Liébault, sur le rôle de l’inconscient dans les états psychiques morbides

Liébault à qui nous devons les bases de nos connaissances actuelles sur l’hypnose, expose dans son excellent ouvrage « Le sommeil provoqué et les états analogues »1 des théories qui semblent une prémonition des connaissances psychanalytiques. Elles méritent d’être citées textuellement :

« Une émotion..., une fois développée, ne s’éteint pas en même temps que l’idée qui en est la cause occasionnelle ; elle persiste même lorsqu’une seconde idée affective et contraire vient lui succéder... Il nous arriva une nuit de nous réveiller avec un sentiment de peur, sans en connaître la cause ; ce sentiment n’était, sans doute, qu’un ébranlement, suite de l’émotion d’un rêve dont les idées étaient déjà effacées de notre pensée » (l. c., p. 138).

« On a avancé que les émotions, les sentiments, etc., peuvent naître sans des idées qui les réveillent, et qu’ils ne tiennent de ces idées leurs caractères spéciaux. Pour soutenir ce paradoxe, on s’est basé sur ce que des hypocondriaques, des épileptiques, des maniaques ont assuré éprouver le sentiment de la peur sans motif. Il en était du sentiment de ces malades comme de leurs hallucinations ; il prenait son origine dans une inconscience de sa cause et dans des rêveries dont ils avaient perdu le souvenir » (l. c., p. 140).

Certes, Liébault ne pouvait soutenir ses thèses par une argumentation car il ne disposait pas de la méthode psychanalytique. Les travaux de Liébault datent de 1866. L’œuvre citée fut écrite en 1888.