Annexes

Annexe I. Les conditions prégénitales de l’investissement érotique des voies génitales de la fille et son accès à la pose de son complexe d’Œdipe

Les conditions libidinales de la non-frigidité, articulées par la situation œdipienne, non posée, en voie de résolution ou résolue.

Première étape. Avoir été reconnue et prénommée fille, en descendance génétique symbolique phallique ; c’est-à-dire savoir de ses éducateurs, que l’éducation soit assumée ou non par la mère, sa filiation organique à ses géniteurs, et les relations positives ou négatives qui ont préexisté entre ses géniteurs avant sa conception et sa naissance.

Deuxième étape. a) Avoir reçu de l’instance éducatrice chargée de la fonction parentale, la reconnaissance filiale symbolique, laquelle permet les relations d’introjection phallique structurante : c’est-à-dire que l’enfant naturelle ou légitime reçoive de ses parents la notion d’avoir été adoptée dans son existence sexuée.

Ce droit d’être née fille est délivré ou n’est pas délivré implicitement par l’entité parentale (représenté par tels humains précis et introjectés). S’il l’est, il donne à la fille l’accès à l’Idéal du Moi génital qu’elle manifeste, dès vingt-quatre mois à trente mois, par la verbalisation de son mariage futur et de sa fertilité désirée, attendue ; motivations éthiquement valables qui sous-tendent le travail de l’évolution de la conscience de sa personne jusqu’à son assomption moïque en tant que représentante d’un corps individualisé femelle par un sexe creux attractivo-phallique et autonome par rapport à ses besoins vitaux dans une société de personnes autonomes et sexuées mâles et femelles.

Ces deux « octrois » de droits féminins sont obtenus au cours de la première étape par une dialectique totalement inconsciente pour l’enfant, et partiellement consciente des parents. Au cours de la seconde étape, la dialectique est encore inconsciente entre les parents et l’enfant, mais médiatisée par des paroles et des comportements volontaires, à motivations inconscientes et conscientes.

b) À ces deux « octrois » s’ajoute, au cours de la deuxième étape, la conquête de sa propre gouverne, c’est-à-dire de s’assumer comme individu sexué autonome et d’assurer à soi-même la maintenance, l’entretien et l’investissement narcissique du corps en tant qu’image, à chaque échange substantiel ou émotionnel, davantage constitué phallique dans ses fonctionnements actifs et passifs en complémentation à ceux de sa mère.

Le nourrisson fille, comme le nourrisson garçon, est la présentification au monde des forces vives structurantes, maintenantes et pourvoyantes du sein maternel ambo-sexué, ventre creux et provende phallique à la fois. La fonction phallique maternante est subjectivement présentifiée par l’enfant dans son corps fonctionnant en relation à lui et à distance du corps ventro-mamellaire subjectivement maternel ; la fonction phallique de la libido est interrelationnelle à ces deux créatures, la mère et l’enfant humains. Elle est soumise aux impératifs de la médiation érogène qui les fait devenir, par leur fonctionnement répétitif, objet de désir l’un pour l’autre, alternativement passif et actif voluptueux, c’est-à-dire, par définition des termes actif et passif psychanalytiquement employés, masculin et féminin.

Cette dialectique créative s’objective chez le bébé fillette du premier âge par les jeux de poupées fétiches, préférablement bourrées de tissu et au palper rénitent, au contact tiède, représentatifs de la sensation maîtresse, au contact d’un volume de forme phallique nanti d’un visage ou plutôt d’une face qui permette de s’orienter relativement à lui. Le jour où elle aperçoit le membre du garçon, sa forme et son lieu d’implantation pubienne est alors un plus satisfaisant témoignage du sexe ressenti vivant, comme tout le reste du corps, et comme lui reçu et formé par la mère, jusqu’à l’aube du complexe d’Œdipe. Elle l’envie, il est l’image de son désir.

Le mode de satisfaction érotique est la masturbation anale centrifuge, par les rétentions et les relâchés ludiques sphinctériens, les sautillements du corps pour sentir les sensations périnéales profondes, les balancements actifs et passifs, la masturbation clitoridienne et périvulvaire, les tractions sur les lèvres de la bouche et du sexe, les doigts dans le nez, et, chez les filles beaucoup plus rarement que chez les garçons, les jeux de pénétration anale avec les doigts ou divers objets.

À partir de cette seconde étape qui se situe pour la fille vers trente mois, le rôle du valorisé implicite ou explicite, du permis ou défendu par le milieu, est dominant. Toute la sexualité de la fille est en place pour un comportement sexuel non frigide attractif sexuel génito-génital.

Dans la plupart de mes observations, l’Œdipe est précocement engagé chez la fille, mais il est rarement posé dans son ampleur conflictuelle et n’a pas besoin d’être résolu pour que la fille soit apparemment socialement adaptée (c’est la grande différence avec la condition œdipienne du garçon). Les acquisitions d’adresse manuelle, industrieuses, ménagères et scolaires de la fille peuvent s’acquérir en période œdipienne incroyablement prolongée sans que soient renoncés pour cela les désirs œdipiens sexuels passifs homosexuels ou hétérosexuels pour l’une ou les deux personnes parentales.

Ce droit au narcissisme du sexe féminin clitorido-vulvo-vaginal et au narcissisme du corps doué de puissance sociale de type industrieux féminin pose, en effet, les jalons d’une sexualité concave, vulvo-matricielle qui valorise à distance l’image phallique civique et sexuelle phallomorphe du père, chef de file de toute la gent masculine aimable, dont un représentant phantasmé, magique, promet l’accès au mariage, magique lui aussi, qui fera d’elle magiquement une femme libre, objet de son rêve, ornée d’enfants, magiques aussi, polypes narcissiques de sa personne rêvée, enfants dont elle aimera fixer à l’avance le nombre, le sexe et le destin.

Ces rêves sont, ou non, accompagnés d’orgasmes masturbatoires, selon la liberté laissée au Surmoi oral et anal par le contre-Œdipe parental. Dans le cas de contre-Œdipe inverti (venu de la mère inconsciemment pédéraste ou homosexuelle), la masturbation peut demeurer et même remplir la vie de la fillette et de la jeune fille, provoquant une frigidité dans les relations hétérosexuelles, uniquement par non-adéquation du style d’excitation que son partenaire lui octroie avec celui duquel elle a l’habitude. Mais, dans les cas de parents non contre-œdipiens, la fillette peut renoncer à la masturbation sans pour cela poser les conditions de l’Œdipe. Son excitation narcissique s’éveillera lors des rapports sexuels, avec un représentant quelconque de la société, homme ou femme, qui voudra l’initier aux jeux érotiques. Cette femme ne sera pas frigide et pourtant sera une œdipienne, c’est-à-dire encore très fragile dans sa personne non structurée. Il y a donc deux types de non-frigidité : la non-frigidité pré-œdipienne, la plus répandue, et la non-frigidité après résolution œdipienne, et après période de latence qui, elle, est apparemment frigide, mais en fait structurant la personne sur des positions génitales d’adultes : en voie d’évolution et d’éclosion si la libido dénarcissisée (orale et anale sublimées, jointes à la libido génitale guérie de son deuil œdipien) investit des personnes aux désirs génitaux eux aussi marqués du sceau de la castration narcissique œdipienne structurante.

Les conditions de la non-frigidité saine, c’est-à-dire après dépassement de la phase de latence et après renoncement aux positions libidinales œdipiennes, sont l’acceptation narcissique d’une libido orale et anale au service du corps propre phallique polarisé par le sexe vulvo-vaginal. L’investissement utéro-annexiel peut y être tout à fait inconnu encore et n’est obtenable, lié à un amour extra-familial objectal, qu’après structuration de la personne de la femme sur des positions sublimées de libido orale et anale, et après la résolution de la situation œdipienne et sa blessure narcissique génitale, jusque dans l’imaginaire.

La conversation d’un narcissisme primaire rayonnant et la disparition du narcissisme secondaire entièrement pulvérisé par les options culturelles créatrices dans lesquelles la libido, dans ce qui n’est pas vécu inter-narcissiquement avec l’objet de relations génitales, trouve son expression, donnée au troisième terme de toute relation interpersonnelle chaste ou érotique, témoigne de l’accès de la jeune fille au niveau endogène de développement sexuel génital ; qu’elle en ait ou non conscience, elle est prête à recevoir et donner dans une relation interpersonnelle génitale. De telles jeunes filles ou femmes célibataires valorisent leur célibat d’attente mais ne le survalorisent pas narcissiquement, et le font encore moins de leur pucelage.

L’étude psychanalytique des comportements érotiques interpersonnels nous enseigne que la localisation dans la région génitale des désirs sexuels et la dominance de libido érotisant la région génitale ne veut pas dire que la fillette, la jeune fille ou la femme ait atteint ipso facto le niveau d’évolution émotionnelle caractéristique de la libido structurée génitalement. Le narcissisme secondaire peut très bien n’en être que le seul responsable, signant la stérilité symbolique des échanges avec autrui.

Le désir du pénis érectile pénétrant, support image de l’angoisse de viol n’est réveillé que par le désir prégnant de fertilité procréatrice dans des conditions de contact corporel que la magie des fantasmes, avec ou sans masturbation, tient longtemps à distance. L’éventuelle angoisse de castrer l’homme est évitée d’une part grâce au flou de la vie imaginaire magique ; d’autre part grâce à la suffisante cohésion de l’image du corps phallomorphe de la fille, établie à l’époque socialisée anale, assurée dans sa puissance pragmatique, c’est-à-dire non morcelable ; enfin grâce à la dominance clitoridienne. Les exploits imaginaires prêtés par les plus mesurées des jeunes filles à « leur futur », – situation brillante, relations, séduction – sont, à quinze ans, la continuation des contes du beau jeune homme aux épreuves triomphées qui épouse la fille du roi. Dans l’enfance, il s’agit d’une transposition littéraire et imagière du clitoris, jeune homme phallus parure ou phallus déchu par retrait de reconnaissance, ou né d’une famille ruinée mais de haute lignée.

Les rêves d’adolescentes, tout aussi narcissiques et aussi vulvaires que clitoridiens, mais œdipiens, toujours avec un accent plus ou moins hétérosexuel ou homosexuel, font intervenir les épreuves pour la jeune fille, les haines de belles-mères, les jalousies de mères, le détour difficile des entraves mises par le père jaloux à la réunion des amants. Le « futur » est parfois abusé mais jamais négatif à la jeune et sage amante qui, dans son miroir, contemple sa valeureuse image méconnue. Tranquillement frigide ou, parfois se croyant Messaline par prurit nymphomane, elle reste inexpérimentée pour ce qu’il y a d’humain dans les rencontres avec les hommes, minaudière ou provocante œdipienne jusqu’au passage des bras parentaux au bras du futur que détermine la situation « en rapport » ou « l’accident » qui, hors de la responsabilité humaine, décide de la partie pour ce qui est du couplage des états civils et du patronyme de sa descendance dont les premiers représentants servent de catharsis aux désirs incestueux vis-à-vis de la mère puis du père, longtemps atermoyés mais toujours vivaces.

Les comportements émotionnels et les réactions psychosomatiques de telles mères et de leurs fœtus, de telles mères et de leurs nourrissons du premier âge, quand on analyse les soubassements psychodynamiques inconscients chez les mères, apportent la clef de cette pathologie dans la pérennité d’introjections de mère dévorante (chez la mère), concernant ses coïts féconds et ses grossesses. Surmoi oral du premier âge digestif s’opposant au Moi génital ; Surmoi anal expulsif s’opposant à la nidation ; Surmoi phallique œdipien s’opposant aux coïts frangés d’inceste ou de rivalité mortifère coupable à la belle-mère ou la belle-sœur, substituts maternels de l’Œdipe toujours actuel et transféré sur le conjoint fétiche de pénis ; ou encore Surmoi phallique rival s’opposant à l’amour pour le conjoint sous prétexte de son amitié pour la personne d’un homme qui doit être soit adorné par séduction, soit repoussé par rivalité homosexuelle patente.

L’inaccession à la résolution œdipienne, concomitante de l’acceptation créatrice de la personne au service de la génitalité du Moi liée au Surmoi génétique, est patente dans tous les cas où une jeune fille qui a atteint sur des positions œdipiennes un niveau culturel (arts, littérature, mathématiques, sciences, relations sociales, amitiés) voit, dès son accès à une vie amoureuse de femme ou de mère où son corps est engagé, se désinvestir des positions culturelles passées ; pour ne repartir vers des intérêts culturels nouveaux qu’à travers des liaisons extra-conjugales homosexuelles ou adultères survenant après quelques années de vie conjugale typiquement œdipiennes, suivies d’une phase dénarcissisante de résolution œdipienne, accompagnée de dépression légère, de traces obsessionnelles ou hystériques dont les enfants sont la justification. L’apparition de frigidité clinique succède aux débuts nymphomanes ou fétichiques d’une vie apparemment conjugale et maternelle qui ne peut se développer sainement. Ces éducations, sources de conflits conjugaux et maternels, répondent à une névrose maternelle qui se reconduit de mère en fille car elle n’a pas le droit endogène du fait. Un Surmoi non génital génétique interdit à l’enfant de se comporter librement et les acting-out cathartiques ne sont pas, malheureusement, comme dans le transfert analytique, ramenés à leur cause transférentielle, c’est-à-dire narcissique, à la structuration génitale de sa personne ni à des émois intrapersonnels, encore moins interpersonnels2 génitaux qu’on a qualifiés d’oblatifs et qu’on devrait qualifier de narcissiques décentrés dans le fruit. Le développement de la personne selon la topique freudienne Moi-Ça-Surmoi, Idéal du Moi et Moi Idéal, implique une possibilité d’autonomie du sujet par rapport à son entourage immobile, animé et humain. Il s’agit donc d’un Moi Idéal phallique constitué dès le stade oral. Le Moi phallique de la fille résulte d’un investissement de libido objectale active et passive, orale et anale, assumée par le sujet, en accord avec les adultes qui l’éduquent, vis-à-vis de son corps propre constitué comme beau phallomorphe, utile et aimable dans sa présence à l’autre et à lui-même, identifié à l’autre. Le Moi phallique de la fille subit le traumatisme de la castration primaire au moment de l’apercevance du phallomorphisme sexuel des garçons. Cette blessure narcissique devient symbolique de l’accès à sa féminité dans le cas d’une plus-value de sa personne pour les garçons, lorsqu’elle la sait liée à cette caractéristique non phallomorphe de son sexe. Le Moi – toujours phallique de la fille – assume alors son sexe creux et clitoridien selon son option à l’idéal de son Moi phallique qui l’incite à une dynamique centripète phallique de séduction des personnes au corps et au sexe phallomorphes, par identification de comportement et introjection des désirs des femmes de son milieu (maîtresses à vivre) et plus particulièrement les femmes couplées et fécondes.

Dans le cas d’une acceptation implicite de son sexe par la fille elle-même, du fait de ses relations prégénitales à la nourrice et à son milieu, et du fait de ses parents actuels, grâce au respect tolérant de ses fantasmes œdipiens, auxquels ils ne répondent pas par un contre-Œdipe lorsqu’elle les verbalise ; grâce au respect amusé de l’expression de sa féminité culturelle qui cherche sa voie, poussée par ses pulsions œdipiennes, et que les adultes guident dans des expressions extérieures à son milieu familial, la fille développe une confiance en sa personne, venue de la non-immixtion parentale dans sa vie culturelle, ce qui lui permet de s’affronter et de s’allier à d’autres filles dans des comportements de rivalité féminine culturelle créatrice avec sa mère ou son substitut et non de soumission à ses conseils ou à ses goûts. En même temps la fille désire, dans son sexe creux, attirer le sexe de son père et souhaite explicitement ou implicitement, dès l’âge où s’est posée l’identification à sa mère dans sa relation génétique, en avoir un enfant. L’expérience nous montre que cet enfant réel du père doit être consciemment espéré et consciemment charnellement renoncé à jamais, et qu’il en est toujours ainsi comme on l’observe quand l’enfant se permet de parler, pour que la fille entre réellement dans la sécurité d’une personne sociale autonome en vie mixte, à égalité de valeur émotionnelle et civique symbolique avec la personne de ses parents et de toutes les autres personnes, capable d’être responsable de ses actes, c’est-à-dire délimitant clairement le rêve de la réalité licite. La pérennité des traces de la vie œdipienne reste imaginaire et non refoulée, donc interhumaine mais culturellement sublimée. La conservation d’une vie imaginaire amorale concomitante d’une vie pragmatique et interhumaine morale est la seule assurance de sécurité pour sa descendance à qui est donné en fait l’exemple de la vie sensorielle comportementale interhumaine morale, tandis qu’est laissée aux dires des enfants et aux dires et aux faits culturels esthétiques la liberté du rêve. Il n’y a pas alors contamination projective de la responsabilité génitale par une culpabilité anale névrotique.

C’est ce dégagement parental quant à ses attractions sexuelles, à ses moyens et à ses fins, qui permet les options de tendresse décharnellisée, les options de cœur dégagées de faire et recevoir plaisir sexuel. La fille ne peut y atteindre que dans le renoncement à rester une enfant, c’est-à-dire une mineure pour son père ou pour sa mère, ou une mineure civique ou sociale, et dans le renoncement à avoir un enfant réel dans le climat de leur ambiance secourable ou de toute ambiance où elle reçoit plus de secours qu’elle n’en donne à son conjoint.

Ce renoncement de l’enfant mythique de l’Œdipe dans la demi-responsabilité doit, au moment de l’Œdipe, être vécu jusque dans sa vie imaginaire, c’est-à-dire qu’elle doit renoncer à élever un enfant qu’elle adopte comme le sien dans le climat de cette ambiance amoureuse de mineure dépendante. Alors peut éclore, après l’épreuve inévitable de sa solitude intérieure dramatiquement ressentie, avec son risque encouru de rémanence de castration anale et phallique prégénitale, de rémanence du sevrage, une tendresse vraie de la fille pour ses parents, sans dépendance. Elle peut alors les aimer comme des personnes libres, dont elle est libérée aussi, à qui elle peut se montrer secourable ou leur demander amicalement secours, et elle peut librement s’engager dans une option culturelle et professionnelle qui la situe à sa place créative dans le groupe social mixte. Là, des options extra-familiales charnelles et de cœur pourront s’éveiller sans rivalité subjective d’interférence coupable avec les images familiales.

Combien voyons-nous de ces mutilations symboliques de parents, se répercutant chez leurs enfants, et qui viennent de ce non-renoncement, non pas à l’aide dans l’éducation de leurs enfants que les grands-parents peuvent et doivent donner à leurs petits-enfants, mais à l’appui indispensable et contractuel, non résiliable, des parents ou des beaux-parents, à l’abri de leur toit, à leur perfusion d’argent reçue comme un dû, bref, à l’œdipisation de la vie conjugale en résonance avec la névrose inter-œdipienne des parents et beaux-parents vis-à-vis de leur descendance ainsi prisonnière de leur propre impuissance.

De telles situations provoquées, acceptées ou subies par les ascendants vivants, font d’eux ce qu’ils sont libidinalement, de réels monstres sacrés. L’autonomie complète de la jeune fille et de la femme donnée à un homme et le plein accès à la vie responsable sont, à n’en pas douter, la seule voie d’accès à la libido génitale affective, portant, après les risques assumés par elle de ses options sexuelles, de ses rencontres émotionnelles et sexuelles, son fruit libre qui est l’accès à la stature libidinale génitale personnelle et sexuelle de tout adulte.

1 Cf. note a, p. 213.

2 Intrapersonnels et interpersonnels sont les termes qu’a heureusement introduits dans la littérature psychanalytique le professeur Lagache lors de son rapport aux Journées de Royaumont, 1938. (Note de l’auteur.)

Annexe II. Étude chez la fille de l’image libidinale du corps propre, médiation langagière intra-narcissique ; puis de l’image érogène, médiation langagière avec l’objet, enfin socialisée à la recherche de sa complémentation génitale et de son fruit, hors des limites propres de sa corporéité

Nous considérerons le développement sexuel de la fille en ce qu’il est sous-tendu par la libido génitale, c’est-à-dire par ce qui, en elle, va devenant adulte fertile. N’oublions pas qu’aux débuts de la vie elle a été morcelée imagièrement et ressentie fonctionner en participation au mode des rencontres de la phase orale, anale et cloacale avec l’objet libidinal du moment.

Dans le processus du développement sexuel de la fille, on assiste à la succession des étapes suivantes :

1. La phase passive orale et anale. – Réceptivité du mamelon ; préhension du sein ; succion ; relation additive, réplétive de cavité, centrale à la masse de son corps par la partie polaire du tube digestif au centre de la masse céphalique ; expulsion passive d’une partie polaire au centre du siège, masse de la région sacro-pelvienne ; relation soustractive, libératoire passive (à plaisir) de ce dont la masse est remplie tubulairement en relation avec la masse centrale.

2. La phase sadique orale et anale. – Le « faire » obligeant ou désobligeant, repousser par plaisir le trop-plein énergétique par les pôles connus ; les sens vocalisés, la parole, action manœuvrante de même style, à distance (la curiosité, la médisance, le mensonge sont des sublimations datant de cette phase, l’imagination et l’hallucination s’y articulent aussi).

3. La phase phallique. – Attraction à soi du pénis d’autrui, sur un mode attractif fonctionnel oral, pour une absorption puis une exhibition expulsive sur un mode anal d’un pénis centrifuge ; tentative de survalorisation du pénis centrifuge que représente le clitoris ; le déplacement sur toutes les émissions sthéniques ; la capacité d’apprendre pour acquérir du savoir et le montrer par le « dire », par le « faire », substituts phalliques péniens, déplacement de l’éthique de « ne pas l’avoir », pour

susciter la séduction, et découverte du pouvoir attractif d’être femme, pouvoir monnayable.

4. La phase vulvaire. – Presque concomitante : découverte des replis puis découverte et survalorisation clitoridienne et vaginale ; les valorisations de creux, les secrets, les cachettes, les boîtes ; l’intérêt ménager pour les voiles, les rideaux, les plis ; dévalorisation des « faux plis » inesthétiques et importance de la vestimentation, saisonnièrement désaffectée, pour être toujours incomparables et mises en valeur, à la localisation du dérisoire pénis centrifuge, le clitoris, ce bouton érectile, les deux autres à la poitrine, tous trois insuffisamment gratifiants pour qu’on en parle. Valorisation des « ballons » charnels : seins, fesses, joues.

Cependant, certaines fillettes malgré les déplacements culturels décoratifs continuent, quand il n’y a personne à s’exhiber, à se donner quelques voluptés localisées masturbatoires narcissiques :

— les tractions sur mamelons et lèvres vulvaires ;

— l’excitation clitoridienne à sensation ambiguë érectile éveillant l’option juxtaclitoridienne, l’ouverture vulvaire.

On assiste au passage de l’envie du pénis centrifuge, souvent facilement renoncée, à l’envie du pénis centripète avec érectilité des petites lèvres et du vagin orbiculairement érectile à pulsions passives, attractives, raptrices, cachées dans les replis de la vulve appétitive. On assiste alors, dans le médiatisé, au développement des forces attractives, séductrices, agressives mais passives, non extérieurement signifiables de façon immédiate et cependant verbalisées d’une attente assoiffée, affamée, patiente, continue, rusée, guetteuse (regards intenses liés à des postures de défense ou de fuite, curiosité déniée). Soins aux représentants du pénis excrémentiel, médiatisé dans le fétiche du corps propre valorisé en tant qu’être animal, parfois humain, c’est-à-dire ayant un visage, la poupée « maniable », manipulable, maîtrisable.

En clinique, on peut voir des traumatismes en cas de grandes dimensions du fétiche car il est support de représentation du corps phallique en trois dimensions. L’image spéculaire plane est déjà traumatisante et schizoïdante dans une fascination morbide qui n’apparaît qu’en l’absence d’objet vivant d’échanges oral et anal.

5. Continuation de l’investissement vulvo-anal.

— Un temps – en tant que fonctionnement attractif, pour le père par l’odeur, dédouanant pour la mère par le matériau fourni (les selles) et l’entente caractérielle de sexe homosexuel intergratifiante qui en résulte entre elles.

6. L’envie renoncée d’être porteuse de pénis centrifuge fait place à la mise en œuvre d’attirer le pénis centripète et son désir de pénétrance, par la valorisation dans les images de base (statiques) du corps propre, de parures, d’enveloppement de voiles et de rideaux au dessin des fenêtres des maisons, représentées en transparence, le phallus lumière visible à travers les murs et attirant à l’intérieur, représentation allégorique de son corps interne creux accueillant, de tentures, d’objets creux pleins de trésors attractifs qui sont magiques s’ils réussissent à obtenir un regard qui la remarque. La fille développe une conduite de recherche : un sourire, un hommage (être saluée), une fréquentation (une danse), un cadeau de l’objet masculin significatif de son désir d’intromission (bague), de possession (bracelet), de sceau de secret (baiser). C’est la recherche d’un signe venu d’un homme susceptible de devenir objet de désir par reconnaissance mutuelle.

7. La valorisation dans l’image du corps fonctionnelle d’expression kinétique et d’échanges des mouvements gracieux, plaisants, c’est-à-dire enveloppés, souples (plis) de la danse, péristaltiquement ondés plus qu’articulés segmentairement ;

8. La valorisation d’une intériorité de relation à autrui enveloppante, captante, une éthique corporelle voilée.

Odeur, couleur, brillance cachée, secrète, dans les replis du corps qui, donné ou prêté pour un contact même parcellaire, signe un pacte de cosensibilité ; cette symbolisation passe dans un objet-contenant : sac, poche, écrin, bijoux.

L’illusion de castration a fait place à l’acceptation d’un fait spécifique du sexe et, en cela, a rendu la fille beaucoup plus attentive à ses sensations réceptrices qu’avant la découverte de la différence de forme en relation d’objet, échanges de secrets, de menus dons magiquement valorisés (porte-bonheur), représentants médiatisés de non-périssable, consommation orale ou d’excréments non périssables.

9. Si elle peut savoir qu’elle a été désirée fille par son père, elle accepte la découverte de sa forme trouée en surface, creuse et réceptive en profondeur, comme une valeur pour les garçons, valeur semblable que possède sa mère et qu’il approuve donc. Elle apprend que les autres filles et sa mère sont ainsi faites et sa déconvenue fait place à la découverte d’une dialectique des sexes basée sur la valeur éthique et esthétique contradictoire à celle des seules identifications et rivalités des formes et où s’ébauchent les prémices de l’éthique génitale de la complémentarité sans échange additif ou soustractif de masse nécessaire à prouver la valeur de l’échange, et sans la notion commerciale du troc, dévolu aux échanges de choses ou de matériau oral et anal, même valorisées. La notion du pouvoir du dire et du faire sur l’émotionnel non signifié a préparé, par l’utilitaire et le plaisir, la notion d’un pouvoir sexuel par l’acceptation d’une dépréciation formelle apparente, d’un pouvoir féminin d’amour différent du pouvoir masculin et qui vise à le circonvenir : bagues, colliers, bracelet encerclant les segments de corps symboliques d’érectilité corporelle de la fille. Lui, le garçon, au contraire, doit toujours se défendre dans les périodes intermédiaires de son désir à composantes naturelles d’exhibitionnisme sexuel érectile (car il pourrait paraître castré), par un exhibitionnisme de puissance dont sa bourse est le témoin. Une fillette voyant une statue hindoue couverte de bagues aux mains et aux pieds s’exclame : « Eh bien, celle-là, elle est vraiment mariée ! » La fillette, elle, développe la valeur de son intériorité corporelle sexuelle et émotionnelle par des qualités de réserve, de contention d’émois qui s’exprime par le comportement modeste, comportement sécurisé, sans nécessité d’aucune arme pour se défendre ni de preuve pour en témoigner. On assiste au développement du « charme » qui s’exagère en maniérisme si l’angoisse de viol traumatique contamine le désir de viol voluptueux.

10. L’enfance de la petite fille qui a accepté son sexe inapparent est donc beaucoup moins anxiogène que celle du garçon, ce que nous constatons en éducation et en pédiatrie psychosomatique. Il ne lui est demandé socialement que d’être « sage », c’est-à-dire concentrée en elle-même, absorptive de valeurs, de processus, de comportements de corps phalliques actifs et passifs d’un entourage qui la valorisent en elle-même déjà dans la société des personnes parentales dont les corps sont comme le sien, symboles phalliques. Lorsque son avidité sexuelle transparaît, le danger endogène apparaît. Le thème culturel du conte de Flocon d’or et des trois ours aux droits respectifs de phallus hiérarchisés, le grand, le moyen, le petit, raconte les risques d’une féminité avide qui sauve son narcissisme. Il illustre cette époque. Sans que nul n’ait à démasquer en elle les émois sexuels qu’elle enfouit et réserve pour le prince charmant de l’avenir monté sur son fougueux animal, à la fois décidé, tendre et séduit, alors qu’elle les éprouve invisiblement naturellement déjà. Elle gagne l’estime des adultes dans tout ce qui est culturel et selon qu’elle accepte cette adaptation par identification et par introjection, dans un comportement apparemment émotionnellement assez passif quoique kinétiquement actif comme une – petite – personne et qu’elle développe corporellement des qualités maîtrisées d’exhibitionnisme kinétique charmeur à distance, qui ne la mettent absolument pas directement en danger.

Nul doute que la personne, c’est-à-dire la libido du Moi, est gratifiée chez la fille par le non-souci de ce membre précieux, le phallus, vecteur à angulation variable sur le corps propre, ce dernier représentatif phallique aussi, et pour autrui, hélas ! bien supérieur dans sa forme et sa taille à ce membre tour à tour triomphant et décevant, lié fonctionnellement jusqu’à la puberté, à la décharge excrémentielle dont le souci ne le lâchera pas, même quand cette décharge, dont le pénis est l’instrument passif, n’apportera plus la volupté ambiguë qu’elle apporte au petit garçon.

Pour le garçon, la phase pré-œdipienne est marquée par le dilemme : qu’est-ce qui est important ? Ce membre érectile et puissamment érotogène et que n’ont pas les filles, ou son corps entier kinétique à verticaliser, à assumer soi-disant invulnérable, aux issues qui doivent rester à fonctionnement énergétique visiblement centrifuge pour rester inviolables, corps qui souvent, au même âge qu’elles, par rapport à celui des filles ne lui rapporte pas autant de plaisir narcissique que le leur et bien des déboires d’impuissance subjective.

Le vecteur de l’éthique masculine est soumis à une double valorisation : exhiber le sexe phallique et exhiber sa personne dans sa représentation polyphallique et poliphallique (c’est-à-dire dans sa valeur fonctionnelle de mâle et dans sa prestance sociale exemplaire).

Le narcissisme du garçon est pris entre ces deux exhibitionnismes à sens perpendiculaires, celui de la grandeur et de la rectitude du corps éthique du prestige paterno-maternel et la rectitude affichée du pénis par mépris des attitudes cachées, sournoises des filles, éthique du pouvoir membré, percutant, violent, conquérant par les armes visibles. La dissimulation, la prudence corporelle, l’économie, le sens de conservation sont choses de filles. La franchise et l’attaque risquée, choses de garçons.

La fragilité du terrain narcissique conquis par le garçon vient de son angoisse de castration et, en même temps, chaque conquête l’entretient – son pénis est peut-être jalousé par son père, son pénis est peut-être moins grand que celui de son frère, son pénis va peut-être éclater, rapetisser, que sais-je ? un enfant craignait que son pénis ne se vengeât de lui parce qu’il lui avait parlé comme à un chien (les mères l’appellent la bébête) pour le gronder de s’ériger contre son gré ou de ne pas faire le beau en s’érigeant à son gré. Il va disparaître comme les fèces, il va casser, pourrir comme une branche ; ou bien peut-être ne va-t-il plus jamais s’ériger, ou, au contraire, plus jamais le laisser en repos. Que de soucis endogènes visibles et non dissimulables à soi-même et peut-être à autrui et quel danger sûrement localisé, impossible à cacher à l’ennemi, le grand guetteur, le géant, curieux, jaloux, très fort, l’adulte, celui dans lequel il voit son image agrandie, la mère, puis le père, assez maître de la mère pour se l’être acquise après l’avoir châtrée.

Plus il se sent la mâle turgescence pénienne, plus il lui faut partir en guerre pour la risquer, fendre ou pourfendre, afin d’assurer la certitude de sa personne par-delà les éclipses de son érectilité pénienne. Ces morceaux de bravoure et de prestance, quand ils sont répétés par les dires de l’entourage admiratif, lui permettent de souffler pendant les moments dépressifs ; il peut espérer que ses prouesses sportives et guerrières le mettront à l’abri des vérifications de puissance génitale localement pénienne.

L’agressivité masculine a, dit-on, et c’est vrai, les moyens corporels et les droits sociaux de s’exprimer. C’est ce fait social qu’on retrouve à la base des revendications des filles et des femmes mal adaptées à l’épreuve de la vie sociale mixte, où la condition masculine y est parfois vue comme avantageuse aux hommes par les femmes dites féministes. Mais, le devoir de reconnaître une responsabilité dépensière ou fertile qui ne lui incombe souvent pas, d’entretenir la sécurité matérielle de celle qu’il a choisie et qui se dérobe, elle, parfois à ses propres responsabilités, ce devoir masculin d’amant, d’époux et de père bien souvent plus lourd que ses droits, ne lui sont pas contestés. Le prestige mâle a, fort heureusement, la pérennité du nom dans les sociétés patriarcales, dont la nôtre ; mais que d’épreuves à surmonter ! Marquer de son nom et de sa loi la femme et les enfants qu’elle porte de ses œuvres de chair, c’est à l’angoisse de castration due à l’érectilité pénienne capricieuse un réconfort symbolique qui n’est pas de trop. Dans bien des unions légitimes, s’il ne donnait pas son nom et son argent, quel cas ferait-on du mari !

Le garçon, l’homme, doit surmonter ses pulsions passives orales et anales car elles sont non seulement menace de castration, mais aussi de viol ! Ce n’est pas lui qui s’habille avec des plis, valorise les détails attrayants, les mouvements enveloppants. Et il doit aussi, en plus de lui-même, de sa personne et de ses biens à ciel ouvert, assumer, protéger et défendre les engagements qu’il a pris. Et c’est là que le masochisme masculin, dans le fait qu’il doive se refuser à une régression maternante alors qu’elle serait souvent tentante et surtout nécessaire à la restauration du morcellement auquel il est soumis subjectivement beaucoup plus que les filles et encore plus objectivement. En effet, ce morcellement castrateur, il le risque réellement dans le corps à corps des combats, il le risque imaginairement dans les fantasmes érectiles de conquêtes sexuelles suivis de flaccidité pénienne, il le risque symboliquement à travers son nom dans les agissements extra-conjugaux de sa femme, dans les échecs de sa fratrie, de sa descendance.

Quant à son rapprochement du père, dès qu’il l’ébauche corporellement et non fantasmatiquement ou culturellement par une médiation symbolique, s’il est dominé par les affects qui découlent de sa subjectivité projetée, il est terrorisé par l’angoisse de castration pénienne ou testiculaire s’il veut médiatiser par son sexe son amour pour la femme, ou par l’angoisse de viol anal s’il veut s’approcher de son père ou des hommes en rival des femmes, après avoir introjecté sa mère. Ces deux types d’angoisse ont comme effet dynamogène la recherche de médiateurs. C’est pourquoi l’instruction, mais surtout la culture et la création sont affaire d’hommes. Il doit assumer cependant son affrontement au père pour défendre ses armes, développer sa dynamique pragmatique, son corps, son droit à l’érectilité de sa personne en société. Pour son apprentissage il doit recevoir aide et conseils du père ou de son substitut, et, subjectivement encore, il risque aussi l’angoisse de viol si sa masse valorielle n’est pas en mesure de se tenir à distance d’échanges avec lui.

Le dilemme du masochisme et du narcissisme est beaucoup plus important dans l’enfance des garçons que dans celle des filles. Il est même curieusement étrange que cette condition libidinale critique soit, jusqu’à présent, passée inaperçue et que le sort des mâles soit aussi, par les psychanalystes, jugé enviable.

Voyons donc maintenant les raisons d’angoisse exogène du garçon. Qui donc fait la guerre soi-disant « fraîche et joyeuse » ? Par quelles épreuves se rend-on digne non seulement devant les femmes, mais devant les hommes ? (Davy Crocket, celui qui n’a jamais mal, n’a jamais peur.) Un garçon ne pleure pas, la fille, elle, en a le droit. Filles, femmes, père, rivaux, si le mâle ne s’exhibe pas érectile et turgescent, le jugent châtré, le plaignent ou le rejettent. À quelles dures conditions de témoignage constant « d’une forme phallique », l’homme doit-il le droit de se considérer porteur de son sexe ?

À ses côtés, la compagne riche de ce qu’elle cache, se construisant d’émois dont nul n’est témoin dans une continuité et une stabilité physiologique rythmée sans caprice, au rythme immuable des lunes, oui, certes, la femme toujours sûre de sa maternité, sans nécessité du nom en commun avec l’enfant, de son authenticité humaine indépendamment de son expression culturelle et de l’appréciation d’autrui, la femme que, subjectivement, son option seule suffit à authentifier est, certes, au jeu des sorts narcissiques, la mieux partagée.

1 Cf. note a, p. 229.