Introduction

Dans ces causeries8, j’ai esquissé les grandes lignes d’une future théorie systématique. Je me suis gardé de prêter à l’auditeur ou au lecteur une connaissance préalable des travaux consacrés à l’étude des familles (que ce soit sur le plan thérapeutique, expérimental ou théorique), particulièrement aux États-Unis, au cours des vingt-cinq dernières années.

Il serait trop long de dresser la liste complète des personnalités marquantes en ce domaine, et il serait injuste de ne mentionner que les quelques-unes qui m’ont particulièrement influencé, les unes par leurs écrits, les autres par leur amitié ou leur collaboration, d’autres encore par des voies indirectes.

J’espère que mes confrères prendront quelque intérêt à la lecture de ces pages. La théorie des ensembles, notamment, trouve son application en matière de linguistique, de mythologie et en d’autres domaines des sciences sociales. Pouvons-nous appliquer cette méthode de pensée à l’étude psycho-sociale des familles dans notre société ? J’en suis convaincu. Mais à quoi cela nous conduira-t-il ? Sera-ce fructueux ? Cela nous rendra-t-il capables de nouvelles découvertes, de voir plus clairement de mieux comprendre ? Cela enrichira-t-il la thérapeutique et aidera-t-il nos recherches à aboutir ? Nous ne le savons pas encore. Il s’agit peut-être d’un cul-de-sac9. Je crois pourtant que le risque vaut d’être pris. Peut-être s’agit-il d’une issue au cul-de-sac dans lequel, en particulier, certaines des recherches les plus sérieuses en ce domaine peuvent se trouver enfermées. Si prudentes et si méticuleuses soient-elles, ces recherches conduisent parfois à un type d’analyse des interactions familiales qui n’apporte aucune réponse aux questions essentielles. Nous avons dit nous-même qu’il est vain de poser des questions quand nous ne disposons pas d’une méthodologie permettant d’y répondre. Mais entre l’impossible et le banal il y a peut-être une troisième voie. C’est elle, en tout état de cause, que je voudrais m’employer à trouver.