27 opinions sur la psychothérapie

Collection « la raison » Dirigée par le Professeur H. Wallon

Contributions de A.-T. Abdoucheli, E. Amado Lévy-Valensi, P. Bailly-Salin, P. Balvet, A. Beley, P. Béquart, L. Bonnafé, P. Delteil, R. Desoille, H. Duchêne, A. Fernandez-Zoïla, P. Geissmann, V. Lafitte, Cl. Leroy, M. Lubtchan-Sky, A. Mathé, R. Millon, E. Monne-Rot, B. Muldworf, Cl. Nachin, Ch.-H. Nodet, J. Oury, M. Parienté, P. Racamier, J. Rouart, T. Tosquelles, Cl. Weil.

Éditions sociales 168, rue du Temple, Paris (3e) Service de vente : 24, rue Racine, Paris (6e)

Préface

L’élaboration de ce recueil a été proposée au cours de l’année 1959 et s’est poursuivie sur 1960.

Les deux études préliminaires ont été assez largement diffusées dans les derniers mois de 1959 en même temps que des invitations à participer à une journée d’étude, le 24 janvier 1960, à l’hôpital Henri Rousselle. À défaut de participation à ce débat, nous faisions appel à des contributions écrites répondant aux thèmes que nous proposions.

L’entreprise a suscité un vif intérêt dans des cercles très larges et nous avons reçu, sous des formes très diverses, de nombreux échos. Nous nous sommes efforcés de rassembler le maximum de contributions écrites, ce qui nous a conduits à différer la mise en forme du volume de longs mois après sa mise en route. Nous ne le regrettons pas. L’ambition que nous poursuivions était à l’opposé d’une quelconque aspiration à défendre « une » psychothérapie, à préciser une doctrine. L’idée directrice en était celle-ci : des polémiques souvent acharnées ont été engagées sur la question de la psychothérapie. La recherche sincère de la vérité qui les animait a fait leur valeur, mais il faut bien dire que, de toutes parts, elles appelaient un effort, pour échapper à la confusion et au dogmatisme, qui a été entrepris avec plus ou moins de résolution, plus ou moins de succès. Au stade présent, il ne saurait être question de transiger sur les convictions de chacun, de fléchir sur la fermeté nécessaire dans l’exposé des thèses, d’émasculer les critiques, de rechercher des compromis « pour le compromis » sans que leur validité soit démontrée. Mais si la démarche de l’esprit scientifique exclut ces louvoyages, elle s’oriente sur des échanges, des confrontations de thèses, et il était nécessaire de tourner le dos aux modes d’expression, aux procédés de discussion qui ferment la porte à ces échanges ou confrontations.

Cela conduisait à une plus grande ouverture des débats qu’on ne l’avait précédemment obtenu. Que, sur l’invitation de psychiatres ne faisant pas mystère de leur adhésion aux principes du matérialisme dialectique, quiconque ne refuse pas le dialogue s’exprime avec la franchise et la netteté postulée dans l’invitation, il y a là un fait de progrès incontestable, quel que soit le contenu résultant du rassemblement des opinions, car ce qui résulte surtout, c’est un pas de plus dans le cheminement, incertain parfois, mais qui ne nous paraît pas errer en rond, vers des conquêtes nouvelles.

Un aspect de ces conquêtes qui paraissait décisif dans le projet était de mieux assurer qu’il n’est aujourd’hui d’habitude l’extension du champ de l’activité psychothérapique. Le résultat n’eût-il pas répondu à notre attente, nous eussions dû le constater et en rechercher les motifs. Mais le fait est là : plus encore que l’ouverture de l’éventail des participants d’après leurs points de vue doctrinaux, c’est l’ouverture des champs d’application dans la pratique qui nous paraît souligner la valeur des échanges auxquels nous avons invité.

Que ceux qui n’ont pas craint de s’engager dans cette aventure en soient remerciés. Que ceux qui n’ont pas écrit, mais seulement parlé à propos de ces débats tiennent pour permanente notre invitation à l’échange des expériences et des idées. Si le présent volume apporte un ferment nouveau fertilisant ces confrontations, il aura atteint son but.

Décembre 1960.

***

N.B. – Après les deux exposés diffusés préalablement à la journée d’études du 24 janvier 1960, nous avons groupé des « travaux originaux » rédigés parallèlement mais non diffusés, et qui, par conséquent, n’ont pu être soumis à la même discussion que les deux premiers, des communications reçues ultérieurement, des textes se référant principalement aux exposés préliminaires et en discutant le contenu, mais comportant des développements complémentaires plus ou moins importants et remis à la rédaction avec un titre particulier.

Parmi les travaux groupés sous cette rubrique, ceux de P. Balvet, R. Desoille, V. Lafitte, Cl. Leroy, A. Mathé, M. Parienté et F. Tosquelles correspondent à des exposés oraux présentés à la journée d’études.

Les notes rédigées par les auteurs des autres exposés oraux figurent ensuite, puis des correspondances reçues avec autorisation de publier. Enfin, nous avons préféré à des « réponses des rapporteurs » des « éclaircissements » rédigés dans un sens que ces textes eux-mêmes précisent.