XIII.

Nous sommes loin certes d’avoir indiqué tous les problèmes qui se posent au sujet du rêve, ou même d’avoir résolu complètement ceux que nous soulevons ici. Les lecteurs que la question intéresse d’une façon générale nous les renvoyons au livre de Sancte de Sanctis : I sogni, Turin, 1899. Ceux qui cherchent un exposé plus complet de ma théorie personnelle du rêve le trouveront dans mon ouvrage : Die Traumdeutung, Leipzig et Vienne, 19007. Disons encore dans quelle direction il nous paraît désirable que l’on poursuive les études sur le rêve.

En établissant, comme nous venons de le faire, qu’interpréter un rêve consiste à remplacer son contenu manifeste par ses idées latentes, en d’autres termes, à défaire la trame qui a été ourdie par le travail de rêve, je pose, d’une part, une série de nouveaux problèmes psychologiques concernant ce travail, concernant aussi la nature et la formation de ce que j’ai appelé le refoulement ; et d’autre part, j’affirme l’existence des idées latentes au rêve, c’est-à-dire de matériaux abondants pouvant donner naissance à des formations psychologiques de premier ordre, semblables en tout aux productions normales de l’intelligence mais qui ne peuvent se manifester à la conscience que sous le travestissement du rêve. Ces idées latentes existent chez tous les hommes, puisque tous, et même les plus normaux, sont sujets à rêver. C’est à leurs relations avec la conscience et avec le refoulement que se rattachent les questions ultérieures, de première importance en psychologie, mais dont il faut ajourner la solution au moment où, par l’analyse, on sera parvenu à éclaircir l’origine de quelques autres formations psychopathiques telles que les symptômes hystériques et les obsessions.

 


7 Paru en 1921, en sixième édition.