Préface

Je suis debout, assis, allongé, je marche. Je vis dans un univers spatio-temporel, je vois, entends, touche, goûte, sens, perçois autrui, d’autres êtres, des situations. Je me souviens, pense, imagine, regarde (avec l’un de/tous mes sens), ressens, agis, parle, communique, réfléchis, m’interroge, doute, crois ou ne crois pas, aime ou déteste, persévère ou abandonne.

Je sais que beaucoup de gens ressentent comme moi nombre des faits dont je parle dans mes livres, mais je sais aussi que beaucoup de gens jugent ces derniers scandaleux et absurdes. J’ai tenté de décrire – jusqu’à mes justifications. J’ai essayé d’évoquer, de peindre, d’exposer les émotions, les souvenirs, les observations et les spéculations concernant notre cycle vital, la vie d’avant la naissance et la naissance, la douleur et la répression de la douleur. Et si je parle à peine de la joie et de l’amour, du sexe et de la mort, ils ne sont pourtant pas oubliés.

J’avais besoin de découvrir avec surprise combien ce livre était difficile à écrire.

« Aunque sepa los caminos / Yo nunca llegaré a Córdoba. » (Lorca1.)

Londres, 1975. R. D. Laing :.


1 « Bien que connaissant les routes, je n’arriverai jamais à Cordoue. »