Cure psychanalytique

Des déceptions amoureuses à répétition, une orientation sexuelle hésitante, une aphonie qui surgit chaque fois qu’il faut parler en public, un mal de vivre indéfinissable, une érection vacillante, une mère débordante, un père qui ne vous a jamais aimé, la mort d’un très proche, un enfant que l’on n’arrive pas à faire, un dégoût de la sexualité, une addiction à la sexualité qui ne laisse de place pour rien d’autre, une maladie somatique grave, l’aggravation de l’angoisse* malgré la suppression réussie d’une phobie* par une psychothérapie comportementale, une dépressivité qui gâche toutes les entreprises, une jalousie qui ne connaît pas de repos, un livre qu’on ne parvient plus à écrire, n’avoir jamais rencontré quelqu’un qui vous écoute… le recours à la psychanalyse se confond avec l’expérience humaine. Le malheur peut paraître venir du dehors – « l’enfer, c’est les autres » –, on a cependant l’intuition d’y être pour quelque chose ; qu’il faut changer pour que ça change. Sans le savoir, on vient en analyse pour changer le passé, en réécrire le récit, découvrir la haine* derrière l’amour* affiché (ou l’inverse), la secrète satisfaction derrière le déplaisir, une prison que l’on ne veut pas quitter. Parmi les risques que l’on court, il y a celui de devenir un peu plus libre qu’auparavant.