement que les vitres se mirent à cliqueter. »

Dés lors il fut impossible à Segantini de rester à l’école plus longtemps, et ce jeune homme de vingt ans, intolérant à toute autorité, franchit hardiment le seuil de l’autonomie. En lutte permanente avec la misère matérielle, il poursuivit sa voie avec une énergie inflexible.

Il a résumé en termes éloquents le destin de sa jeunesse14 : « J’ai eu de grand combats à livrer au corps ou le sort avait logé mon âme. À six ans ce fut l’abandon et l’isolement de l’orphelin privé d’amour, rejeté par tous comme un chien enragé. Dans de pareilles conditions, je ne pouvais que devenir sauvage, et je répondais en être agité et bouillonnant aux lois en vigueur. »

L’expression peut-être la plus vive de l’opposition du jeune Segantini à toute soumission devait se traduire peu après dans une action que Servaes, soucieux de ménagements, a passée sous silence. Segantini qui était citoyen autrichien se déroba au service militaire.

Que les suites possibles de ce geste ne l’aient apparemment pas retenu, c’est bien la preuve de l’emprise sur lui de son besoin d’indépendance. Son châtiment fut d’être longtemps privé de mettre le pied sur le sol de son pays. Il a cruellement souffert de cette punition. À sa mort, il était près de réaliser son vœu le plus cher : revoir le pays bien-aimé.

Cette action semble mal s’accorder à un caractère doté d’une sensibilité éthique aussi vive que celui de Segantini. L’analyse de son inconscient nous permettra de la comprendre. C’était sa mère qu’il aimait en le sol natal ; mais dans les autorités de son pays, c’était son père qu’il haïssait.


10 Ceux dont les pulsions agressives sont inhibées par un refoulement prononcé s'identifient volontiers en fantasme, aujourd'hui encore, à Napoléon. C'est là que gît la source inconsciente essentielle du culte de Napoléon.

11 Traum un Mythus. Eine Studie zur Völkerpsychologie. « Schriften zur angew. Seelenkunde », cagier 4 (Rêve et Mythe).

12 Rank : Der Mythus von der Geburt des Helden. « Schriften zur angew. Seelenkunde », cahier 5.

13 Nous ne pouvons admettre que Segantini ait subi l'influence dans ses créations imaginaires des légendes des héros ; sa culture ne le lui aurait pas permis.

14 Page 72 du recueil de Bianca Segantini.