Différences

Il n’y a pas dans l’inconscient* de négation, pas de contradiction, d’opposition, ou de différence. Pas de degré à la certitude des désirs accomplis, juste des variations d’investissement selon les contenus. L’inconscient, l’infantile, ne dit pas « non », en lui coexistent haine et amour, masculin et féminin, actif et passif, vivants et morts… Tout y est présent, il ignore l’absence. Ce n’est pas de lui que peut venir l’organisation de la vie psychique, la construction du sujet, la structuration de la personne. C’est contre lui. Toutes les différences : différence des sexes, des générations, entre le dedans (réalité psychique*) et le dehors (réalité matérielle), entre les vivants et les morts, l’âme et le corps*, l’oral* et l’anal*, l’interdit et le permis, l’absence et la mort… toutes les différences sont autant de distances prises avec les processus psychiques les plus primaires, ceux qui « règlent » la vie de l’inconscient.

La névrose est une pathologie du conflit, elle se situe précisément au point d’affrontement entre le « oui » de l’inconscient, qui ne cherche que son accomplissement, et le « non » des systèmes supérieurs de la vie psychique, ceux qui veulent faire la différence. Dans la névrose, les différences sont conflictuelles. Mais il est d’autres pathologies où l’envahissement par les processus primaires se paie de différences ignorées, ou déniées. La perversion* ne veut rien savoir de la différence entre les sexes ou les générations ; la psychose*, de ce qui oppose dedans et dehors ; la mélancolie*, de ce qui sépare les vivants et les morts ; l’état limite*, de ce qui distingue l’absence de la perte définitive…