Pédophilie

De tous les mots (maux) de la sexualité, c’est le mot d’aujourd’hui. N’importe quel journal sait qu’à le titrer en première page, il multiplie son tirage. Comment expliquer une telle passion, les « Marc Dutroux » d’aujourd’hui seraient-ils plus nombreux que les « Gilles de Rais » d’hier ? On peut suggérer une autre hypothèse. Il n’est de société, passée ou présente, qui en matière de sexualité ne différencie le permis de l’interdit. Les Romains faisaient passer la ligne de démarcation entre activité et passivité (interdite), la chrétienté entre sexualité ordonnée selon la génération et sexualité « contre-nature » (fornication* et homosexualité)… La liste des partages selon les époques et les cultures est infinie. L’heure (occidentale) serait plutôt au « tout est possible tout est permis »… sauf l’enfant. L’excitation collective ne demande qu’à suivre, tant il est vrai qu’il n’est rien comme l’interdit pour échauffer le corps et l’esprit.

On devine que la nouvelle passion a du mal à se contenter de quelques psychopathes, l’Église catholique est en train de l’apprendre à ses dépens. Jusqu’où ira le « pas touche à l’enfant » ? La Suède a pris les devants, qui a interdit la fessée*. Imaginons un psychanalyste qui viendrait déclarer au Journal de 20 h. : « L’amour de la mère pour son nourrisson qu’elle allaite et soigne a une bien plus grande profondeur que son affection ultérieure pour l’enfant adolescent. Cet amour possède la nature d’une relation amoureuse pleinement satisfaisante, qui comble non seulement tous les désirs psychiques mais aussi tous les besoins corporels. » Il lui faudrait beaucoup d’audace pour reprendre ainsi à son compte ce que… Freud écrivait en 1910 dans Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci.

Qu’est-ce qui est le plus difficile à surmonter pour une petite fille ? Lire dans les yeux de son père le désir dont elle est l’objet, ou n’y rien lire du tout ? La séduction des premières amours navigue entre deux écueils, elle n’est pas moins dommageable quand elle manque que lorsqu’elle déborde.