Sur le titre

On a souhaité respecter la tradition psychanalytique française et conserver le titre de Mémoires d’un névropathe qui vient de la traduction par M. Bonaparte et R. Loewenstein de l’article de Freud (1911 c) Psychoanalystische Bemerkungen über einen autobiographisch beschriebenen Fall von Paranoïa

Le titre original de l’œuvre du président Schreber est Denkwürdigkeiten eines Nervenkranken. Ces Denkwürdigkeiten ne sont ni des Memoiren, ni des Denkschriften : ce sont les événements mémorables, la geste mémorable, les hauts faits. Le terme est symétrique des Unwürdigkeiten que les infirmiers de l’asile font subir au président Schreber : des indignités dont il est l’objet.

D’autre part, en français, le terme de névropathe évoque la maladie mentale, l’aliénation. Or le président Schreber, lui, n’est malade que des nerfs, soutient-il, des nerfs au sens littéral, dans leur matérialité fibreuse et vibratoire, dans leur excitabilité et leur hyperexcitabilité, leurs modulations et leurs fréquences.

C’est pourquoi on propose ici en sous-titre : « Geste mémorable d’un grand malade des nerfs » ou encore « Gestes et mémorables opinions d’un grand malade des nerfs ».

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Les notes appelées par un chiffre ou des * sont celles de Schreber. Les notes appelées par une lettre sont éclaircissements des traducteurs sur les solutions par eux adoptées.