Fétichisme

Le fétiche a conservé de son étymologie (feitiço, « artifice, sortilège ») un reste de magie : la femme n’a pas de pénis… mais elle a un porte-jarretelles, un manteau de fourrure, une culotte en soie ! La jambe habillée d’un bas résille, ou le pied d’un talon aiguille, permettent à l’homme d’ignorer ce que, par ailleurs, il ne sait que trop : qu’à la femme, et d’abord à la première d’entre elles, la mère, il manque « l’essentiel ». Le moi est clivé*, la main gauche accepte ce que la main droite repousse (dénie) avec la plus grande vigueur. La passion du fétichiste est inversement proportionnelle à l’horreur que la castration* lui inspire. Perversion* chez les uns – pas de fétiche, pas de relation sexuelle ! –, un certain fétichisme discret n’est pas loin d’appartenir par ailleurs à la part la plus commune de la sexualité masculine. Discret, mais bien réel dans ses effets : l’industrie de la lingerie féminine lui doit une part appréciable de ses bénéfices. Le dernier vêtement protège de la perception et réserve la surprise.