Compulsion (contrainte) de répétition

« Ce qui est demeuré incompris revient et ne connaît le repos qu’une fois trouvées solution et absolution » (Freud). Cette répétition-là, celle d’un refoulé qui fait retour, est un appel ; quand bien même elle prend la forme d’un symptôme invalidant, d’une angoisse, d’une douleur, elle cherche qui pourra l’entendre et libérer l’entrave, permettant ainsi de reconnaître l’ancien plaisir perdu derrière l’actuel déplaisir manifeste. Reconnaître par exemple, derrière l’image des amants répétitivement inconstants ou décevants et les ratés de la vie sentimentale, la fidélité paradoxale à un père irremplaçable.

Mais il arrive aussi que la répétition ne répète plus qu’elle-même, aussi insupportable qu’un disque rayé. Il n’y a plus qu’un morceau de souffrance, une plainte qui semble n’avoir d’autre visée que de prouver son impuissance à celui qui la reçoit. L’analyse à perpétuité roule son rocher de Sisyphe. « Quand est-ce que vous partez à la retraite ? »

Théorisant une contrainte à la répétition au cœur le plus sombre de la vie psychique, là où ça* n’est plus qu’une puissance anonyme et délétère tout occupée à défaire ce qui vient à peine d’être construit, la psychanalyse découvre-t-elle une zone de ténèbres au-delà de tout plaisir, fût-il masochiste ? Ou, prise d’une fascination « romantique » pour les forces de mort*, ne fait-elle que recouvrir des oripeaux de la théorie ce qui relève des limites humaines de sa pratique ?