Épilogue

Notre conception du normal est sans doute très archaïque, tout en étant – et sans doute parce qu’elle est –, comme on nous l’a fait remarquer en 1943, une conception de la vie comme on peut en former une quand on est jeune. Un jugement qui ne nous visait pas nous a ravi et nous demandons la permission de nous l’appliquer : « La notion de cet idéal qu’est le normal s’est confondue avec l’état antérieur euphorique du sujet qui venait de tomber malade… La seule pathologie constatée alors était une pathologie de sujets jeunes »113. Et sans doute il fallait la témérité de la jeunesse pour se croire à la hauteur d’une étude de philosophie médicale sur les normes et le normal. La difficulté d’une telle entreprise fait trembler. Nous en avons conscience aujourd’hui en achevant ces quelques pages de reprise. À cet aveu, le lecteur mesurera combien, avec le temps, nous avons, conformément à notre discours sur les normes, réduit les nôtres.


113 H. Péquignot, Initiation à la médecine, p. 20.