Procréation (contraception)

Les temps changent ! Il y a moins d’une génération, le combat moderne était d’obtenir la légalisation des moyens d’évitement de la procréation. Combat long et difficile, principalement mené au nom de la liberté par les femmes féministes qui ont payé cher leur engagement : quelles insultes*, quelles injures n’ont-elles pas dû supporter ?

Aujourd’hui, par un mouvement inattendu, le combat est inverse : on veut un enfant, quel que soit le moyen, quelle que soit la configuration. Si la physiologie s’y refuse, il faut faire plier la physiologie, si le temps l’interdit car il y a la ménopause, il faut faire plier le temps, si le sexe ne le permet pas, car seules les femmes peuvent porter des enfants, il faut faire plier le sexe qui ne saurait imposer de limites aux désirs des hommes. Ainsi les voies de la procréation sont-elles devenues plus inventives que celles de la contraception. Là où préservatif, stérilet, pilule et ivg avaient suffi à répondre au souhait de limiter les naissances et de programmer leur survenue, le foisonnement des méthodes pour procréer est d’une richesse qui augmente chaque année. Depuis la « simple » stimulation ovarienne, en passant par la fécondation artificielle avec ou sans donneur externe, jusqu’à la fécondation in vitro, avec ou sans « traitement » du sperme du père ou du donneur, et plus loin encore jusqu’à la mère porteuse pour ventre féminin qui se refuse à la gravidité, ou pour ventre masculin qui ne le peut pas encore, nous ne sommes pas au bout d’une inventivité que stimule une demande croissante.

Ces excès ne doivent pas masquer une réalité douloureuse : ne pas pouvoir procréer est souvent le symptôme d’un désordre psychique. La souffrance que celui-ci provoque ne manque jamais de réveiller les fantasmes de sa propre conception et des désirs (ou non-désirs) qui y ont présidé.

L’angoisse de castration des hommes qui ne peuvent devenir père, et les conflits féminins non moins angoissants entre désir d’enfant, impossibilité d’y parvenir et érotisme de la femme amènent souvent jusqu’au cabinet du psychanalyste.