V) Personnalité et traits

Nous allons décliner ici, très succinctement encore, divers aspects de la personnalité pouvant rendre compte de ce que la nosographie regroupe sous l’appellation « personnalité pathologique ». Nous distinguerons les trois axes classiques du symbolique, du réel et de l’imaginaire. Ces trois axes sont assez entremêlés en clinique ordinaire, si bien que cette distinction n’a de valeur que théorique. Les éléments qui sont ici repris apparaissent, plus précisément dans cet ouvrage, à divers endroits, et il s’agit ici de rassembler certains d’entre eux afin d’illustrer la possibilité d’une lecture structurale de la personnalité.

axe phallique : le symbolique

Il s’agit de l’axe du désir conflictuel, synonyme de meurtre du père chez l’obsessionnel qui se dérobe devant tout engagement désirant, lieu de l’imaginarisation hystérique indéfiniment alimentant sa quête, sa revendication, son insatisfaction. Lieu du désir à construire des anorexiques et des boulimiques, interrogation de l’abuseur articulant savamment désir et jouissance. Le désir s’y articule à la lettre, peut facilement s’élaborer, se repérer.

axe du réel : pervers, répétition

Axe de jouissance, espace non-symbolisé de la perversion agie, ici se joue et se rejoue l’acte. Acte de jouir dans la répétition (96), dans l’incorporation, la violence, le suicide, etc. Jouissance sans scénario « pré-mentalisé » : la répétition pathologique ; ou avec scénario « pré-mentalisé » : la perversion. Il s’agit d’un « no man's land » symbolique pouvant aliéner douloureusement le sujet.

axe narcissique

Axe de l’image et du maintien dans le regard de l’Autre, transgression comme appel au regard autant que perversion, histrionisme, sacrifice obsessionnel, anaclitisme qui se soutient également d’une aimantation par une certaine part de jouissance, rivalité et défi, dépendance affective, etc. axe de captation.

Ces trois dimensions se déclinent à loisir en clinique, sont évolutives, non-spécifiques d’une structure ou d’une autre. Elles s’expriment en comportements, postures ou discours, pour former la personnalité. Cette personnalité sera normale si ses manifestations restent dans une limite raisonnable, le pathologique se définissant par l’apparition de « dommages » consécutifs à l’expression de la personnalité. Enfin, chaque personnalité exigera certaines conditions (contexte signifiant), faute de quoi apparaîtra une « décompensation ».