La Philadelphia Association : huit foyers communautaires à Londres (1964-1974)

Ces extraits d’une récente brochure de la Philadelphia Association, dont le Dr Laing est président, décrivent certains des buts et des réalisations de ce groupe.

Philadelphia (Grec) : amour entre frère et sœur.

… J’ai placé devant toi une porte ouverte qu’aucun homme ne peut fermer.

Révélation, 3 : 8

Extraits des articles de l’Association Libérer la maladie mentale de toute description, particulièrement la schizophrénie.

Entreprendre, et poursuivre des recherches sur les causes de la maladie mentale, les moyens de sa détection, de sa prévention et de son traitement.

Fournir une aide matérielle aux patients démunis. Promouvoir et organiser le traitement de la schizophrénie et des autres formes de la maladie mentale.

Mettre sur pied séminaires, conférences et écoles d’été. Publier et subventionner les publications tendant aux mêmes buts que l’Association.

Nos articles de l’Association exposent nos buts en termes appropriés à notre existence, comme une œuvre de Charité.

Nous voulons modifier la façon de voir de la majorité concernant les « faits » de la « santé mentale » et de la « maladie mentale ».

Il s’agit de bien plus que d’une nouvelle hypothèse formulée dans un champ de recherches et de thérapie existant ; c’est une proposition destinée à transformer globalement notre appréhension des problèmes.

Communautés

Il y a huit foyers communautaires à Londres. Ils ont chacun entre sept et onze chambres.

Une maison appartient à l’un de nos membres.

Une maison est gérée au nom de l’Association par un membre.

Deux maisons sont louées avec un bail à court terme et promises à la démolition.

Deux maisons sont louées avec un bail de trois ans.

Une maison est louée avec un bail à long terme.

Chaque maison possède un jardin, l’une a un atelier de poterie et de verrerie.

Notre souci est de faire de ces foyers des asiles, des sanctuaires, et des lieux hospitaliers.

Pour ceux qui y vivent, quels que soient leurs rôles, ces habitations sont des creusets où leurs préjugés sont confrontés à l’expérience directe de la désagrégation, de l’agonie et de la joie, de l’excitation et de l’ennui, de l’espoir et du désespoir, de la vie commune.

Formation

Nos conférences, séminaires, groupes d’études et ateliers sont un forum où les membres, associés, étudiants, amis et visiteurs partagent leur compréhension du monde.

Le chemin suivi est phénoménologique, fondé sur ce que nous a appris une critique de notre expérience. Les sujets étudiés incluent la psychanalyse, l’anthropologie, la phénoménologie, la musique, la littérature, et différentes pratiques physiques et mentales, comme le Hatha Yoga, l’Aïkido… tendant, peut-être indirectement, à nous rendre à nous-mêmes.

Entre juin 1965 et septembre 1974, 316 personnes, 197 hommes et 119 femmes, ont vécu dans nos communautés ; sur les 316, 142 – 80 hommes et 62 femmes – avaient séjourné dans des hôpitaux psychiatriques ; sur les 316, 288 – 182 hommes et 106 femmes – sont partis. La durée de séjour habituelle varie entre trois mois et un an ; sur les 288 qui sont partis, 29 personnes, qui avaient toutes été internées, 9 hommes et 20 femmes, sont retournées à l’hôpital une fois, ou plus, depuis leur départ – pour autant que nous le sachions.