Avant-propos

Cet ouvrage se veut avant tout didactique : cette préoccupation première a conduit les auteurs à présenter dans un plan clair les différents axes autour desquels s’organise la psychopathologie de l’enfant. Certes tout plan est réducteur et comporte une part d’arbitraire. Mais cette réduction et cet arbitraire se justifient s’ils reposent sur une démarche cohérente : nous voudrions ici justifier ce plan. Dans le chapitre intitulé « Le normal et le pathologique chez l’enfant » nous avons montré comment l’approche de cette question nécessite d’utiliser une quadruple référence : en premier lieu la référence à l’axe symptomatique, que pour éviter de spécifier d’emblée les comportements de l’enfant dans une terminologie médicale nous préférons appeler référence à l’axe des conduites ; en second lieu la référence à l’axe de la structure mentale si nous entendons par structure l’organisation fantasmatique la plus prégnante et les mécanismes d’adaptation (de défense) qui s’y associent ; en troisième lieu la référence à l’axe diachronique, tout à fait fondamental chez l’enfant, être en constant changement ; en quatrième lieu enfin la référence à l’axe environnemental qui témoigne de son évidente dépendance.

Ces quatre axes de référence, l’étude des conduites, de la structure mentale, de la visée diachronique et de l’environnement doivent toujours s’éclairer réciproquement les uns les autres, faute de quoi on risque de méconnaître l’essentiel de ce qui constitue la psychopathologie de l’enfant.

Si l’on met de côté la première partie de cet ouvrage consacrée aux généralités et la dernière partie consacrée à la démarche thérapeutique, le lecteur s’apercevra alors que le plan adopté n’est que le révélateur de cette quadruple perspective : une partie est consacrée à l’étude des conduites, une autre à l’étude des structures, une troisième à l’environnement ; enfin chaque chapitre à l’intérieur de ces diverses parties est construit sur un modèle diachronique rendant compte autant que faire se peut de l’évolution de la conduite, de la structure ou du

poids de l’environnement en fonction du niveau de développement auquel l’enfant est parvenu.

En raison de la dimension de cet ouvrage, l’éditeur nous a proposé d’en exclure les chapitres consacrés à l’adolescent. C’est ainsi que nous avons retiré divers paragraphes (l’anorexie mentale des jeunes filles dans le chapitre 7, les tentatives de suicide de l’adolescent dans le chapitre 12, l’adolescent migrant dans le chapitre 24, etc.) et la totalité du chapitre « L’adolescent et la société » dans la quatrième partie. Cette coupure apparente instaurée entre une psychopathologie de l’enfant et une psychopathologie de l’adolescent, n’est pas du fait des auteurs, mais résulte des nécessités de la présentation éditoriale. Pour les auteurs, la psychologie et la psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent forment un tout ; ils s’opposent en cela à la tendance récente du monde anglo-saxon à découper en des sous-spécialités toujours nouvelles la vie de l’être humain : psychiatre d’enfant, psychiatre d’adolescent, psychiatre d’adulte… et bientôt peut-être psychiatre du nourrisson, psychiatre du vieillard…

Les paragraphes et chapitres ainsi retirés sont regroupés et développés dans un ouvrage paru aux éditions Masson (1984) qui s’intitule : « Abrégé de Psychopathologie de l’Adolescent » de D. Mar-celli et A. Braconnier, préfacé par le Professeur D. Widlocher

En ce qui concerne les références bibliographiques, le lecteur trouvera à la fin de chaque chapitre les quelques références les plus récentes ou les plus importantes. Pour une recherche bibliographique plus complète le lecteur est prié de se reporter aux chapitres correspondants du « Manuel de Psychiatrie de l’Enfant », de J. de Ajuriaguerra (Éditions Masson).

Les auteurs tiennent enfin à remercier Madame H. Khéroua, secrétaire au Collège de France, Madame Sophie Brusset, bibliothécaire à la Salpétrière de leur collaboration bienveillante, et surtout Madame Catherine Marcelli qui a assuré l’essentiel du travail de secrétariat nécessaire, avec dévouement et une bonne humeur sans égale. Qu’elles trouvent ici l’expression de notre gratitude.