Introduction

Étant bien entendu que cet ouvrage ne traite pas des techniques (de psychothérapie psychanalytique appliquées aux psychotique^, j le champ reste vaste qui comprend l’application théorique et pratique des vues psychanalytiques, ou plus vaguement psychodynamiques, aux organismes de soins psychiatriques. C’est de ce champ-là que nous essaierons ici de réunir la récolte.

Nous avons cru nécessaire d’effectuer pour une fois cette revue, qui s’est révélée ardue pour deux raisons. La première est que les psychanalystes qui ont écrit sur les problèmes que nous envisageons ne l’ont généralement pas fait dans les revues spécialisées de psychanalyse, mais dans toutes sortes de revues, dont bien peu sont essentiellement consacrées aux thèmes que nous inventorions. La dispersion des travaux consultés manifeste déjà que l’identité scientifique de notre champ d’investigation est encore mal assise. (3)

Par ailleurs, s’agissant des organismes psychiatriques, la perspective psychanalytique s’articule évidemment (même si c’est pour s’en distinguer) avec toute autre approche du champ d’action institutionnel. Les psychiatres qui ont labouré ce champ sont nombreux et parfois des meilleurs. Leur optique est tantôt teintée de notions d’origine psychanalytique, dont la culture moderne fait un usage courant et souvent élastique, tantôt tout autre que celle de la psychanalyse, la présence de termes spécifiquement psychanalytiques ne portant d’ailleurs pas témoignage de l’inspiration psychanalytique de quelque travail que ce soit.

Il n’en reste pas moins que si la pratique psychiatrique s’est rénovée 9

ces dernières décennies, ce n’est pas seulement et ce n’est peut-être même pas spécialement sous l’influence directe et spécifique de la psychanalyse. Nous aurons donc à effectuer bien des recoupements avec des études fort intéressantes dont la psychanalyse n’est pas l’inspiratrice. Nous sommes loin de le regretter. De même faut-il bien accueillir les recherches de nature sociodynamique, dont on verra bientôt l’intérêt.

C’est ici qu’il nous faut signaler les importantes présentations que l’on trouvera dans les deux chapitres de l’Encyclopédie médico-chirurgicale consacrés à la Thérapie Institutionnelle en 1955 par Daumezon, Tosquelles et Paumelle, et en 1964 par Aymé, Rappard et Torrubia. Mais notre propos ne recouvre pas exactement celui de ces articles.

Il est dans ces conditions bien évident que nous ne pouvons pas échapper au risque d’oublier tel ou tel travail pourtant très utile, dont l’auteur voudra bien d’avance accepter nos regrets. (1)

Il est par ailleurs nécessaire d’introduire un certain ordre dans notre champ d’études, même si cela nous oblige à découper telle ou telle contribution en plusieurs tranches que nous disposerons selon notre propre plan. Celui-ci va, selon un ordre naturel, de l’observation des phénomènes pathologiques à l’aménagement des situations thérapeutiques, en passant par une élaboration conceptuelle, dont il nous faut bien reconnaître, si nous nous en rapportons à nos lectures, qu’elle relève plus souvent de l’opinion que d’une véritable théorie de la technique institutionnelle. 10