Remarques finales

Ma description du complexe d’Œdipe tend à montrer l’interdépendance de certains aspects essentiels du développement. L’évolution sexuelle de l’enfant est inextricablement liée à ses relations objectales et à toutes les émotions qui dès la naissance modèlent son attitude à l’égard de sa mère et de son père. L’angoisse, la culpabilité et les sentiments dépressifs sont partie constituante de la vie affective de l’enfant ; ils imprègnent par conséquent les premières relations objectales de l’enfant, constituées par les relations à des personnes réelles aussi bien qu’à leurs représentants dans son monde intérieur. À partir de ces images introjectées – des identifications de l’enfant – se développe le surmoi qui agit à son tour sur la relation aux parents et sur le développement sexuel dans son ensemble. C’est ainsi que le développement affectif et sexuel, les relations objectales et le développement du surmoi, agissent dès le début les uns sur les autres.

La vie affective du petit enfant, les premières défenses construites sous la pression du conflit qui oppose l’amour, la haine et la culpabilité, les vicissitudes des identifications de l’enfant – ce sont là des thèmes propres à intéresser la recherche analytique pendant longtemps encore. La poursuite de ces travaux nous permettra une meilleure compréhension du complexe d’Œdipe et du développement sexuel dans son ensemble.