Avertissement à la troisième édition

Je ne pense pas, sauf erreur, que cette troisième édition appelle de ma part des compléments ou des ajouts concernant la littérature parue à ce sujet. Le contenu est donc semblable à celui de la première édition.

Ce qui, en revanche, a fait l’objet de nombreuses discussions est la place dudit complexe dans la théorie psychanalytique. Une conception dite « classique » voudrait limiter ce complexe à la phase phallique, en refusant d’y inclure tous ses prédécesseurs prégénitaux. Cette position restrictive ne correspond pas à la manière moderne d’envisager ce complexe. S’il est vrai que celui-ci est bien caractéristique de son lien au complexe d’Œdipe, il n’en reste pas moins que de plus en plus souvent, on considère l’Œdipe moins comme une étape de la sexualité infantile qu’on ne l’envisage comme une structure rendant compte de toutes les expériences de manque ou de perte : perte du sein dans la phase orale, au moment où l’objet se sépare du soi comme entité distincte, perte de l’objet fécal dans le dressage sphinctérien, etc. Dans cette perspective que l’on doit surtout à Lacan, le complexe de castration est un agent symbolique fondamental pour signifier le manque. Il ne me semble pas qu’il faille choisir entre ces deux conceptions mais plutôt nuancer leur articulation, car s’il est vrai que c’est bien au décours du complexe d’Œdipe que s’illustre clairement la problématique de la castration, les étapes antérieures qui l’ont précédé pourraient être considérées comme les précurseurs d’une telle organisation, qui inclut potentiellement ce complexe de castration, sans pour autant être confondue avec lui. On voit bien que cette articulation nécessite surtout un réaménagement de la conception du temps en psychanalyse, problème auquel nous nous sommes consacré dans des ouvrages antérieurs1.