B/ La structure : définitions

Pour des raisons de volume de l’ouvrage, cette partie sera considérablement réduite, j’espère qu’elle restera claire.

L’appellation « structure » recouvre des conceptualisations assez différentes les unes des autres, là où le terme de « structuralisme » est précisément orienté vers l’étude des « structures de l’échange ».

La « structure » est un modèle théorique, un concept, quelquefois non explicité mais supposé, qui peut s’intégrer dans deux grandes classes, chacune étant divisée en deux groupes.

Les structures peuvent être « parcellaires » ou « autarciques ».

Les structures que j’appellerai « parcellaires » mettent l’accent sur un aspect particulier et nécessitent l’ajout soit de mécanismes, ou bien d’éléments, pour être fonctionnelles.

Les structures parcellaires « opératoires » se composent principalement d’opérations (par exemple des mécanismes de « défense ») nécessitant des éléments (par exemple des « représentations mentales ») « extérieurs » à la structure. Quand un auteur comme Bergeret (5) parle de « structure », c’est en ce sens précis, sens qui met l’accent sur les « opérations » au détriment des éléments (représentations).

Les structures parcellaires « élémentaires » se composent d’éléments qui nécessitent des opérations extérieures à la structure elle-même. Par exemple, la théorie de la Gestalt correspond à la conception d’une forme mentale qui n’est pas réductible à la somme de ses parties. Il s’agit donc d’un point de vue qui s’oppose à « l’associationnisme ». L’acte de penser est extérieur à la structure de la forme mais permet sa survenue. Les structures autarciques ne nécessitent aucun ajout, ni en terme d’éléments, ni en terme de mécanisme. Elles sont complètes et autonomes, se suffisent, et intègrent en leur sein les éléments qu’elles « produisent ». Les structures autarciques logico-mathématiques, issues des conceptions de Galois (138), correspondent à des modèles abstraits combinant des opérations et des éléments, suivant certaines règles. On peut retenir que ces règles sont applicables aux structures de l’échange.

Les structures de l’échange sont autarciques et correspondent en propre à ce qui s’étudie dans le cadre du « structuralisme ». Il s’agit là de l’axe de cet ouvrage : la structure des échanges inter-humains. Ces échanges, de valeurs, de signifiants, constituent les marqueurs indépassables de structures symboliques secrètes qui organisent le champ social, le champ du désir. Cette piste, empruntée par Lévi-Strauss, puis par Lacan, pose le discours (ou les rites) comme porteurs de la structure « culturelle », et, au delà, d’une structure propre au sujet. Le sujet serait donc structuré de deux points de vue, l’un général correspondant à sa culture, l’autre singulier correspondant à sa « constitution psychique propre ». On peut trouver dans d’autres travaux des panoramas assez complets des définitions du terme structure (75, 138, 156), là où ce livre ne se consacrera qu’aux structures dites de l’échange.