Partie II : Histoire naturelle du sujet

Il y a une dimension provocatrice à associer ces termes : « histoire », « naturelle » et « sujet ». C’est à dessein que je souhaite rappeler notre axe, grâce à ce paradoxe.

En effet, le structuralisme est principalement « anhistorique », ce qui ne signifie pas « fixiste » mais basé sur la « synchronie » et la « mutativité » (voir précédemment).

De même, l’abord structuraliste est par définition « anti naturaliste » pour mettre l’accent sur l’aspect culturel.

Ainsi se profile le paradoxe de ce titre : « histoire naturelle du sujet ».

D’autre part, la démarche structuraliste cherche à isoler des « invariants », c’est-à-dire des éléments constants quelque soit la culture ou l’époque, et quelque soit l’âge du sujet.

De fait, des éléments théoriques généraux sont dégagés, qui s’organisent comme autant de signifiants d’une langue propre à chaque sujet.

Le clinicien sera alors comparable à un grammairien qui cherche à établir les relations entre ces signifiants. Les signifiants en question fonctionnent comme des « catégories » qui intègrent les éléments de discours, comme par exemple « trait unaire », « Idéal de moi », « phallus », etc. La grammaire est « singulière », propre à chacun, mais également, en partie, elle-même composée « d’invariants ». Ainsi, il sera possible de déterminer ces invariants qui définiront les grandes structures (obsessionnelle, schizophrénique, hystérique, etc.)

Le clinicien sera donc comparable à un polyglotte qui, catapulté dans une région inconnue, devra savoir où il se trouve en reconnaissant la langue (signifiants et articulation grammaticale) qu’il entend.