Conclusion

—    Le complexe d’Œdipe est inéluctable au cours du développement humain individuel.

—    Il dresse des écueils sur le chemin de la vie à beaucoup d’entre nous.

—    Dans tous les cas où le complexe d’Œdipe n’est pas résolu, on assiste à des anomalies (entraves ou exagérations) des tendances libidinales agressives et passives, dont le libre jeu est indispensable à l’adaptation sociale.

—    En effet, l’angoisse de castration impose trois attitudes.

L’une, la soumission, c’est-à-dire la liquidation du

complexe d’Œdipe, est sa seule soludon heureuse et adéquate à l’attitude sociale dite normale.

Les deux autres sont, l’une, la fuite devant l’angoisse de castration, l’autre, la protestation et la lutte ouverte contre elle.

—    Quand il y a fuite, le sujet la traduit soit par une inhibition totale de son activité, soit par l’instabilité, fuite mentale, soit par des fugues réelles. (Nous n’en avons pas donné d’exemples, car ces enfants-là sont conduits directement chez les psychiatres.)

—    Quand il y a protestation véhémente de l’inconscient devant le cruel dilemme qui lui est imposé, le sujet l’exprime par des troubles du caractère accompagnés de régression à des stades d’organisation archaïque de la sexualité. Et ce sont les manifestations plus ou moins fortes d’insociabilité et les perversions. A cause des effets incestueux qu’elles visent à défendre, ces satisfactions, quoique régressives, entraînent une culpabilité inconsciente. Celle-ci doit être apaisée, sous peine d’angoisse. Si la punition ne vient pas, l’angoisse devient intolérable, l’échec auto-punitif est nécessaire. Mais si elle vient, elle renforce encore les sentiments d’infériorité et de révolte qui entraîneront à leur tour de nouvelles manifestations agressives. On voit donc à quelle « course à la mort » un sujet peut être ainsi entraîné. Le cas de Jean en est un exemple éloquent. Ils peuvent aussi conduire le sujet à la délinquance.

— Derrière des symptômes apparemment semblables chez les filles et chez les garçons, il existe une différence réelle entre le complexe de castration de la fille et celui du garçon.

L’angoisse de castration du garçon est une angoisse de castration phallique. Elle s’intrique au complexe d’Œdipe.

L’angoisse de castration de la fille est à deux étapes : la première, angoisse de castration phallique, se passe dans l’atmosphère pré-œdipienne ; la seconde, 1 angoisse de castration utéro-ovario vaginale est seule intriquée au complexe d’Œpide, c’est une angoisse d’éviscération punitive du désir génital féminin.

Ce travail n’a pas permis d’aborder les questions fort nombreuses qui se posent à propos du complexe de castration. Son but est d’intéresser nos confrères non psychanalystes à ce moment fondamental qu’est l’Œdipe dans l’histoire du développement individuel et à son rôle dans l’étiologie des symptômes physiques fonctionnels et des troubles du comportement.

Puisse-t-il montrer l’intérêt thérapeutique de la psychanalyse, dans son application aux difficultés de développement physiologique, caractériel et mental des enfants.