Sexe, genre (Transsexuel)

Autrefois la vie était simple, il y avait les hommes et les femmes. Aujourd’hui, le sexe est devenu d’une effrayante complexité. À cette dualité originelle, la psychanalyse a ajouté ses propres divisions : actif passif, phallique châtré, masculin féminin, qui peuvent se retrouver chez l’homme et chez la femme. Mais les humains ne sont jamais satisfaits, et toujours ils raffinent. L’anatomie ne pouvant être leur destin, ils ont créé, au-delà du sexe anatomique, qui bien que dévalué s’entête à exister, et du sexe psychanalytique avec ses inquiétants fantasmes inconscients, un sexe social qu’ils ont nommé genre.

Au début, le genre n’avait pas vocation à être le slogan de la revendication identitaire qu’il est aujourd’hui devenu. Il fut introduit par un psychanalyste, Stoller, à propos des transsexuels, ces personnes qui affirment que leur âme est d’un sexe différent de leur corps, et surtout qu’il convient de privilégier le sexe de l’âme et en tirer les conséquences chirurgicales et hormonales. Stoller a nommé identité de genre ce sexe de l’âme, et montré que celle-ci peut entrer dans un conflit sans compromis avec l’identité sexuelle.

Cette dénomination fait aujourd’hui florès. Définissant le genre comme une construction non plus de l’âme, mais de la société, nombreux sont ceux qui accordent au genre une prépondérance absolue sur le sexe anatomique et le sexuel psychanalytique. Les Gender studies, mais aussi gay studies, lesbian studies, bisexual studies, etc. se sont largement développées, d’abord en pays anglo-saxons, et ce conflit entre identité de genre et identité sexuelle est invoqué par tous ceux qui revendiquent la reconnaissance de leur genre particulier. Il est vrai qu’il peut exister une infinie variété de genres (la grammaire en reconnaît déjà trois : masculin, féminin et neutre), alors que les sexes sont irrémédiablement limités à deux.