Chapitre II. Fantasmes conscients et inconscients

 

Les fantasmes qui nous sont familiers et que nous pouvons repérer dans les circonstances banales de la vie sont des fantasmes conscients plus ou moins verbalisés ou verbalisables. Il en est de même de ceux qui sont explicitement évoqués dans une analyse. La méthode psychanalytique s’appuie sur l’hypothèse que ces fantasmes conscients ne sont que des « rejetons » de pulsions et de fantasmes inconscients. Les fantasmes conscients se constituent et apparaissent ponctuellement dans le cours associatif d’une séance, tout comme dans la trame des pensées ordinaires de la vie quotidienne, à partir d’un réseau de pensées préconscientes, lui-même activé par les exigences d’une actualisation pulsionnelle et par les fantasmes inconscients qui lui sont liés. Le travail de l’analyse consiste pour une part à trouver les voies d’accès aux fantasmes inconscients à partir de ces expressions conscientes.

Entre fantasmes inconscients et fantasmes conscients s’interpose toute une série de transformations et de déguisements grâce auxquels les fantasmes inconscients et les mouvements pulsionnels qui les sous-tendent peuvent franchir la barrière de la censure et du refoulement.

D’emblée, lorsque l’étude des hystériques a suggéré à Freud l’importance du fantasme, le problème s’est posé à lui de l’articulation entre fantasmes conscients et inconscients. Lorsqu’il doit abandonner sa première théorie du traumatisme sexuel (sa neurotica), il est clair pour lui que les « affabulations » conscientes de ses malades, même si elles sont pour une part destinées à le « tromper », se rattachent à des fantasmes inconscients. Les symptômes hystériques ne sont « rien d’autre que des fantasmes inconscients trouvant par conversion une forme figurée », précisera-t-il plus tard.

L’originalité de sa découverte a été, rappelons-le, de concevoir l’inconscient dynamique en liaison étroite avec des conflits impliquant des représentations sexuelles rendues inconscientes par le refoulement. Cependant, c’est bien évidemment à partir de diverses expressions conscientes de ces mêmes fantasmes inconscients (souvenirs ou récits de rêves) qu’a pu cheminer cette découverte. Plus tard, il en viendra à considérer pour eux-mêmes les fantasmes conscients et à s’interroger sur leur création dans la rêverie éveillée. Il ne cessera jamais de se préoccuper de l’articulation entre les fantasmes inconscients et leurs dérivés préconscients-conscients.

I. À partir du rêve

Entre les premières intuitions qui ont permis la mise au jour des fantasmes inconscients et toutes les élaborations ultérieures qui s’y réfèrent, vient s’interposer l’élaboration d’une théorie générale du fonctionnement psychique, fondée sur l’étude des rêves. Car c’est bien L’interprétation des rêves (1900) qui marque l’avènement de la psychanalyse et en est reconnu comme le grand texte fondateur. Non seulement cet ouvrage représente le point d’aboutissement des années les plus décisives de la découverte freudienne, mais encore il en construit l’édifice dans une théorie métapsychologique qui restera fondamentale. On la nomme « première topique » : c’est elle qui définit la distinction fondamentale entre système inconscient et système préconscient-conscient. Une autre conception de l’appareil psychique, dite « deuxième topique », viendra la compléter (autour de 1924). Il s’agira alors de la théorie bien connue qui distingue les trois instances Ça-Moi-Surmoi. Mais cette dernière ne contredit en rien le premier édifice théorique, dans la mesure où Moi et Surmoi comportent chacun une part inconsciente et une part consciente.

Paradoxalement, les références explicites au fantasme sont assez rares dans L’interprétation des rêves. On ne peut douter cependant que ce texte soit en continuité directe et en étroite correspondance avec les intuitions antérieures concernant les fantasmes inconscients. Il suffit, pour s’en convaincre, de rappeler le nombre important des propres rêves de Freud analysés dans l’ouvrage et l’importance que ceux-ci ont pris dans son auto-analyse et dans la mise au jour de ses propres fantasmes inconscients.

1. Le travail du rêve

L’analyse et l’interprétation des rêves s’appuient sur la distinction essentielle entre pensées manifestes et pensées latentes. Les pensées manifestes du rêve (souvent désignées comme « contenu manifeste ») sont des pensées conscientes qui, d’une part, correspondent aux perceptions conscientes du rêveur et, d’autre part, permettent la remémoration et le récit après coup du rêve en conscience éveillée. L’interprétation consiste à découvrir le « contenu latent » (ce que Freud nomme souvent de manière abrégée les « pensées du rêve ») qui, tout à la fois, s’exprime et se dissimule dans son contenu manifeste.

Suivant l’hypothèse centrale de Freud, les pensées latentes du rêve expriment un « désir refoulé ». Le désir insatisfait, lorsqu’il se trouve réactualisé par des circonstances propres à l’activer, produit le rêve comme palliatif de cette insatisfaction. Par là, le rêve est une « satisfaction hallucinatoire de désir ». La satisfaction ainsi accomplie par un pur travail psychique prend en effet un caractère « hallucinatoire » : le rêve se présente au rêveur comme l’équivalent d’un accomplissement réel et actuel, les actions engagées dans le rêve prenant le caractère d’évidence qu’aurait une réalité perçue et vécue. Seul le réveil apprend au dormeur que « ce n’était qu’un rêve »…

Cette réalisation hallucinatoire est rendue possible par l’inhibition de la motricité entraînée par l’état de sommeil et par un abaissement du sens de la réalité et de la vigilance critique. Il faut cependant, pour que le désir refoulé parvienne à franchir les barrières que la censure oppose à son expression consciente, que ce contenu latent subisse un certain nombre de transformations qui le rendent méconnaissable. Cela suppose donc que le rêveur effectue (à son insu) une transformation du contenu latent. Ces processus de déguisement constituent le « travail du rêve ».

L’interprétation devra opérer en sens inverse de ce travail pour retrouver le véritable contenu ainsi masqué. Cela sera obtenu par la voie des libres associations qui, à partir de différents éléments du contenu manifeste, conduiront l’analyste vers la découverte du contenu latent (on parle aussi du sens latent).

On pourrait penser que la distinction entre le contenu manifeste et le contenu latent du rêve renvoie presque terme à terme à celle qui était faite jusque-là entre fantasmes conscients et fantasmes inconscients. Pourtant, ces deux lignes de clivage ne coïncident pas : les pensées latentes du rêve ne sont pas directement assimilables aux fantasmes inconscients. En effet, les pensées latentes se situent dans une zone intermédiaire qui définit le préconscient.

C’est que la principale nouveauté de la première topique n’est pas seulement d’affirmer l’existence de l’inconscient, ce que Freud avait fait bien plus tôt, mais d’en préciser le statut dans ses articulations avec le conscient : la découverte principale porte alors sur les fonctions de cette instance intermédiaire (le préconscient), où s’opèrent l’essentiel des liaisons et des transformations à partir desquelles se constitue l’étoffe de la vie psychique.

Quelle est donc la place du fantasme inconscient dans le processus de production du rêve ? Son rôle y est explicitement désigné par Freud comme le « capitaliste » du rêve. Les fantasmes inconscients sont ainsi supposés agir en deçà même des contenus latents. Ces derniers sont en effet plus contingents, directement liés aux « restes diurnes », c’est-à-dire à des perceptions récentes. Les « contenus inconscients », plus fondamentaux et intemporels, prennent donc une valeur très proche de celle donnée jusqu’alors aux fantasmes inconscients : il s’agit, en dernière instance, d’un « désir refoulé d’origine infantile ». Les pensées du rêve, y compris les pensées latentes elles-mêmes, apparaissent dès lors comme des rejetons de ces fantasmes inconscients.

2. Rêve et fantasme

Pour les fantasmes comme pour les rêves, on peut être conduit à distinguer le « contenu manifeste » (conscient) du « contenu latent » (inconscient et préconscient). On peut de même considérer que le passage de l’un à l’autre s’opère grâce à un « travail du fantasme » qui est, sur bien des points, comparable au « travail du rêve ». On peut y repérer, comme pour le rêve, différents processus de transformations : condensation, déplacement, mise en images et symbolisation (relevant du « processus primaire »), puis une « élaboration secondaire », encore plus évidemment défensive, destinée à conférer aux pensées une suffisante cohérence logique.

Cependant, ce rapprochement entre rêve et fantasme ne peut être qu’analogique et ne saurait être poussé trop loin. Car, si le fantasme inconscient peut en effet être postulé comme source commune des rêves et des fantasmes conscients, ce qui distingue l’état de sommeil et l’état vigile introduit entre rêves et fantasmes d’importantes différences.

La principale différence tient à ce que le caractère « hallucinatoire » du rêve fait apparaître celui-ci comme équivalent à une réalité perçue, tandis que le fantasme conscient se donne à connaître au sujet comme clairement distinct de la réalité. De ce fait, le fantasme conscient reste soumis, bien plus que le rêve, au « principe de réalité », ce qui limite beaucoup les effets du « processus primaire » qui règne en maître dans le rêve et produit dans ce dernier toutes les invraisemblances, bizarreries, incohérences temporelles qu’on connaît. Corrélativement, le fantasme conscient est bien plus directement soumis aux défenses du moi ainsi qu’aux critiques du surmoi.

3. Le refoulement

On voit comment le statut du fantasme inconscient est inséparable de la notion de refoulement. Il faut cependant distinguer dans la théorie freudienne le « refoulement primaire » (originaire) et le « refoulement secondaire », également nommé par Freud « refoulement proprement dit ». C’est surtout ce dernier qui est invoqué dans les diverses manifestations de « retour du refoulé » qui peuvent être repérées et qui se manifestent dans les rêves, les symptômes, les lapsus, etc. Il porte sur des représentations qui sont supposées avoir été autrefois conscientes et qui ont été secondairement refoulées, soit parce que trop angoissantes, soit du fait des interdits émanant de l’entourage familial et social. Le refoulement primaire ou originaire est, quant à lui, plus difficile à mettre directement en évidence. Il est postulé, de manière purement spéculative, comme antérieur à toute conscience possible et directement lié aux processus les plus précoces du fonctionnement psychique.

« Les fantasmes inconscients ou bien ont été depuis toujours inconscients et formés dans l’inconscient, ou bien, ce qui est le cas le plus fréquent, ils ont été jadis fantasmes conscients, rêves diurnes, et ont été ensuite oubliés intentionnellement, ils sont arrivés dans l’inconscient par le refoulement. »5

Par définition, seules les productions fantasmatiques issues du refoulement secondaire seraient susceptibles d’accéder à la conscience.

Dans ses écrits métapsychologiques de 19156, Freud insiste sur le caractère de « sang-mêlé » des fantasmes. Dans le texte le plus directement consacré à l’inconscient, il les considère comme des « rejetons des motions pulsionnelles inconscientes » qui constituent les degrés préliminaires de la formation du rêve et du symptôme. « Ils réunissent en eux des déterminations opposées. D’une part, ils sont hautement organisés, dépourvus de contradiction, ils ont utilisé toutes les acquisitions du système conscient, et notre jugement aurait bien de la peine à les distinguer des formations de ce système. D’autre part, ils sont inconscients et ne sont pas susceptibles de devenir conscients (…). C’est leur origine qui reste décisive pour leur destin. Il faut les comparer aux sang-mêlé des races humaines qui, en gros, ressemblent presque aux Blancs, mais qui, par tel ou tel trait frappant, trahissent leur origine de couleur et de ce fait demeurent exclus de la société et ne jouissent d’aucune des prérogatives des Blancs (…). Ces formations fantasmatiques approchent tout près de la conscience, restent là sans être troublées aussi longtemps qu’elles n’ont pas un investissement intense, mais sont renvoyées dès qu’elles dépassent un certain niveau d’investissement. »

II. La rêverie éveillée

Après avoir ainsi exploré, à partir de la compréhension des symptômes hystériques et du rêve, le champ inconnu des fantasmes inconscients, Freud va se tourner vers une réflexion concernant plus directement les fantasmes conscients.

Dans un texte portant sur la création poétique7 s’affirme l’idée essentielle que le fantasme est, comme le rêve, une réalisation de désir obéissant au principe de plaisir. Le fantasme y est rapproché du jeu des enfants, dont il serait le prolongement. Jeu et fantasme y sont l’un et l’autre opposés à l’emprise de la réalité. « Le poète fait comme l’enfant qui joue ; il se crée un monde imaginaire (…). De cette irréalité du monde poétique résultent des conséquences très importantes pour la technique artistique, car bien des choses qui, si elles étaient réelles, ne sauraient provoquer de plaisir, y parviennent cependant dans le jeu de la fantaisie. »

Néanmoins, le fantasme se différencie du jeu de l’enfant par un plus grand dégagement de la réalité. L’adolescent ne saurait renoncer au plaisir qu’il tirait autrefois du jeu, mais en élabore une formation substitutive. « Au lieu de jouer, il s’adonne maintenant à sa fantaisie. Il édifie des châteaux en Espagne, poursuit ce qu’on appelle des rêves éveillés. Je crois que la plupart des hommes, à certaines époques de leur vie, se créent ainsi des fantasmes. »

Il affirme donc là que « tout fantasme est la réalisation d’un désir », le fantasme venant « corriger la réalité qui ne donne pas satisfaction ». (…) « Ce sont, soit des désirs ambitieux, qui servent à exalter la personnalité, soit des désirs érotiques. » Il ajoute encore, revenant à nouveau sur l’analogie avec le rêve : « Nos songes nocturnes eux-mêmes ne sont rien d’autre que de tels fantasmes. »

Il précise aussi que le fantasme conscient articule trois temps : passé, présent et avenir. « Un fantasme flotte pour ainsi dire entre trois temps, les trois moments temporels de notre faculté représentative. Le travail psychique part d’une impression actuelle, d’une occasion offerte par le présent capable d’éveiller un des grands désirs du sujet ; de là il s’étend au souvenir d’un événement d’autrefois, le plus souvent infantile, dans lequel ce désir était réalisé ; il édifie alors une situation en rapport avec l’avenir et qui se présente sous forme de réalisation de ce désir : c’est là le rêve éveillé ou le fantasme, qui porte les traces de son origine, occasion présente et souvenir. »

Donc, au-delà de l’analogie avec le rêve, la projection vers l’avenir apparaît ici comme spécifique de la rêverie éveillée.

Le lien établi entre fantasme et principe de plaisir se retrouvera dans un texte ultérieur, également très important pour la conception générale du fantasme8. Il y définit le principe de réalité comme succédant au règne exclusif du principe de plaisir. Le défaut persistant de la satisfaction attendue entraîne l’abandon de cette tentative de satisfaction par le moyen de l’hallucination et contraint le sujet, ainsi déçu, à chercher la satisfaction en tenant compte de l’état réel du monde extérieur. Cependant, en marge de ces nouvelles représentations ainsi soumises au principe de réalité, s’affirme avec le fantasme la « tendance générale de notre appareil psychique (qui veut) que l’on se cramponne avec ténacité aux sources de plaisir dont on dispose et que l’on y renonce difficilement ». C’est ainsi qu’« une forme d’activité de pensée se trouve séparée par clivage ; elle reste indépendante de l’épreuve de réalité et soumise uniquement au principe de plaisir. C’est cela qu’on nomme la création de fantasmes qui commence déjà avec le jeu des enfants et qui, lorsqu’elle se poursuit sous la forme de rêves diurnes, cesse de s’étayer sur des objets réels ».

III. Métapsychologie du fantasme inconscient

La métapsychologie des fantasmes inconscients pose de difficiles problèmes théoriques, notamment quant à leur origine et quant à leur degré d’organisation.

L’origine des fantasmes inconscients renvoie à l’hypothèse d’un inconscient primaire où serait d’emblée inscrit un patrimoine phylogénétique. C’est ce qui aboutira à la notion de « fantasmes originaires » (cf. chap. VIII, [infra]). La question d’une telle inscription phylogénétique reste très controversée, et beaucoup de psychanalystes inclinent à accorder un rôle essentiel à un processus ontogénétique. Ce dernier met au premier plan la construction progressive d’une réalité psychique, dont participe le fantasme, à partir des fondements biologiques des pulsions et au travers des expériences vécues par l’enfant dans ses relations avec le milieu environnant. Tous ces problèmes seront repris et discutés dans les chapitres suivants.

La question générale de l’organisation des fantasmes inconscients est également fort embarrassante. Lorsque Freud qualifie les fantasmes de « hautement organisés » (cf. supra), c’est explicitement en se référant à leur pôle conscient ; mais qu’en est-il des fantasmes inconscients ? Deux grandes options théoriques peuvent à cet égard être opposées : faut-il admettre, comme le propose J. Lacan, que l’inconscient est « structuré comme un langage » ? Ou bien faut-il faire droit aux apports de la deuxième topique freudienne qui décrit le ça (et donc l’inconscient qu’il constitue pour l’essentiel) comme totalement inorganisé ? Dans cette deuxième option, si le ça est bien le seul réservoir pulsionnel des contenus de l’inconscient, seule instance à être elle-même entièrement inconsciente dans ces contenus, on devrait admettre que les fantasmes inconscients qui en découlent soient eux-mêmes inorganisés.

Sans doute faut-il ici distinguer ce qui, dans l’idée même d’organisation, relève du processus primaire et du processus secondaire. Ce dernier seulement est supposé introduire les principes de cohérence et de non-contradiction propres à la pensée consciente, tandis que l’inconscient aurait en lui-même ses propres lois d’organisation régies exclusivement par le processus primaire. On peut ainsi penser que les fantasmes inconscients ne sont organisés que par les effets du refoulement secondaire.

Le statut des fantasmes inconscients est d’autant plus difficile à définir qu’il est purement spéculatif. Cliniquement, on ne peut en connaître que des manifestations indirectes, sous des formes qui sont évidemment très marquées par des processus défensifs, eux-mêmes secondarisés.

Encore faut-il savoir que leur traduction sous forme de fantasmes conscients n’en est qu’une manifestation parmi d’autres. Bien plus souvent, on sera amené à postuler l’effet de fantasmes inconscients dans des manifestations psychiques diverses qui ne prennent pas directement la forme de fantasmes conscients. Ainsi toute une gamme de manifestations symptomatiques peut être envisagée comme une expression plus indirecte de fantasmes inconscients.

En dehors même de ces manifestations symptomatiques, les fantasmes inconscients peuvent s’actualiser très directement et ponctuellement dans certains actes décisifs de la vie : tournants soudains, décisions de ruptures, nouveaux investissements professionnels ou amoureux, etc. Il s’agit alors de surgissements parfois inattendus d’une nécessité intérieure dont les déterminants peuvent rester incompréhensibles au sujet ; celui-ci a l’impression d’obéir à une force irrépressible agissant du plus profond de lui-même. Bien des demandes d’analyse s’appuient sur l’intuition d’un tel « agir de l’inconscient » brusquement révélé par ces moments exceptionnels.

L’importance que prennent les fantasmes dans la vie psychique est liée à leur caractère de « sang-mêlé ». Par la possibilité qu’ils ont de franchir dans les deux sens la barrière du refoulement, ils se prêtent tout particulièrement à mettre en relation la vie consciente et ses soubassements inconscients, lui assurant par là même un ressourcement permanent dans la vie pulsionnelle.