Emprise (pulsion d’)

« Chez le garçon, la préférence accordée à la main lors de la masturbation est l’indice de l’importante contribution que la pulsion d’emprise apportera plus tard à la sexualité masculine » (Freud). La main sur le pénis, la main sur le sexe anticipe la mainmise sur l’objet. L’emprise serait, au sein de la sexualité humaine, ce qui reste de la part du muscle, quelque chose de l’espèce et de son rapport de force qui aurait résisté à l’invention infantile et polymorphe de la vie sexuelle, celle qui fait varier les objets, les choix, les buts, les positions… Devenir maître et possesseur de la nature, et d’abord de celle de la femme ! La Nature fait décidément bien les choses qui permet à l’homme d’en appeler à l’espèce quand la castration* et son angoisse menacent. Dès qu’il lit dans les yeux de sa compagne le désir (brûlant) dont il est l’objet, Charles tangue toujours un peu. « Ce serait quand même plus facile si, de temps en temps, elle disait : “Oh non ! Oh non !” »