III. Antilles

Sur le coup de deux heures après midi, Fort-de-France était une ville morte ; on aurait cru inhabitées les masures bordant une longue place plantée de palmiers et couverte d’herbes folles, qui paraissait un terrain vague au milieu duquel aurait été oubliée la statue verdie de Joséphine Tascher de La Pagerie, plus tard Beauharnais. À peine installés dans un hôtel désert, le Tunisien et moi-même, encore bouleversés par les événements de la matinée, nous jetâmes dans une voiture de louage en direction du Lazaret, pour aller réconforter nos compagnons et plus particulièrement deux jeunes femmes allemandes qui, pendant la traversée, avaient su nous donner l’impression qu’elles étaient en grande hâte de tromper leurs maris aussitôt qu’il leur aurait été possible de se laver. De ce point de vue, l’affaire du Lazaret aggravait notre déception.

Tandis que la vieille Ford se hissait en première au long de pistes accidentées et que je retrouvais avec ravissement tant d’espèces végétales qui m’étaient familières depuis l’Amazonie, mais que j’allais apprendre ici à désigner de nouveaux noms : caïmite pour fruta do conde – idée de l’artichaut enclose dans la poire – corrosol et non plus graviola, papaye pour mammào, sapotille pour mangabeira, j’évoquais les scènes pénibles qui venaient de se produire et j’essayais de les relier à d’autres expériences du même type. Car, pour mes compagnons lancés dans l’aventure après une existence souvent paisible, ce mélange de méchanceté et de bêtise apparaissait comme un phénomène inouï, unique, exceptionnel, l’incidence sur leur personne individuelle et sur celle de leurs geôliers d’une catastrophe internationale comme il ne s’en était encore jamais produit dans l’histoire. Mais moi, qui avais vu le monde et qui, au cours des années précédentes, m’étais trouvé placé dans des situations peu banales, ce genre d’expériences ne m’était pas complètement étranger. Je savais que, de façon lente et progressive, elles se mettaient à sourdre comme une eau perfide d’une humanité saturée de son propre nombre et de la complexité chaque jour plus grande de ses problèmes, comme si son épiderme eût été irrité par le frottement résultant d’échanges matériels et intellectuels accrus par l’intensité des communications. Sur cette terre française, la guerre et la défaite n’avaient pas fait autre chose que hâter la marche d’un processus universel, faciliter l’installation d’une infection durable, et qui ne disparaîtrait jamais complètement de la face du monde, renaissante en un point quand elle s’affaiblirait ailleurs. Toutes ces manifestations stupides, haineuses et crédules que les groupements sociaux sécrètent comme un pus quand la distance commence à leur manquer, je ne les rencontrais pas aujourd’hui pour la première fois.

C’est hier encore, quelques mois avant la déclaration de guerre et sur la route du retour en France, à Bahia où je me promène dans la ville haute allant de l’une à l’autre de ces églises qu’on dit être au nombre de trois cent soixante-cinq, une pour chaque jour de l’année, et variées par le style et la décoration intérieure à l’image même des jours et des saisons. Je suis tout occupé à photographier des détails d’architecture, poursuivi de place en place par une bande de négrillons à demi nus qui me supplient : tira o retrato ! tira o retrato ! « Fais-nous une photo ! » À la fin, touché par une mendicité si gracieuse – une photo qu’ils ne verraient jamais plutôt que quelques sous – j’accepte d’exposer un cliché pour contenter les enfants. Je n’ai pas marché cent mètres qu’une main s’abat sur mon épaule : deux inspecteurs en civil, qui m’ont suivi pas à pas depuis le début de ma promenade, m’informent que je viens de me livrer à un acte hostile au Brésil : cette photo, utilisée en Europe, pouvant sans doute accréditer la légende qu’il y a des Brésiliens à peau noire et que les gamins de Bahia vont nu-pieds. Je suis mis en état d’arrestation, pour peu de temps heureusement, car le bateau va partir.

Ce bateau me portait décidément malheur ; peu de jours auparavant j’avais rencontré semblable aventure ; cette fois à l’embarquement, et encore à quai dans le port de Santos : à peine monté à bord, un commandant de la marine brésilienne en grand uniforme accompagné de deux fusiliers marins baïonnette au canon me fait prisonnier dans ma cabine. Là, il faut quatre ou cinq heures pour élucider le mystère : l’expédition franco-brésilienne, que je venais de diriger pendant un an, avait été soumise à la règle du partage des collections entre les deux pays. Ce partage devait être fait sous le contrôle du Musée national de Rio de Janeiro qui avait aussitôt notifié à tous les ports du pays : au cas où, nourrissant de ténébreux desseins, je tenterais de m’échapper du pays avec une cargaison d’arcs, de flèches et de coiffures de plumes excédant la part attribuée à la France, on devrait à tout prix s’assurer de ma personne. Seulement, au retour de l’expédition, le Musée de Rio avait changé d’avis et décidé de céder la part brésilienne à un institut scientifique de Sâo Paulo ; on m’avait bien informé qu’en conséquence l’exportation de la part française devrait se faire par Santos et non par Rio, mais comme on avait oublié que la question avait fait l’objet d’une réglementation différente un an auparavant, j’étais décrété criminel en vertu d’instructions anciennes dont les auteurs avaient perdu le souvenir, mais non point ceux chargés de les exécuter.

Heureusement qu’à cette époque il y avait encore au cœur de tout fonctionnaire brésilien un anarchiste sommeillant, tenu vivant par ces bribes de Voltaire et d’Anatole France qui, même au plus profond de la brousse, restaient en suspension dans la culture nationale (« Ah, Monsieur, vous êtes français ! Ah, la France ! Anatole, Anatole ! » s’écriait bouleversé, en me serrant dans ses bras, un vieillard d’une bourgade de l’intérieur et qui, jamais encore, n’avait rencontré un de mes compatriotes). Aussi, suffisamment expérimenté pour accorder tout le temps nécessaire à la démonstration de mes sentiments de déférence envers l’État brésilien en général et l’autorité maritime en particulier, je m’employai à faire résonner certaines cordes sensibles ; non sans succès, puisque après quelques heures passées en sueurs froides (les collections ethnographiques étant mélangées dans les caisses avec mon mobilier et ma bibliothèque, car je quittais le Brésil de façon définitive, j’avais à certain moment la crainte qu’on les mît en pièces sur les quais pendant que le bateau lèverait l’ancre), c’est moi-même qui dictai à mon interlocuteur les termes cinglants d’un rapport où il s’attribuait la gloire d’avoir, en permettant mon départ et celui de mes bagages, sauvé son pays d’un conflit international et de l’humiliation subséquente.

Peut-être, d’ailleurs, n’aurais-je pas agi avec tant d’audace si je ne m’étais encore trouvé sous l’influence d’un souvenir qui dépouillait de tout leur sérieux les polices sud-américaines. Deux mois auparavant, devant changer d’avion dans un gros village de basse Bolivie, j’y fus bloqué pendant quelques jours avec un compagnon, le Dr J.A. Vellard, pour attendre une correspondance qui n’arrivait pas. En 1938, l’aviation ressemblait peu à ce qu’elle est aujourd’hui. Sautant, dans des régions reculées de l’Amérique du Sud, certaines étapes du progrès, elle s’était installée de plain-pied dans le rôle de patache pour des villageois qui jusqu’alors, en l’absence de route, perdaient plusieurs jours pour se rendre à la foire voisine, à pied ou à cheval. Maintenant, un vol de quelques minutes (mais, à dire vrai, souvent en retard d’un nombre très supérieur de jours) leur permettait de transporter leurs poules et leurs canards entre lesquels on voyageait le plus souvent accroupi, car les petits avions étaient bourrés d’un mélange bigarré de paysans nu-pieds, d’animaux de basse-cour et de caisses trop lourdes ou trop volumineuses pour passer dans les pistes de forêt.

Nous traînions donc notre désœuvrement dans les rues de Santa Cruz de la Sierra, transformées par la saison des pluies en torrents boueux qu’on passait à gué sur de grosses pierres placées à intervalles réguliers comme des passages cloutés vraiment infranchissables aux véhicules, quand une patrouille remarqua nos visages peu familiers ; raison suffisante pour nous arrêter et, en attendant l’heure des explications, nous enfermer dans une pièce d’un luxe désuet : ancien palais de gouverneur provincial aux murs couverts de boiseries encadrant des bibliothèques vitrées dont de gros volumes richement reliés garnissaient les rayons, interrompus seulement par un panneau, vitré lui aussi et encadré, présentant l’étonnante inscription calligraphiée que je traduis ici de l’espagnol : « Sous peine de sévères sanctions, il est rigoureusement interdit d’arracher des pages des archives pour s’en servir à des fins particulières ou hygiéniques. Toute personne qui contreviendra à cette interdiction sera punie. »

Je dois à la vérité de reconnaître que ma situation à la Martinique s’améliora grâce à l’intervention d’un haut fonctionnaire des Ponts et Chaussées qui dissimulait derrière une réserve un peu froide des sentiments éloignés de ceux des milieux officiels ; peut-être aussi à cause de mes visites fréquentes à un journal religieux, dans les bureaux duquel des Pères de je ne sais quel ordre avaient accumulé des caisses pleines de vestiges archéologiques remontant à l’occupation indienne, et que j’employais mes loisirs à inventorier.

Un jour, je suis entré dans la salle de la Cour d’assises qui était alors en session ; c’était ma première visite à un tribunal, et c’est demeuré la seule. On jugeait un paysan qui, au cours d’une querelle, avait emporté d’un coup de dent un morceau d’oreille de son adversaire. Accusé, plaignant et témoins s’exprimaient en un créole volubile dont, en un tel lieu, la cristalline fraîcheur offrait quelque chose de surnaturel. On traduisait à trois juges qui supportaient mal, sous la chaleur, des toges rouges et des fourrures à quoi l’humidité ambiante avait enlevé leur apprêt. Ces défroques pendaient autour de leurs corps comme des pansements ensanglantés. En cinq minutes exactement, l’irascible noir s’entendit condamner à huit ans de prison. La justice était et reste toujours associée dans ma pensée au doute, au scrupule, au respect. Qu’on puisse, avec cette désinvolture, disposer en un temps si bref d’un être humain me frappa de stupeur. Je ne pouvais admettre que je venais d’assister à un événement réel. Aujourd’hui encore, nul rêve, si fantastique ou grotesque qu’il puisse être, ne parvient à me pénétrer d’un tel sentiment d’incrédulité.

Quant à mes compagnons de bord, ils durent leur libération à un conflit entre l’autorité maritime et les commerçants. Si l’une les considérait comme des espions et des traîtres, les autres voyaient en eux une source de profits que l’internement au Lazaret, même payant, ne permettait pas d’exploiter. Ces considérations l’emportèrent sur les autres et, pendant une quinzaine de jours, tout le monde fut libre de dépenser les derniers billets français, sous une surveillance fort active de la police qui tissait autour de chacun, et particulièrement des femmes, un réseau de tentations, provocations, séductions et représailles. En même temps, on implorait des visas au consulat dominicain, on collectionnait les faux bruits sur l’arrivée des bateaux hypothétiques qui devaient tous nous tirer de là. La situation changea à nouveau quand le commerce villageois, jaloux de la préfecture, fit valoir qu’il avait lui aussi droit à sa part de réfugiés. Du jour au lendemain, on mit tout le monde en résidence forcée dans les villages de l’intérieur ; j’y échappai encore, mais anxieux de suivre mes belles amies dans leur nouvelle résidence au pied du mont Pelé, je dus à cette dernière machination policière d’inoubliables promenades dans cette île d’un exotisme tellement plus classique que le continent sud-américain : sombre agate herborisée enclose dans une auréole de plages en sable noir pailleté d’argent, tandis que les vallées englouties dans une brume laiteuse laissent à peine deviner – et, par un égouttement continuel, à l’ouïe plus encore qu’à la vue – la géante, plumeuse et tendre mousse des fougères arborescentes au-dessus des fossiles vivants de leurs troncs.

Si j’avais été jusqu’alors favorisé par rapport à mes compagnons, je n’en restais pas moins préoccupé d’un problème qu’il faut bien que j’évoque ici puisque la rédaction même de ce livre devait dépendre de sa solution, laquelle, on va le voir, n’alla pas sans difficulté. Je transportais pour seule fortune une malle remplie de mes documents d’expédition : fichiers linguistiques et technologiques, journal de route, notes prises sur le terrain, cartes, plans et négatifs photographiques – des milliers de feuillets, de fiches et de clichés. Un ensemble aussi suspect avait franchi la ligne de démarcation au prix d’un considérable risque pour le passeur qui s’en était chargé.

De l’accueil reçu à la Martinique, j’avais déduit que je ne pouvais laisser la douane, la police et le 2e Bureau de l’Amirauté jeter, ne fût-ce qu’un coup d’œil, sur ce qui ne manquerait pas de leur apparaître comme des instructions en code (en ce qui concerne les vocabulaires indigènes) et des relevés de dispositifs stratégiques ou des plans d’invasion pour les cartes, les schémas et les photos. Je décidai donc de déclarer ma malle en transit, et on l’envoya plombée dans les magasins de la douane. En conséquence, comme on me le signifia par la suite, il me faudrait quitter la Martinique sur un bateau étranger où la malle serait directement transbordée (encore m’a-t-il fallu déployer des efforts pour faire accepter ce compromis). Si je prétendais me rendre à New York à bord du D’Aumale (véritable bateau fantôme que mes compagnons attendirent pendant un mois avant qu’il se matérialisât un beau matin comme un gros jouet d’un autre siècle, peint à neuf) la malle devrait d’abord entrer à la Martinique, puis en ressortir. Il n’en était pas question. Et c’est ainsi que j’embarquai pour Porto Rico sur un bananier suédois d’une blancheur immaculée où, pendant quatre jours, je savourai, comme un arrière-goût des temps révolus, une traversée paisible et presque solitaire, car nous étions huit passagers à bord. Je faisais bien d’en profiter.

Après la police française, la police américaine. En mettant le pied à Porto Rico, je découvris deux choses : pendant le couple de mois qui s’étaient écoulés depuis le départ de Marseille, la législation d’immigration aux États-Unis avait changé, et les documents que je tenais de la New School for Social Research ne correspondaient plus aux nouveaux règlements ; ensuite et surtout les soupçons que j’avais prêtés à la police martiniquaise relativement à mes documents ethnographiques, et dont je m’étais si judicieusement protégé, la police américaine les partageait au plus haut point. Car, après avoir été traité de judéo-maçon à la solde des Américains à Fort-de-France, j’avais la compensation plutôt amère de constater que, du point de vue des U.S.A., il y avait toute chance pour que je fusse un émissaire de Vichy, sinon même des Allemands. En attendant que la New School (à qui je télégraphiai d’urgence) eût satisfait aux exigences de la loi, et surtout qu’un spécialiste du F.B.I. capable de lire le français arrivât à Porto Rico (sachant que mes fiches comprenaient pour les trois quarts des termes non pas français, mais provenant de dialectes à peu près inconnus du Brésil central, je frémissais à la pensée du temps qu’il faudrait pour découvrir un expert), les services d’immigration résolurent de m’interner, d’ailleurs aux frais de la compagnie de navigation, dans un hôtel austère, dans la tradition espagnole, où j’étais nourri de bœuf bouilli et de pois chiches, tandis que deux policiers indigènes, fort sales et mal rasés, se relayaient à ma porte aussi bien de jour que de nuit.

C’est, je m’en souviens, dans le patio de cet hôtel que Bertrand Goldschmidt, arrivé par le même bateau et devenu depuis lors directeur au Commissariat de l’Énergie atomique, m’expliqua un soir le principe de la bombe atomique et me révéla (on était en mai 1941) que les principaux pays étaient engagés dans une course scientifique qui garantirait la victoire à celui qui se classerait premier.

Au bout de quelques jours, mes derniers compagnons de voyage ont réglé leurs difficultés personnelles et sont partis pour New York. Je reste seul à San Juan, flanqué de mes deux policiers qui, sur ma demande, m’accompagnent aussi souvent que je le désire aux trois points autorisés : le consulat de France, la banque, l’immigration. Pour tout autre déplacement je dois solliciter une autorisation spéciale. Un jour j’en obtiens une pour aller à l’Université où mon gardien de service a la délicatesse de ne pas pénétrer avec moi ; pour ne pas m’humilier, il m’attend à la porte. Et comme lui-même et son compagnon s’ennuient, ils violent parfois le règlement et me permettent, de leur propre initiative, de les emmener au cinéma. C’est seulement dans les quarante-huit heures qui s’écoulèrent entre ma libération et mon embarquement que je pus visiter l’île, sous l’aimable conduite de M. Christian Belle, alors consul général et en qui je retrouvai, non sans étonnement dans des circonstances aussi insolites, un collègue américaniste, plein de récits de cabotages en voilier le long des côtes sud-américaines. Peu de temps auparavant, la presse matinale m’apprit l’arrivée de Jacques Soustelle qui faisait la tournée des Antilles pour rallier les résidents français au général de Gaulle : il me fallut une autre autorisation pour le rencontrer.

À Porto Rico, j’ai donc pris contact avec les États-Unis ; pour la première fois, j’ai respiré le vernis tiède et le wintergreen (autrement nommé thé du Canada), pôles olfactifs entre lesquels s’échelonne la gamme du confort américain : de l’automobile aux toilettes en passant par le poste de radio, la confiserie et la pâte dentifrice ; et j’ai cherché à déchiffrer, derrière le masque du fard, les pensées des demoiselles des drugstores en robe mauve et à chevelure acajou. C’est là aussi que, dans la perspective assez particulière des Grandes Antilles, j’ai d’abord perçu ces aspects typiques de la ville américaine : toujours semblable, par la légèreté de la construction, le souci de l’effet et la sollicitation du passant, à quelque exposition universelle devenue permanente, sauf qu’ici on se croyait plutôt dans la section espagnole.

Le hasard des voyages offre souvent de telles ambiguïtés. D’avoir passé à Porto Rico mes premières semaines sur le sol des États-Unis me fera, dorénavant, retrouver l’Amérique en Espagne. Comme aussi, pas mal d’années plus tard, d’avoir visité ma première université anglaise sur le campus aux édifices néo-gothiques de Dacca, dans le Bengale oriental, m’incite maintenant à considérer Oxford comme une Inde qui aurait réussi à contrôler la boue, la moisissure et les débordements de la végétation.

L’inspecteur du F.B.I. arrive trois semaines après mon débarquement à San Juan. Je cours à la douane, j’ouvre la malle, l’instant est solennel. Un jeune homme courtois s’avance, tire au hasard une fiche, son œil se durcit, il se tourne férocement vers moi : « C’est de l’allemand ! » En effet, il s’agit de la référence de l’ouvrage classique de von den Steinen, mon illustre et lointain prédécesseur dans le Mato Grosso central, Unter den Naturvolkem Zentral-Brasiliens, Berlin, 1894. Immédiatement apaisé par cette explication, l’expert si longtemps attendu se désintéresse de toute l’affaire. Ça va bien, O.K., je suis admis sur le sol américain, je suis libre.

Il faut s’arrêter. Chacune de ces menues aventures, dans mon souvenir en fait jaillir une autre. Certaines, comme celle qu’on vient de lire, liées à la guerre, mais d’autres que j’ai contées plus haut, antérieures. Et je pourrais en ajouter encore de plus récentes, si j’empruntais à l’expérience de voyages asiatiques remontant à ces toutes dernières années. Quant à mon gentil inspecteur du F.B.I., il ne serait pas aujourd’hui si aisément satisfait. L’air devient partout aussi lourd.