Idéalisation

= D. : Idealisierung. – En. : idealization. – Es. : idealización. – I. : idealiz-zazione. – P. : idealização.

● Processus psychique par lequel les qualités et la valeur de Vobjet sont portées à la perfection. L’identification à l’objet idéalisé contribue à la formation et à l’enrichissement des instances dites idéales de la personne (moi idéal, idéal du moi).

◼ C’est en relation avec le dégagement de la notion de narcissisme* que Freud est amené à définir l’idéalisation qu’il avait déjà montrée à l’œuvre, particulièrement dans la vie amoureuse (surestimation sexuelle). Il la distingue de la sublimation* : celle-ci « … est un processus qui concerne la libido d’objet et consiste en ce que la pulsion se dirige sur un autre but éloigné de la satisfaction sexuelle […]. L’idéalisation est un processus qui concerne l’objet et par lequel celui-ci est agrandi et exalté psychiquement sans que sa nature soit changée. L’idéalisation est possible aussi bien dans le domaine de la libido du moi que dans celui de la libido d’objet » (1).

L’idéalisation, notamment celle des parents, fait nécessairement partie de la constitution, au sein du sujet, des instances idéales (voir : Moi idéal ; Idéal du moi). Mais elle n’est pas synonyme de la formation des idéaux de la personne ; elle peut porter, en effet, sur un objet indépendant : idéalisation d’un objet aimé par exemple. Mais on notera que même dans ce cas elle est toujours fortement marquée de narcissisme : « Nous voyons que l’objet est traité comme le moi propre et que donc dans la passion amoureuse une quantité importante de libido narcissique déborde sur l’objet » (2).

Le rôle défensif de l’idéalisation a été souligné par de nombreux auteurs, notamment par Melanie Klein. Pour cet auteur, l’idéalisation de l’objet serait essentiellement une défense contre les pulsions destructrices r en ce sens, elle serait corrélative d’un clivage poussé à l’extrême entre un « bon » objet* idéalisé et pourvu de toutes les qualités (par exemple sein maternel toujours disponible et inépuisable) et un objet mauvais dont les traits persécutifs sont également portés au paroxysme (3).

(1) Freud (S.). Zur Einführung des Narzissmus, 1914. G.W., X, 161 ; S.E., XIV, 94.

(2) Freud (S.). Massenpsychologie und Ich-Analyse, 1921. G.W., XIII, 124 ; S.E., XVIII, 112 ; Fr., 126.

(3) Cf. par exemple : Klein (M.). Some Theoretical Conclusions regarding the Emotional Life of the Infant, in : Developments, 1952, 222.