État psychique actuel

A) Sentiments généraux

Le sentiment de sa vie manquée domine actuellement notre malade ; il n’a pas supprimé la tendance mégalomaniaque.

Notre malade vit dans des rancunes ; rancunes plus ou moins légitimes, comme celle contre l’humanité en général, qui a usé d’elle sans la payer, et spécialement contre tout un parti politique qui l’abandonne ; rancune semi-délirante ou délirante, comme la rancune contre ses parents ; rancune tout à fait délirante contre tel ami de sa famille qui la soutient, et contre telle ou telle personne, de sang royal, à qui elle adresse des réclamations. Sa désillusion est totale : elle n’a plus de sentiments religieux, plus de convictions politiques, parfois même plus de patriotisme : « Je ne sais pas comment s’est terminé la guerre ; je ne puis plus souffrir la France, où je suis bafouée constamment ; je n’aime plus personne au monde. »

Son nihilisme est mitigé, de temps à autre, par l’optimisme mégalomane, et ses vieux concepts reparaissent : anges, prophéties, mission nationale et religieuse ; toutes ses convictions sont ainsi subordonnées à son orgueil.

Dans sa solitude, elle rumine ses haines perpétuellement ; l’exacerbation des rancœurs lui donne de telles irritations, qu’elle fait des discours à haute voix et se livre à des violences bruyantes sur les objets.

B) Conceptions délirantes

Mégalomanie. – Son origine est ou royale ou impériale. Vers 1918 elle a cru descendre du prince allemand Frédéric-Charles et d’Eugénie de Montijo. Elle a vu leurs deux noms écrits et elle a compris qu’ils avaient eu un enfant, ce devait être elle ; elle devait donc être protestante. Elle a senti aussi comme une voix intérieure disant : « Eugénie de Montijo. » Elle a vu dans une glace sa figure toute semblable à celle d’Eugénie de Montijo, dont elle venait de voir un portrait ; avant la guerre de 1870 un prince allemand l’a embrassée, etc. Depuis, elle a compris que son véritable père était Napoléon III ; sa mère, Mme C., a dû pratiquer la haute galanterie sous l’Empire, fréquenter chez le Duc de Momy, la Païva, etc. Elle en trouve des indices probants dans des propos anciens, dans les ressemblances, dans la voix du sang, etc. Pour savoir si elle descendait de Frédéric-Charles ou de Napoléon III, si elle était Allemande ou Française, protestante ou catholique, elle a fait l’expérience de frapper sur des cadres et de jeter violemment à terre un crucifix, ces objets ne s’étant pas brisés, ou bien ne l’ayant pas blessée, elle est Française, en voyant le crucifix intact sur le plancher elle s’écria : « Tu as vaincu, Galiléen. » Trois choses en tout cas sont certaines ; sa mère a mené une vie galante, son père était un grand de la terre et son acte de naissance a été falsifié. Elle est née avant la guerre de 70, probablement en 1869 ; son acte de naissance a été postdaté. Le même jour où ses origines se révélèrent, une transformation mystérieuse s’est accomplie ; il s’est fait une incarnation dans sa personne, en même temps elle perdait juste la moitié du Don ; sa voix et son visage ont été transformés (23 avril 1918). Il doit s’agir d’une conception immaculée certes, mais enfin non conciliable avec l’intégrité du Don. En 1918, Jeanne d’Arc lui a inspiré d’écrire au Roi des Belges pour l’informer de l’accession prochaine de Philippe VII, ou de son accession à lui, au Trône de France ; d’autre part, elle-même épousera le Duc d’Orléans qui va régner. Une bonne moitié du Don subsiste, etc.

Persécution. – La France la bafoue, les royalistes et les bigots la méconnaissent, on emploie contre elle des médiums ; une devineresse voyageant avec elle, a voulu la jeter à la mer ; M. M. est un de ses ennemis, l’entourage du Duc d’Orléans a manœuvré pour empêcher leur union, la Duchesse de Vendôme a dirigé l’intrigue. Les Prêtres la tueront lors du retour du Roy. Il faut d’ailleurs quelle disparaisse pour qu’une autre puisse jouir du Don, car deux person-nés simultanément ne peuvent l’avoir. Elle pourrait épouser le Duc d’Orléans demain, cela ne l’empêcherait pas d’être brûlée. On voit que ses idées de persécution sont partiellement à base de Préjudice ; aussi a-t-elle pris depuis des semestres l’attitude revendicatrice.

C) Mécanisme du Délire

Les convictions les plus nombreuses ne sont pas fournies actuellement par les Intuitions et Inspirations du type déjà décrit, mais par des Conceptions Subites ; une image inattendue apparaît et provoque une pensée incoercible, puis devient quelque temps une hantise et provoque différentes pensées contradictoires.

Ce mécanisme diffère de la rêverie banale par le degré de l’imprévu, par l’inconsistance des concepts, par le caractère impérieux des convictions. La malade a d’abord la peur d’être allemande et protestante, puis elle a la conviction de l’être, puis lui vient la preuve du contraire, etc. ; ses convictions varient selon ses sympathies ou aversions, c’est-à-dire avec ses espoirs et déceptions. Les convictions de ce genre, bien qu’instantanées, lui apparaissent comme personnelles, encore qu’elle tende à admettre dans leur genèse une influence externe ; elle en vérifie le bien-fondé par des épreuves ; ce ne sont pas des intuitions proprement dites. Les convictions ainsi conçues sont peu stables ; et si le thème reste, les conclusions qui s’y rapportent sont fluctuantes.

Les Intuitions proprement dites sont encore extrêmement nombreuses. Elles consistent en idées subites, sans forme auditive ni motrice, perçues d’emblée comme exogènes, complètes d’emblée, certaines d’emblée, fixes d’emblée et longtemps stables. Ces Intuitions ne sont plus prêtées actuellement à l’Ange Gabriel (auteur de quelques déceptions), mais à Jeanne d’Arc, à Sainte Élisabeth, ou même au Ciel directement. La malade d’ailleurs se déclare indifférente à la question de leur origine.

Les impulsions Verbo-Motrices et les Hallucinations Auditives sont rares, mais non douteuses : la malade est forcée de prononcer des paroles imprévues ou encore elle entend des paroles imprévues. C’est ainsi qu’elle a entendu récemment des formules comme : « Au nom du Roy du Ciel », ou s’est sentie les prononcer. À l’Infirmerie spéciale même, un phénomène de ce genre s’est produit, qu’elle n’a pas voulu préciser. Il semble d’ailleurs qu’actuellement ces Impulsions profèrent des formules sacrilèges, et cela spécialement à l’Eglise. Plusieurs fois pendant les offices, elle a dû se contenir pour ne pas jurer.

Elle nous a dit : « Mieux eût valu me laisser me marier, que de me faire faire ce que l’on me fait faire actuellement avec le Don. »

La Logorrhée Automatique avec Extase et Inconscience ne se produit plus, vraisemblablement parce que la malade n’est plus dans les conditions voulues, pas d’excitation collective, pas de suggestion, pas d’animation orgueilleuse. Elle reste persuadée toutefois, qu’elle garde le Don, ou au moins, une partie du Don ; on a vu combien elle s’efforce de le concilier avec l’idée de Grossesse Mystique. Elle considère évidemment les Impulsions Motrices Conscientes comme étant de même origine et de même nature que le Don. En cela d’ailleurs elle ne se trompe pas : c’est bien là une moitié du Don.

Elle a présenté de nombreuses fois, étant seule dans son domicile, des Crises d’Excitation Verbale à point de départ Émotif, au sujet desquelles elle n’aime pas à s’expliquer ; il s’agit de colères, ses paroles étaient conscientes et le souvenir lui en est resté ; mais la durée et la véhémence du symptôme tendent bien à en faire quelque chose d’automatique.

Enfin, elle a présenté fréquemment, au cours de ces dernières années, des Paresthésies Sensitives et des Paresthésies Motrices. Ainsi, à l’Église elle se sent soulevée de sa chaise, et balancée, elle ne peut pas rester assise, elle est obligée de se lever ; encore est-elle ainsi mal à l’aise, il lui vient une envie de marcher sur les genoux, en même temps elle étouffe et elle se sent anxieuse, aussi a-t-elle soin de se tenir prêt de la sortie ; probablement dans ces moments est-elle tourmentée de la pensée d’un sacrilège. Elle a éprouvé des Paresthésies Viscérales et autres, au moment de l’Incarnation. En résumé, elle éprouve bien des sentiments d’influence, de Possession, de Dépersonnalisation Partielle. Il est possible que la Ménopause joue un rôle dans la genèse de ces sensations ; leur amplification nous paraît hystérique, comme l’est peut-être aussi une part de l’Automatisme Psychique plus haut décrit.

D) Réactions et Causes de l’Internement

C’est comme Récriminatrice que notre malade s’est signalée aux autorités. Elle adressait à ses voisins et à une concierge du voisinage des lettres injurieuses, et dont les enveloppes mêmes étaient couvertes de devises incohérentes : « Vive la joie, tout à la joie, la Voyante est partie. Les appartements sont loués aux Boches, très cher pour garder le coffre-fort, je vous embêterai tout le temps que je le jugerai. Vous pourrez montrer ma lettre au commissaire. » Elle écrit d’autres lettres au Duc d’Orléans, à son entourage, à la Duchesse de Vendôme qu’elle accuse d’avoir empêché son mariage avec le Duc, elle exige des compensations, un mariage, etc.

Dans son appartement on l’entend, la nuit, frapper les meubles ; jeter ou briser des objets et pérorer à voix très haute.

E) Présentation

Devant la Société Clinique notre malade se présente aisée et souriante, sans doute satisfaite de retrouver un auditoire. Elle ne proteste pas contre son internement. Elle exprime fermement ses regrets de n’avoir pas tiré un profit de ses oracles et d’être restée célibataire ; elle incrimine véhémentement sa mère et le parti royaliste. Elle apparaît bien comme débile, mais sans aucun affaiblissement intellectuel. Elle trace avec esprit et bon sens le tableau de sa clientèle du temps jadis, et les portraits de certains chanoines, médecins ou autres personnages. Elle dépeint l’exercice du Don, avoue ses lapsus et erreurs, elle se montre convaincue de sa réalité mais indifférente à son origine. Après un très long exposé elle se retire sans rien nous demander.

Commentaires

1. Automatisme Verbal ancien. – Les vaticinations anciennes de notre malade peuvent être définies une Logorrhée subconsciente, à idées simples, à forme rythmée et assonancée, émise dans un isolement relatif du monde extérieur et dans un état d’excitations à retours faciles.

L’inconscience du contenu idéique n’est pas totale ; mais la conscience reste étrangère à la formation des idées : c’est une loi des automatismes qu’ils fonctionnent d’autant plus sûrement qu’ils sont mêlés de moins d’attention. Il existe néanmoins une perception passive des thèmes en cours : cette perception est démontrée par des résistances éventuelles, senties comme des inhibitions. L’absence de mémoire et le fait à la fois de l’excitation et du caractère subconscient : tous les états d’excitation sont peu mnésiques. Que le sujet reste accessible à des impressions extérieures, cela est montré par le fait que des répulsions et des sympathies influencent la logorrhée ; celle-ci semble susceptible comme l’est la réflexion, et, plus encore : le sentiment d’une proximité physique, notamment la trouble et l’inhibe. Cette hyperesthésie se constate dans tous les états de bien-aller qui accompagnent toute performance artistique rare. L’État de Transe résulte d’une Auto-Suggestion, à base émotive, conditionnée ou tout au moins facilitée par l’Hystérie ; hystérie cultivée par des conditions spéciales et dans une forme déterminée.

Cette Logorrhée diffère des Hallucinations Verbales Motrices des Délirants Chroniques en ce qu’elle est peu ou pas stéréotypée, accompagnée d’idéorrhée, non absurde, exécutée à voix haute, avec conscience très claire de l’activité phonatrice, alors que l’idée énoncée est peu consciente (proportion nettement inversée), par l’excitation sous-jacente et par les retours semi-volontaires.

Cette Logorrhée ressemble à la Logorrhée Hypomaniaque par le substratum euphorique, par le sentiment d’influence, par la tendance au rythme et à l’assonance, et par la distrabilité. Elle en diffère en ce que les idées échappent davantage à la conscience, sont monotones, pauvrement liées, susceptibles d’être paralysées par les impressions de l’extérieur au lieu de se les intégrer, enfin en ce qu’elle procède par accès discontinus, et renouvelables presque à volonté.

La Logorrhée rythmée et assonancée peut se rencontrer dans bien des accès délirants avec Sentiment d’influence. Nous en avons vu un bel exemple chez un Ethylique Hypomaniaque à Délire Spirite. Ce malade, un dessinateur, nullement poète, parlait par intervalles en vers libres ; par couplets d’assez longue durée avec une assonance unique. En parlant, il fermait les yeux. Affecté d’hallucinations kinesthétiques, il croyait écrire les yeux fermés sous la direction des Esprits, mais ne traçait que des zigzags. Nous nous rappelons ce vers de lui : « Je suis assis sous les tonnelles. – Je vois les blondes jouvencelles. – Toutes belles. – Qui ont du poil sous les aisselles. – Et qui s’enfuient dans les bordels. » Les poésies de notre Voyante étaient de même force.

Des accès d’éloquence avec hypermnésie ont été souvent observés chez des Hystériques d’hôpital et chez des Hystériques de ville. Une excitation passagère leur donne une assurance imprévue, libère leurs automatismes verbaux et les stimule. Ces accès sont, toutefois, de tous les accès hystériques, les moins facilement provocables.

Les divers processus en jeu dans notre cas s’observent donc dans divers États délirants ; leur réunion est ce qui rend le cas original.

L’Hystérie paraît expliquer suffisamment l’excitation, la tendance au dédoublement, l’émancipation des centres verbaux, le goût du rythme, le retour dans des conditions déterminées et les paresthésies diverses. Chacun des processus en cause obéit à ses règles connues ; leur réunion est seule curieuse.

La Formule Délirante ainsi constituée est certainement rare dans les Asiles ; elle l’est probablement beaucoup moins à la ville ; les Délires Médiumnimiques doivent être généralement de ce type ; ils ne donnent pas lieu à placement parce qu’ils ne s’accompagnent pas de Délire des Actes, et s’exercent dans des milieux clos.

L’antiquité paraît avoir connu mieux que nous les États de Transe, les Pythonisses étaient de jeunes filles, spécialement entraînées à l’extase, et délirant sous forme rythmée ; l’appoint toxique qu’on leur imposait ne faisait qu’activer le Don. Des Pythonisses ou des Devins de même type mental se rencontrent sans doute encore chez les populations arriérées de l’Inde, de la Malaisie et de l’Océanie. Nous ne rappe-Ions pas qu’on ne signale rien de tel dans le monde arabe où les excitations sont surtout motrices. Par contre, l’improvisation en vers, sans état de transe, s’observe chez des chanteurs arabes qui ne sont même pas professionnels ; ils célèbrent ainsi non pas seulement des données légendaires, mais encore les faits du jour même ; parfois les dithyrambes à l’adresse des chefs, ou des satires, fournissent le sujet du poème. On rapporte des faits analogues des Femmes Kabyles. Mêmes pratiques, et très répandues, chez tous les nègres africains. À Madagascar également les exercices d’agilité verbale avec rythme seraient en honneur.

Nous avons dit que ni l’inconscience ni l’amnésie, chez notre malade n’étaient absolues. Le fait d’une diminution considérable de la conscience et de la mémoire est commun à tous les états d’excitation et d’automatisme. Il est à peine besoin de rappeler que le Sentiment de Possession est l’interprétation naturelle de tous les faits d’automatisme, qu’il s’agisse d’inspiration psychique ou même d’exaltation physique.

2. Phénomènes de Dissociation. – Nous avons admis jusqu’ici que les Etats de Transe anciens ressortissaient exclusivement à l’Hystérie. Mais on ne saurait prétendre que le délire actuel soit hystérique, et d’autre part il doit y avoir continuité entre l’état ancien et l’actuel. Probablement les Prodromes de la Vésanie que nous constatons existaient déjà à l’époque des États de Transe ; il y avait collaboration entre Hystérie et Vésanie ; cette collaboration est d’autant plus probable que dans les deux diathèses des processus partiellement comparables entrent en jeu.

Il semble en effet difficile d’admettre que la seule pratique des États de Transe, supposés purement hystériques, puisse amener à cet état de dissociation chronique que nous constatons aujourd’hui. Mais la nature intime des Etats de Transe Médiumnimiques ne saurait être complètement élucidée que par une étude en série, qui a peu de chances de pouvoir être faite. Un divinateur de pensées, jadis célèbre, est mort aliéné ; l’était-il dans la même forme que notre malade ? Il serait curieux de le savoir.

Les Phénomènes de Dissociation jouent un grand rôle dans notre Délire : impulsions kinesthétiques, impulsions verbales, intuitions, idées subites. La dissociation paraît être génératrice de tout le délire. La malade n’interprète pas et ne construit pas ; elle accepte des idées subites, apparues sans raisonnement, et qu’elle agence au minimum. Les conceptions ainsi adoptées sont instables ; elles se transforment, s’inversent, reviennent ou disparaissent avec une facilité toute spéciale. Cette instabilité est caractéristique d’un certain nombre de Délires Polymorphes, elle est connexe au mode de genèse des conceptions. Nous avons publié, en 1907 (Archives de Neurologie)2, un délire de ce genre, chez une femme de 45 ans, élément actif d’un délire à deux ; exemptée de tout signe de démence, le délire procédait chez elle par Intuitions, et se transformait au point qu’elle avait oublié radicalement, après 6 semaines, des thèmes qui l’avaient fort émue et qui étaient en soi pittoresques.

Énumérant les caractéristiques de ce délire, soudaineté et fragilité de chaque concept, laxité, rémittences, disparitions totales de ces concepts, illusions, fausses reconnaissances et déformation des souvenirs, nous admettions que ces phénomènes avaient pour origine commune l’Instabilité des Synthèses Elémentaires, et que cette forme de lésion devait avoir été génératrice de tout le délire. Le rôle important des Intuitions et autres formes d’idées subites est manifeste dans un très grand nombre de Délires à Contenu Polymorphe dont la forme est, à première vue, imaginative. À bien regarder, de tels délires constituent un petit groupe spécial parmi les Délires Imaginatifs, ou pour mieux dire à côté d’eux. Ils forment l’extrême-gauche d’une série dont les Délires Interprétatifs formeraient la droite, et les Délires Imaginatifs le milieu ; à l’extrême-gauche (et les derniers au point de vue de la valeur logique), figureraient les Délires Diffus que nous venons de dépeindre, et dont les caractéristiques, nettement connexes, seraient, rappelons-le, la soudaineté dans les concepts, leur laxité, leur constante variabilité, et l’abondance des illusions rétrospectives : tous symptômes de dissociation.

3. Données diverses. – La Mégalomanie est le sentiment foncier de notre malade ; elle tient à sa merci tous les autres sentiments. Un point d’appui solide de cette mégalomanie est la conscience parfaitement légitime du Don.

L’idée du Martyre, dont notre malade est pénétrée, remonte à 1896. La tendance mégalomaniaque ne suffit pas à en expliquer la persistance, car elle aurait pu se satisfaire tout autrement. Cette idée a été conçue en État de Transe, elle est visiblement cette catastrophe finale prédite par l’Ange, que le père de notre malade, au cours d’une interview, espérait tenir éloignée en évitant de la définir ; cette idée est donc comparable aux Résidus Post-Oniriques : de là viendrait sa stabilité.

4- Notre malade offre un champ d’études inépuisable. Nous aurons sans doute à la représenter, après que nous l’aurons observée aux divers points de vue indiqués.