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Nous commencerons par ouvrir la voie. Rien de plus indiqué que de revenir à la séduction narcissique : car c’est d’elle – nous le savons déjà – que l’incestuel constitue la complication majeure. Nous revisiterons l’antœdipe. Nous organiserons un face à face entre l’œdipe et l’antœdipe. Nous comprendrons ainsi comment il peut se faire que l’antœdipe dérape vers l’inceste et ainsi fasse pièce à l’œdipe.

Nous serons alors prêts à nous tourner vers l’incestuel : dessiner ses traits et découvrir ses agencements ; mesurer son économie et enregistrer ses échos ; repérer son noyau et suivre ses ondes ; soupeser ses enjeux et dénicher ses véhicules : tout un registre, tout à la fois marqué du sceau du secret et des signes de l’effraction. Dans les individus, dans les couples, dans les familles, dans les groupes, nous étudierons les circulations de l’incestuel. Nous lèverons le voile sur la question des secrets, en nous efforçant de distinguer ceux qui servent et ceux qui asservissent.

C’est alors que pourra se dégager sous nos yeux l’éventail de la pathologie – elle est vaste et diverse – que régit la préséance de l’incestuel.

Il ne nous restera qu’à explorer les chemins ardus et mouvants des ressources que notre nouvelle connaissance offre à notre action thérapeutique. Alors pourrons-nous pour finir nous offrir le rappel de quelques histoires célèbres.

Chemin faisant nous aurons compris quel recours la séduction narcissique va chercher dans la séduction sexuelle, subvertie pour cet usage. De l’incestuel nous aurons perçu l’ignorance qu’il pratique envers le rêve, ainsi que la désaffection pour la tendresse, l’appétit pour l’agir, l’alliance avec le secret, la haine pour le désir et le pacte avec la mort.

Ce que nous ignorons, nous le découvrirons. Ce que nous savons, nous le confirmerons. Et nous espérons que d’heureuses surprises nous permettront d’apercevoir ce qui nous échappe encore.