Conflit psychique

L’ennemi à refouler, les lignes de défense attaquées, la résistance acharnée… la vie psychique est une vie de conflit. Entre le moi et la réalité extérieure, les heurts ne manquent pas, mais l’antagonisme principal est avec l’ennemi de l’intérieur, impossible à fuir, impossible à vaincre. Il faut se soumettre, se compromettre, négocier… quelquefois quand même se libérer, quand un refoulement* est levé.

La personne psychique est divisée, même si le moi*, son goût prononcé pour la synthèse, s’efforce d’en maintenir une unité relative. L’équilibre est d’autant plus fragile que l’ennemi a plusieurs visages. D’un côté, celui du surmoi* : il revêt la forme d’une autorité intransigeante, pesant comme une chape de plomb sur la vie et ses plaisirs, à l’image d’un dieu calviniste. De l’autre, le côté du ça* : il s’exprime par une impatience pulsionnelle, « tout tout de suite » ; l’exigence est celle d’une satisfaction qui ignore les limites. Entre Calvin et Dionysos… ce que l’histoire sépare, Psychè les réunit.

Heureusement, il reste la ruse, celle de l’inconscient humoriste. Julien est un homme jeune et néanmoins moral. Amoureux et fidèle à sa compagne, il s’oppose à ce qu’il perçoit en lui d’un désir pour « toutes les femmes ». Notamment pour la petite dernière, celle qui vient d’arriver sur son lieu de travail ; elle et son décolleté vertigineux. Il évite de la regarder, ou alors, s’il y est bien obligé, c’est « les yeux bandés » !