Note des traducteurs

Inhibition, symptôme, angoisse est un des ouvrages de Freud qui portent le mieux la marque des difficultés de leur gestation. Nous y surprenons la pensée du Maître au cours de son élaboration. Nous assistons aux efforts du chercheur, à ses luttes, ses doutes, ses discussions intimes. Nous devinons la rivalité des thèmes conscients et inconscients, qui aspirent à s’incarner dans la parole écrite. D’où de trop certaines obscurités et d’apparentes contradictions, et corrélativement, de grandes difficultés pour le lecteur et l’interprète. Il a donc fallu expliciter les lignes voilées d’une pensée prodigieusement riche et toujours cohérente, malgré ses oscillations. Mais elle apparaît à condition qu’on se donne la peine de la scruter à fond. Nos lecteurs trouveront les traces de notre travail d’exégètes, tantôt sous la forme de notes, signalées à leur attention par la mention (N. des T.), tantôt par des mots ou fragments de phrase intercalés dans le texte, mais reconnaissables grâce à des crochets  [ ] qui les enferment, et qu’il convient de ne pas confondre avec les parenthèses ().

Inhibition, symptôme, angoisse, qui est présenté pour la première fois au public de langue française, est particulièrement riche en enseignements sur les névroses d’angoisse, les névroses obsessionnelles et les phobies. Ce travail tire de très précieuses conséquences de deux cas étudiés par Freud et qu’on trouve dans Cinq psychanalyses1, à savoir, celui du Petit Hans et celui de L’homme aux loups, russe. Il sera bon de lire ces deux histoires de malades avant d’aborder l’étude du présent essai. Cette précaution permettra de mieux profiter des deux textes.

Paul Jury et Ernest Fraenkel.


1 Cinq psychanalyses, traduction de Mme Marie Bonaparte et L. Lœwenstein, Paris, Denoël, édit.