Quatre-vingt-deuxième séance – Vendredi

Il me manque des notes détaillées concernant cette séance. Il m’a été possible d’en reconstituer l’essentiel de mémoire et à partir du matériel des séances antérieures et ultérieures.

Richard était très angoissé et difficile à contrôler. Il donna de violents coups de marteau par terre et répandit beaucoup d’eau dans la cuisine. Il fit également des entailles dans la table avec son couteau. Il eut donc une attitude identique à celle de la Quatre-vingt-unième séance, mais ses sentiments violents s’exprimaient avec beaucoup plus de force, tandis que la veille, il avait essayé de les maîtriser un peu. L’enfant demanda également un changement d’horaire mais Mme K. ne put le satisfaire ce qui déclencha chez lui hostilité, rage et désespoir. Il devint si violent que Mme K. fut obligée de le retenir ; à un certain moment, elle manifesta son impatience, ce qui effraya l’enfant qui n’était pas habitué à une telle réaction de la part de l’analyste.

Les objets que contenait sa valise jouèrent un rôle important. Il avait acheté une langouste pour l’apporter chez lui et dans l’analyse, l’animal apparut comme un objet douteux. L’enfant déclara tout d’abord que c’était une délicieuse nourriture et qu’il se réjouissait d’en manger ; cependant, il ne tarda pas à se mettre en colère contre la langouste et à l’attaquer à coups de couteau.

Mme K. interpréta disant que la langouste jouait un rôle identique à celui de la pieuvre des séances antérieures qui se trouvait à l’intérieur de Richard (la valise représentait son intérieur), de sa mère et de Mme K. Il avait martelé le sol pour l’ouvrir et expulser de sa mère le mauvais pénis de son père. En outre, ses coups de marteau exprimaient la méfiance et la colère qu’il éprouvait à l’égard de Mme K. qui était devenue la mère-« sale brute » – surtout depuis qu’elle s’était montrée impatiente.