Résumé

Le sujet de cet article peut maintenant se résumer :

1) Le concept de phantasme s’est progressivement étendu dans la pensée psychanalytique. Il exige maintenant un éclaircissement et une plus grande extension explicite pour pouvoir intégrer tous les faits qu’il désigne.

2) À propos des idées qui ont été développées :

a) Les phantasmes sont le contenu primaire des processus psychiques inconscients ;

b) Les phantasmes inconscients visent d’abord les corps, et représentent les finalités pulsionnelles vers les objets ;

c) Ces phantasmes sont, au premier chef, les représentants psychiques des pulsions libidinales et destructrices ; très tôt dans le développement, ils s’élaborent comme défenses, aussi bien que comme satisfactions de désirs et comme contenus de l’angoisse ;

d) « La satisfaction hallucinatoire des désirs », l’« identification primaire », l’« introjection » et la « projection » postulées par Freud, sont la base de la vie phantasmatique ;

e) Grâce à l’expérience extérieure, les phantasmes s’élaborent et deviennent susceptibles d’expression, mais leur existence ne dépend pas de cette expérience ;

f) Les phantasmes ne dépendent pas des mots, quoiqu’ils puissent dans certaines circonstances s’exprimer au moyen des mots ;

g) Les tout premiers phantasmes sont vécus comme sensations ; plus tard, ils prennent la forme d’images plastiques et de représentations dramatiques ;

h) Les phantasmes ont à la fois des effets psychiques et corporels, par exemple des symptômes de conversion, des qualités corporelles, le caractère et la personnalité, les symptômes névrotiques, les inhibitions et les sublimations ;

i) Les phantasmes inconscients constituent le lien actif entre les pulsions et les mécanismes. Si on l’étudie en détail, chaque sorte de mécanisme du moi peut être comprise comme dérivant de sortes spécifiques de phantasmes, qui, en dernier ressort, ont leur origine dans les motions pulsionnelles. « Le moi est une partie différenciée du ça. » Le terme « mécanisme » est un terme général et abstrait, qui décrit certains processus psychiques qui sont vécus par le sujet comme phantasmes inconscients ;

j) L’adaptation à la réalité et la pensée selon la réalité exigent le soutien de phantasmes inconscients concordants. L’observation de la manière dont la connaissance du monde extérieur se développe nous montre l’apport des phantasmes de l’enfant à cet apprentissage ;

k) Les phantasmes inconscients exercent une influence constante tout au long de la vie, aussi bien sur les personnes normales que sur les névrosés. La différence réside dans le caractère spécifique des phantasmes dominants, dans le désir ou l’angoisse qui leur est associé, et dans leur interaction entre eux-mêmes et avec la réalité extérieure.