Troisième partie. Perspectives contemporaines

Depuis Freud, le complexe de castration n’a cessé de faire l’objet de réflexions issues des perspectives les plus variées. Nous avons choisi de retenir quelques points de vue parmi les plus représentatifs. L’œuvre de Mélanie Klein a imprimé une profonde mutation à la pensée de Freud. L’importance du mouvement kleinien dans la psychanalyse contemporaine justifie donc que nous nous y attardions. Mais on sait que ce courant suscite de nombreux opposants, depuis longtemps. Une des critiques qui lui sont adressées est l’improbabilité élevée de ses spéculations, surtout à l’âge où Mélanie Klein les situe. Depuis Anna Freud, le courant dit de psychanalyse génétique, qui débuta avec René Spitz et se poursuivit entre autres avec Margaret Mahler, véhicule les opinions de ceux qui soumettent les théories du développement à une étude systématique. H. Roiphe et E. Galenson ont à cet égard décrit des réactions de castration préœdipiennes. À l’opposé de ces vues essentiellement fondées sur une vision qui accorde le primat à l’histoire ou à l’ontogenèse, les conceptions de Jacques Lacan reflètent une option tout à fait opposée dite structurale, qu’on a rapprochée du structuralisme. Lacan prend ses distances aussi bien à l’égard de toute inférence d’un soubassement organique de la sexualité (bien qu’il admette la solidarité somatique-psychique), de même qu’il dénonce aussi bien les leurres de l’imaginaire kleinien que ceux de l’observation toujours suspecte peu ou prou de relents de comportementalisme.