Remerciements

Dans chacun des textes de ce recueil j’essaie de montrer, aussi consciencieusement que possible, où, dans la mosaïque de la littérature existante, viennent s’imbriquer des idées que je tiens pour originales. Je n’ai donc pas jugé utile d’intégrer ces remerciements dans mon introduction. Le lecteur notera que reviennent très souvent les noms de Michael Balint, Bion, Brodey, Bowen, Mabel Blake Cohen, Erikson, Heimann, Hill, Knight, R. W. et T. Lidz, Little, Loewald, Mahler, Milner, Rosenfeld, Sèchehaye, Werner, Whitaker et Malone, Winnicott, Wynne, ainsi que quelques autres. Qu’ils soient si fréquemment cités témoigne de l’effet stimulant qu’ont eu sur moi leurs écrits.

Mais remontons plus haut. Lorsque, étant interne en médecine, je fus attiré, en quelque sorte hors programme, par les écrits de Freud, je compris, sans avoir besoin d’un professeur ou d’un interprète pour me le dire, que j’avais affaire là à un génie authentique, supérieur, et c’est une des premières raisons qui me poussèrent à entreprendre une analyse. Plus tard, c’est de Sullivan que j’appris à mettre l’accent sur l’aspect interpersonnel dans l’approche de tous les phénomènes psychologiques, et c’est aussi à lui que je dois l’idée, contenue implicitement dans son enseignement, selon laquelle les schizophrènes ne sont pas aussi foncièrement différents de nous qu’on le croit : ils sont simplement plus difficiles à aborder que la plupart des gens. Des docteurs Edith Weigert, Robert A. Cohen et Winifred G. Whitman, qui étaient mes contrôleurs au début de ma formation analytique, j’ai appris énormément de choses ; le docteur Cohen, directeur de la psychothérapie à Chestnut Lodge durant mes trois premières années dans cet hôpital, a été un merveilleux contrôleur lors de mon premier travail avec un patient de la « Lodge ».

Le docteur Frieda Fromm-Reichmann m’a apporté, comme à tous ceux de la « Lodge », connaissances et inspiration. J’apprécie particulièrement sa pénétration en ce qui concerne l’expérience qu’a le schizophrène de son propre univers ; sa continuelle insistance sur le processus dynamique de la relation thérapeutique plutôt que sur le contenu des propos du patient dans lequel on risque de se perdre, et sa manière de faire personnelle qui témoigne de la place essentielle qu’occupent dans le traitement des schizophrènes aussi bien une rigueur inflexible que la tendresse intuitive.

J’espère avoir suffisamment fait sentir dans mon introduction tout ce que je devais à celui qui fut mon analyste didacticien, le docteur Ernest E. Hadley, à qui va toute ma reconnaissance.

Tenter de dire combien m’ont appris les dizaines de collègues qui, jour après jour, pendant presque quinze ans, ont partagé avec moi le difficile travail de psychothérapie intensive des schizophrènes serait présomptueux. Que certains de ces collègues aient trouvé du mérite à tel ou tel concept présenté dans ce recueil a toujours été ma plus grande fierté. Le docteur Donald L. Burnham, directeur de recherche à Chestnut Lodge durant la période où j’écrivis tous ces textes excepté les cinq premiers, a été d’un grand soutien pour moi à bien des égards. Le docteur Dexter M. Bullard, directeur médical de Chestnut Lodge, possède, parmi d’autres qualités admirables, celle d’avoir le courage et la largeur d’esprit nécessaires pour permettre aux membres de l’équipe de faire connaître au public leurs idées, même si celles-ci s’écartent des siennes propres ; en outre, sont-ils si nombreux les directeurs d’hôpitaux, ayant les responsabilités qu’ils assument, qui laissent les membres de leur équipe publier des textes aussi francs que bon nombre de ceux qui composent ce livre ?

Dans la mesure où ces articles contiennent des intuitions valables, ils montrent à quel point j’ai renoncé à toute idée préconçue et laissé les patients me transmettre ces intuitions. Et je voudrais ajouter ici que ma femme Sylvia et mes enfants David, Sandra et Donald m’ont, autant que le docteur Ernest Hadley et tous mes patients, aidé à en concevoir quelques-unes.

M. Masud R. Khan, directeur adjoint de l' International Psycho-Analytical Library, s’est intéressé, spontanément, sans que je l’en aie sollicité, à la publication de ce livre, et je lui en suis particulièrement reconnaissant, de même que je suis reconnaissant au docteur Mabel Blake Cohen, qui était rédacteur en chef de Psychiatry à l’époque où cette revue a accepté de publier mes deux premiers articles.

Je dois remercier également Mme Verdelia Scott et Mme Grâce Ennis qui ont assuré le travail de secrétariat avec une remarquable compétence.

À part le premier de ces articles, qui est l’aboutissement d’études financées par une bourse de recherche de la Foundations’ Fund for Research in Psychiatry, allouée par la Washington School of Psychiatry, les autres textes s’inscrivent dans un travail qui a été subventionné par la fondation Ford.