Tendresse

Le spectacle d’une lionne et de ses lionceaux le donne clairement à voir, la première tendresse est mammifère. On ne peut se nourrir à même le corps de la « mère » sans que l’échange nourricier ne se double d’une tendresse de gestes et de peaux. La femelle y pourvoit sans faute ; pour la femme mère*, inconscient oblige, ça dépend et ça varie : du câlin qui étouffe au tabou du toucher, qui écarte le nouveau-né à bout de bras, en passant par celle qui caresse et berce, confondant à plaisir l’amour et le soin. La pire des tendresses, peut-être, est réactionnelle, quand la haine de la mère pour son enfant ne trouve pas d’autre voie d’expression qu’à se masquer en son contraire.

Y a-t-il jamais tendresse humaine qui ne soit teintée d’érotisme ? Le geste tendre, la caresse, celle que l’on retrouve dans la sexualité préliminaire, portent la trace des sexualités partielles (orale, anale et autres) et d’un compromis entre leur inhibition et leur satisfaction.

À moins que la tendresse ne soit le premier mot du refoulement*. Ophélie attend la sensualité, elle ne reçoit de son compagnon que la tendresse : « C’est un sentimental, il fait l’amour sans faire de mal… Ce que je veux, moi, c’est un homme qui me plaque contre le mur de la salle de bains ! »