1. Présentation de « Thalassa »

Le livre

Le livre que le lecteur français tient en mains est l’un des plus passionnants et des plus libérateurs de notre siècle. Il ne s’agit rien de moins que de promouvoir la démarche psychanalytique en une méthode d’investigation universelle. La psychanalyse deviendrait par là un instrument complémentaire des sciences de la nature, biologie, paléontologie, médecine, voire, en poussant les conclusions à l’extrême, chimie et physique. Que pareille entreprise puisse être féconde ou simplement possible, nous avons de la peine à le croire. Il faut lire la démonstration que nous en propose Ferenczi, à propos d’un problème biologique circonscrit : l’évolution de la génita-lité, objet même du présent ouvrage. Cette lecture, d’abord, déconcerte. Puis, peu à peu on pénètre dans un univers étrange et attachant. Alors à chaque page surgit quelque évidence inattendue, répondant à d’autres, déjà entrevues, les confirmant encore, les augmentant de sens nouveaux. Nous finissons par être conquis ; et notre adhésion jubilatoire marque une délivrance. Les entraves de nos préjugés sévères se sont relâchées et nous voilà en train d’accomplir avec l’auteur une vivifiante plongée au plus profond de nous-mêmes. Ferenczi nous met en présence de ce qui vit en nous obscurément, depuis la nuit des temps, de ce qui est inscrit dans notre corps, dans nos gestes, dans nos mythes. Biologie, histoire naturelle, embryologie, physiologie s’animent de significations qui vont nous rattacher au passé le plus reculé de notre espèce. Parfois notre méfiance s’élève : serions-nous pris dans les filets de quelque séduction métaphysique ? Il n’en est rien. Les significations que Ferenczi nous apporte sont tout autre chose que des aliments verbaux, faits pour duper notre besoin d’unité. Elles sont destinées à faire œuvre de science, à proposer des hypothèses, à construire des plans de recherches, à découvrir des faits nouveaux. Quoi d’étonnant qu’une authentique science des choses premières soit aussi poésie sans le vouloir ?

Le disciple de freud

« L’esquisse d’une théorie de la génitalité1 », premier titre de la présente étude, se réclame de la stricte orthodoxie freudienne. Disciple, ami fidèle et compagnon de route du fondateur de la psychanalyse, Sandor Ferenczi, expert psychiatre à la Cour d’assises de Budapest, se lie avec Freud dès 1906, assimile sa doctrine avec une rapidité prodigieuse, publie, coup sur coup, ses travaux cliniques et théoriques, fonde avec son maître la Société Internationale de Psychanalyse et jusqu’à sa mort en îgjs ne cesse de mettre son enthousiasme, son esprit créateur au service du mouvement et de la doctrine. Son influence s’exerce sur Freud lui-même et son apport original ne cesse d’alimenter les élaborations post-freudiennes.

Très tôt, Ferenczi acquiert la conviction de la prééminence des recherches psychanalytiques sur la psychologie et la médecine classiques. L’énigme de l’hystérie a

1. Versuch einer GcmtaLtheone, Internationaler Psychoanalytischer Ver-lag. Wien, 1914.

consommé leur faillite. Dans ce domaine le maître viennois est le seul à apporter des lumières définitives. Or, par là même, la psychanalyse met implicitement en question tout un mode de pensée discrédité par l’échec. Mais il faut composer : modestie et prudence incitent le chef de file à ménager les critiques. Cependant la foi impétueuse du disciple s’emporte :

« Depuis longtemps — écrit Ferenczi en 19138 —, l’évolution des sciences psycho- et neurologiques était en stagnation, lorsque la méthode psychanalytique de Freud vint leur insuffler une vie nouvelle. Avec une remarquable patience, à ne pas imiter, les anatomistes du cerveau faisaient coupes et colorations sur des milliers d’échantillons, sans apporter aucun fait nouveau de quelque intérêt. Avec un zèle digne d’une cause meilleure, les psychologues expérimentalistes mesuraient les temps de réaction au millième de seconde près, sans la moindre idée du parti à tirer de cette accumulation de données. Dans leur fanatisme, des philosophes de la nature, soi-disant matérialistes, refusaient de prendre connaissance des faits dits psychiques et se contentaient de nier purement et simplement l’existence de l’âme, comme sans fondement biologique pour l’heure. De leur côté, les spéculateurs de la métaphysique fermaient les yeux à l’évidente primauté qui revient aux instincts dans les processus vitaux et croyaient aborder par le biais de la logique le domaine de l’âme si agité de passions. Pendant le même temps, l’activité mentale des neurologues « cliniciens » se limitait à la localisation géométrique, annuellement, de quelques tumeurs cérébrales et à la prescription de bromures. La psychiatrie, enfin, s’épuisait à décrire des groupes de symptômes et à soumettre ceux-ci à des exercices de variation et de combinaison. La paresse propre à l’esprit humain est telle que de nos jours encore de nombreux chercheurs tiennent à poursuivre leurs activités monotones et stériles et se ferment hermétiquement au progrès, alors même qu’on aurait besoin de tous les bras valides pour, à l’aide des idées révolutionnaires reçues de Freud, défricher l’ensemble du territoire de la psychologie et de la psychopathologie ».

1. 0 Formation et disparition de symptômes névrotiques » (en hongrois), Budapest, 1913, m Préface.

L’élan de Ferenczi pour la doctrine dont il a tout reçu ne connaît pas de limites. Là où l’initiateur s’effraie de sa propre témérité, le continuateur est plus à l’aise pour passer outre. Héritage de ses études médicales, Freud porte en lui un « surmoi scientifique » par lequel il tient à se faire accepter. Peu avant la parution de Thalassa ne s’adresse-t-il pas à la biologie pour confirmation de ses thèses *. Pour expliquer la répétition compulsive du traumatisme (dans le rêve, la névrose traumatique, le jeu d’enfant), n’introduit-il pas un principe étranger à ses premières vues et emprunté à la biologie : « l’élasticité de la matière vivante » ? Pourtant l’explication à ce problème crucial est écrite en toutes lettres dès 1900 dans Y Interprétation des Rêves*. Toute la psychanalyse s’était fondée sur la théorie originale du symptôme névrotique et du symbolisme onirique, considérés comme des compromis substitutifs, intervenant entre un désir refoulé et les forces refoulantes. Ce processus de symbolisation, régi par le principe de plaisir (et par son dérivé le principe de réalité) tend à la décharge et à la réduction des tensions. C’était là un point cardinal sur lequel il était inutile de revenir. La solution d’un conflit, aussi mauvaise soit-elle, amène une détente, ne fût-ce que partielle. La compulsion de répétition, en tant que solution symbolique, loin de se situer « au delà » — comme le voulait le dernier Freud — du principe du plaisir, doit être, au contraire, conforme à ce principe. Telle est la thèse orthodoxe de Ferenczi qui, sur ce point capital, demeure plus freudien que le maître lui-même. Et de préciser : il y a nécessairement plaisir (détente) dans la répétition symbolique. Celle-ci a même signification qu’un rituel de fête commémorant quelque délivrance heureuse.

L’hommage du disciple est de prolonger, tout en la préservant, la pensée dont il a hérité. De cette pensée, Ferenczi tient à sauvegarder, contre le gré du maître lui-même, la pièce fondamentale et la plus originale : la théorie du symbole, liée indissolublement au principe du plaisir. En la poussant jusqu’à ses dernières conséquences, il va accomplir les premiers pas vers la réalisation de son rêve : la psychanalyse, science universelle. Il va tenter avant tout ce que Freud n’eût jamais osé entreprendre, l'intégration de la biologie à la psychanalyse.

Une entreprise inédite : la psychanalyse des origines

Peut-on psychanalyser les faits biologiques ? Pour répondre à cette question il convient tout d’abord de faire table rase des préjugés philosophiques. Qu’il s’agisse du dualisme naïf pour lequel « organisme » et « psyché » ne seraient que des réalités séparées et non de simples produits de deux modes d’approche, ou de monismes tant matérialiste que spiritualiste, issus tous deux de prises de position incomplètes9, en les considérant comme nuls et non avenus, il importe avant tout de rétablir l’être vivant dans sa réalité totale. Ceci acquis, des phénomènes tels que la « matérialisation hystérique » à propos desquels on évoquait un « saut mystérieux du psychique dans l’organique », cessent d’être un scandale pour la raison. Ces phénomènes, Ferenczi les avait approfondis dans des études célèbres. Les phénomènes « expressifs » de la conversion hystérique et aussi des manifestations émotives en général se ramènent — dit-il — à l’utilisation des possibilités phylogénétiques inscrites dans notre corps pour la satisfaction à la fois magique et symbolique de quelque désir refoulé2. Prenons le cas de la rougeur du visage au cours d’une situation affectivement chargée. Cette vasodilatation superficielle, localisée à la face, peut symboliser le désir refoulé de l’adolescente d’accueillir l’organe mâle. La question du déplacement de bas en haut mise de côté, reste à savoir, comment ce désir prend-il précisément la forme d’une congestion passagère ? C’est que l’afflux de sang vers la surface du corps a déjà une signification, en quelque sorte a priori, d’autant qu’il a pour effet d’apaiser une excitation locale par l’intensification des échanges. Le désir actuel ne fait donc que s’emparer d’un moyen signifiant, déjà à sa disposition. Ce qui est interdit à la pensée consciente, le rougissement le réalise magiquement par le langage du corps. Les vaisseaux se dilatent comme pour absorber un objet et cette fiction organique devient le symbole même du désir refoulé. Ainsi nous utilisons notre corps pour la symbolisation, comme l’artiste se sert de ses matériaux pour créer l’œuvre d’art. Dans les deux cas, il s’agit de « matérialiser », comme par magie, des désirs refoulés. Et cela est possible parce que notre corps fonctionne d’emblée comme un langage. En symbolisant nous ne faisons que le parler, en tirant parti du sens originel des sémantèmes organiques.

A partir de là peut être franchi le pas décisif vers l’objectif proposé, l’extension de la théorie psychanalytique au domaine de la biologie. Si notre corps est langage dès l’origine, les significations de base n’ont pu lui advenir que par une symbolisation encore plus originelle, accomplie dans la phylogenèse, à propos de traumatismes et de privations ayant affecté l’espèce. Le langage des organes et des fonctions serait donc à son tour un ensemble de symboles renvoyant à un langage encore plus archaïque et ainsi de suite. Ceci posé, il apparaît d’une logique sans faille de considérer l’organisme comme un texte hiéroglyphique, sédimenté au cours de l’histoire de l’espèce et qu’une investigation appropriée serait à même de déchiffrer*. Cette manière inattendue d’envisager le fait biologique ouvre un champ d’hypothèses vérifiables mais radicalement nouvelles. Une science est née : la psychanalyse des origines ou bioanalyse.

Les démarches de la psychanalyse des origines

Une science est née ? C’est bien vite dit. Il ne s’agit peut-être que d’un vœu pieux, d’une utopie de rêveur. Ce n’est pas de définir un domaine qui constitue une science. Pour œuvrer à son édification il est besoin d’outils ayant fait leurs preuves. La méthode psychanalytique ? Mais elle se sert du langage, de l’association libre ! Or, comment faire parler un organe, un animal, un vestige paléontologique ? De la réponse apportée à cette question va dépendre si oui ou non la bioanalyse est une discipline pratiquable.

Revenons un instant à la psychanalyse. Comment pro-céde-t-elle ? Derrière l’enchaînement des associations libres (contenus manifestes) l’analyste recherche l’attitude affective qui régit cet enchaînement et qui est pour ainsi dire sa loi d’intelligibilité. Dans la situation analytique rien ne saurait motiver pareilles attitudes, sinon la reviviscence d’expériences antérieures. Les attitudes affectives apparaissant au cours d’une séance d’analyse portent en elles les désirs, les craintes, les échecs, les conflits (contenus latents) qui leur ont donné naissance au cours de l’histoire individuelle. Bien entendu un contenu latent, une fois mis à jour, peut être traité comme le contenu manifeste d’un contenu latent plus profond et ainsi de suite. Tout se passe comme si on refaisait, par une marche régrédiante, l’histoire affective de l’individu. On sait comment à partir du matériel fourni par le patient adulte, Freud a constitué un modèle ontogénétique des étapes affectives (dénommées génitale, phallique, anale, orale, voire anté-natale) de l’Enfant, du moins tel qu’il se survit chez l’adulte. L’Enfant est une des hypothèses de base du travail analytique. L’individu se comprend à partir de ce modèle, comme résultant des conditions de vie faites à l’Enfant au cours de sa maturation.

Jusqu’ici nous avons suivi Freud. Mais pour Ferenczi, il s’agit d’aller plus loin : jusqu’à l’enfance de l’espèce, jusqu’à l’enfance phylogénétique. Pour ce faire, il va s’adresser à la loi biogénétique de Haeckel. Il dira : tout comme une séance analytique répète une séquence de l’histoire individuelle (dont on peut reconstituer le moment ontogénétique correspondant) et que d’autre part « l’on-togénèse récapitule la phylogénèse », une réflexion appropriée sur une séance d’analyse devrait pouvoir nous conduire jusqu’au passé le plus reculé des êtres vivants. Encore faudra-t-il préciser que la répétition est toujours symbolique, c’est-à-dire qu’elle est à la fois semblable et différente par rapport à l’événement. La question-guide sera double : quel est l’état traumatique ancestral que l’ontogénèse répète symboliquement, quel est le refoulement qui transparaît à travers cette répétition symbolique ?

Assurément nous serions sur la bonne piste, si, par malheur, notre question-guide ne recelait un piège : nous assistons, en effet, à un changement de sens radical du terme « ontogénèse ». Tandis que chez Freud ce terme signifie le modèle d’un développement affectif reconstitué de Y intérieur, dans la perspective ferenczienne il implique aussi les moments anatomo-physiologiques de ce développement, décrits de l’extérieur. L’objection est spécieuse !

— réplique l’auteur de Thalassa, — puisqu’il n’y a pas deux réalités, psychique et organique, mais une seule, faite de significations et de symboles. La vie est essentiellement éloquente, comme l’est l’analysé sur le divan. Nous pourrions ajouter que la méthode psychanalytique, elle aussi, procède par un va-et-vient incessant entre l’extérieur et l’intérieur et qu’il n’existe aucune différence de principe entre la conduite verbale de l’analysé, les tentatives d’une paramécie devant l’obstacle, la réaction inflammatoire d’un tissu à une agression chimique, et le fonctionnement, même normal, du muscle cardiaque.

Tous ces phénomènes vitaux acquièrent en effet leur sens plein si on les complète par la dimension génétique, vue à la fois de l’extérieur et de l’intérieur. Les recherches objectivistes ne perdent rien de leur validité : elles font partie intégrante de la psychanalyse des origines. C’est justement leurs résultats qui sont appelés à tenir lieu du matériel associatif. Observer les faits à la manière des sciences classiques, Us interpréter sur le mode psychanalytique, retourner aux faits avec les hypothèses ainsi obtenues, voilà l’ensemble des démarches exploratrices de la bioanalyse.

Sommes-nous arrivés à bon port ? Allons-nous enfin débarquer aux rivages enchanteurs de notre nouvelle science ? Un écueil nous guette encore : l’anthropomorphisme. Quelques âmes ingénues y sont restées bloquées. Chacun peut les voir sur leur épave disserter du refoulement des Fourmis et de l’érotisme anal des Abeilles melli-fères. Malgré quelques errements, la bioanalyse de Ferenczi ne tombe guère dans ces platitudes. Certes elle s'avance sous la menace du même péril : la confusion entre le sens pour soi et le sens pour nous. Et il se trouvera toujours des méticuleux, des timorés, des rabat-joie pour refuser de s’engager plus avant. Pourtant, il semble bien que la persistance même de ce problème, l’impossibilité de définir d’emblée la correspondance entre extérieur et intérieur, objectif et subjectif,' pour nous et pour soi, loin d’être une hypothèque, constitue le véritable levier de la recherche bioanalytique. Exiger que ce problème soit résolu d’avance ce serait imiter la taupe de la fable, qui disait : « Je sortirai à l’air quand j’y verrai clair. »

Essence symbolique de la réalité

La vision biologique de Ferenczi, dont le lecteur ne doit plus tarder à prendre connaissance, éveille en nous des résonances profondes et indicibles. Celui qui dénie à Thalassa toute validité scientifique, peut y voir encore une poésie, un mythe, un objet de méditation. Cette extraordinaire épopée cosmogonique — pourquoi ne pas la prendre aussi pour telle ? — issue de la psychanalyse, cheminant au gré des démarches de la pensée créatrice, produit en nous les mêmes effets libérateurs et thérapeutiques que jadis les mythologies folkloriques et religieuses. Et s’il en est ainsi, c’est parce que vérité scientifique et vérité poétique se sont ici révélées de même essence. La joie et l’élan optimiste procurés par la lecture de Thalassa ne font que manifester l’écroulement progressif de la cloison étanche qui, au sein de notre Moi, interdisait le contact entre la partie « rationnelle » et la partie « irrationnelle ».

Ce que Ferenczi nous fait éprouver c’est que nous ne sommes pas constitués d’atomes qu’un concours ininterrompu de contingences, étrangères à notre nature, aurait fini par réunir au bout de quelques milliards d’années, pour former le règne, non moins contingent, des vivants et son rejeton, Yhomo sapiens. Mais il nous laisse entendre également qu’il n’est nul besoin de recourir à quelque puissance transcendante pour rendre compte de notre condition, de notre téléologie. Il nous dit : nous sommes tissés de symboles de part en part, nos atomes, nos cellules, nos fins idéales. Ces symboles portent en eux leur histoire, le sens de leur genèse. Ils sont uns mais à double face : ce qu’ils laissent paraître cache ce qu’ils ne sont plus. Mais ce qu’ils ne sont plus est seul à révéler ce qu’ils sont vraiment. Si telle est notre condition d’homme telle est aussi la structure même de l’être, la cohérence symbolique de l’Univers. C’est pourquoi la psychanalyse des origines est à la fois une philosophie et un instrument de recherche. Par-delà le mécanisme technique et les finalismes mystiques, ce que nous pourrions appeler le pansymbolisme psychanalytique, issu de Thalassa, réunissant en lui cause et sens, corps et âme, phénomène et transphénomène, annonce un mode d’appréhension scientifique radicalement nouveau. Il est au moins un domaine où la vision unitaire du pansymbolisme est d’ores et déjà en train de porter des fruits : la médecine psychosomatique. Cette discipline doit tout à Ferenczi et à ses élèves *. Dans ce domaine la bioanalyse a trouvé un fertile champ d’expérimentation et d’action thérapeutique. Mais la vision nouvelle dépasse les cadres étroits d’une discipline. Ferenczi en entrevoyait la portée jusque pour la biochimie. Peut-être n’est-il pas si lointain le jour où un microphysicien ingénieux construira une théorie des phénomènes atomiques et intra-atomiques sur des considérations relevant du pansymbolisme. Mais auparavant c’est au philosophe qu’il échoit de méditer sur les questions ultimes que suscite en nous la pensée de Ferenczi : Comment l’idée du symbole est-elle possible ? Quelle est la structure du symbole premier ? Peut-on concevoir une topologie et une physiologie des ensembles symboliques ? Quel est le sens transphénoménal du phénomène en tant que tel ?...

Mais il est temps que le présentateur s’efface et laisse au lecteur suivre son inspiration. Puisse la joie de la découverte accompagner ses pas.

N. A.

Pans, octobre 1963.

1. Cf. Fr. Alexander, La médecine psychosomatique, Petite Bibliothèque Payot, n* 11.