« Je ne crois plus à ma neurotica »

Les années 1895-1899 où s’accomplit la découverte psychanalytique sont significatives aussi bien par le caractère douteux du combat qui s’y mène que par la façon trop simple dont on en écrit classiquement l’histoire.

Si on lit, par exemple, l’introduction d’Ernest Kris à la Naissance de la psychanalyse13, l’évolution des vues de Freud prend un sens parfaitement clair : les faits – et en premier lieu l’analyse entreprise par Freud sur lui-même – l’auraient contraint à abandonner les premières conceptions ; la scène de séduction par l’adulte, qui s’était jusqu’alors imposée à Freud comme le type même du traumatisme psychique, n’est pas un événement réel mais un fantasme qui n’est lui-même que le produit et le masque des manifestations spontanées de l’activité sexuelle infantile. Freud écrivant sa propre histoire n’a-t-il pas accrédité ce point de vue ? « S’il est vrai que les hystériques ramènent leurs symptômes à des traumatismes fictifs, le fait nouveau est bien qu’ils fantasment de telles scènes ; il est donc nécessaire de tenir compte, à côté de la réalité pratique, d’une réalité psychique. Bientôt, l’on découvrit que ces fantasmes servaient à dissimuler l’activité auto-érotique dans les premières années de l’enfance, à les embellir et à les porter à un niveau plus élevé. Alors derrière ces fantasmes, apparut dans toute son ampleur la vie sexuelle de l’enfant14. » Freud reconnaît son « erreur » : il aurait d’abord imputé au « dehors » ce qui est affaire de « dedans »…

***

Théorie de la séduction sexuelle, le mot à lui seul doit arrêter : élaboration d’un schéma explicatif de l’étiologie des névroses et non pas pur constat clinique de la fréquence des faits de séduction de l’enfant par l’adulte ni même simple hypothèse que de tels faits occuperaient, dans la série des traumatismes, une place prépondérante. Pour Freud, il s’agit de fonder en droit le lien qu’il a découvert entre la sexualité, le traumatisme et la défense : montrer qu’il est dans la nature même de la sexualité d’avoir un effet traumatique, et, inversement, qu’on ne peut à la limite parler de traumatisme et y découvrir l’origine de la névrose que dans la mesure où la séduction sexuelle est intervenue. Quand cette thèse s’affirme (dans les années 1895-1897), le rôle du conflit défensif dans la genèse de l’hystérie, et des « psycho-névroses de défense » en général, est pleinement reconnu, sans que soit pour autant réduite la fonction étiologique du traumatisme. Les notions de défense et de traumatisme sont étroitement articulées l’une à l’autre : la théorie de la séduction, en montrant comment le traumatisme sexuel a seul le pouvoir de déclencher une « défense pathologique » (refoulement), constitue une tentative pour rendre compte du fait, découvert par la clinique (Études sur l’hystérie) que le refoulement porte électivement sur la sexualité.

Arrêtons-nous un instant sur le schéma que propose Freud. Le traumatisme voit son action décomposée en plusieurs temps et suppose toujours l’existence d’au moins deux événements. Dans une première scène dite « scène de séduction » l’enfant subit de la part de l’adulte une tentative sexuelle (« attentat » ou simples avances), mais sans que celle-ci fasse naître chez lui d’excitation sexuelle. Si l’on tient à qualifier une telle scène de traumatique, ce ne peut être qu’en abandonnant le modèle somatique du trauma : il n’y a ici ni afflux d’excitations externes ni débordement des « défenses ». Si l’on doit la qualifier de sexuelle, c’est en tant qu’elle l’est de l’extérieur et pour l’adulte. Mais l’enfant, lui, n’a à sa disposition ni les conditions somatiques de l’excitation, ni les représentations pour intégrer l’événement ; sexuel en soi, celui-ci ne prend pas pour autant de signification sexuelle pour le sujet : il est « sexuel présexuel15 ». Quant à la seconde scène, qui survient après la puberté, elle est encore, si l’on peut dire, moins traumatique que la première : non violente, d’apparence anodine, elle ne tient son efficacité que d’évoquer rétroactivement le premier événement par quelques traits associatifs. C’est alors le souvenir de la première scène qui déclenche la montée de l’excitation sexuelle, prenant le « moi » à revers et le laissant désarmé, hors d’état d’utiliser des défenses normalement tournées vers le dehors, et suscitant ainsi la mise en jeu d’une défense pathologique ou « processus primaire posthume » : le souvenir est refoulé.

Si nous revenons ici sur des conceptions dont on peut penser à première vue qu’elles n’offrent qu’un intérêt historique, dans la mesure où elles paraissent présupposer un enfant innocent, sans sexualité, et aller ainsi à l’encontre d’un indéniable acquis ultérieur, ce n’est pas seulement pour jalonner les étapes d’une découverte.

Ce schéma explicatif, désigné par Freud comme proton pseudos, garde à nos yeux une valeur exemplaire quant à la signification de la sexualité humaine, et cela dans la difficulté même qu’il y a à le penser. En effet il met en jeu deux énoncés majeurs. D’une part – premier temps – la sexualité fait littéralement irruption du dehors, pénétrant par effraction dans un « monde de l’enfance » présumé innocent où elle vient s’enkyster comme un événement brut sans provoquer de réaction de défense : l’événement n’est pas par lui-même pathogène. D’autre part, au deuxième temps, la poussée pubertaire ayant déclenché l’éveil physiologique de la sexualité, il y a production de déplaisir et l’origine de ce déplaisir est cherchée dans le souvenir de l’événement premier, événement du dehors mué en événement du dedans, « corps étranger » interne qui cette fois fait irruption au sein même du sujet.

On trouve déjà dans les Études sur l’hystérie l’idée que le traumatisme psychique n’est pas réductible aux effets acquis une fois pour toutes d’un événement externe sur un organisme. « La relation causale du trauma psychique causateur avec le phénomène hystérique n’est pas telle que le trauma déclencherait le symptôme comme un agent provocateur, symptôme qui persisterait ensuite de façon indépendante. Nous devons bien plutôt affirmer que le trauma psychique, ou plutôt son souvenir, agit à la façon d’un corps étranger qui reste un agent actif longtemps après sa pénétration16. »

Façon surprenante de résoudre la question du traumatisme ; est-ce un afflux d’excitation externe, se demande-t-on, qui traumatise, le sujet, sur le modèle d’une effraction physique ? est-ce au contraire l’excitation interne, la pulsion, qui, faute d’exutoire, met le sujet en « état de détresse17 » ? Or, avec la théorie de la séduction, on peut dire que tout le traumatisme vient à la fois de l’extérieur et de l’intérieur. De l’extérieur puisque c’est de l’autre que la sexualité arrive au sujet18, de l’intérieur puisqu’il jaillit de cet externe intériorisé, de cette « réminiscence » dont, selon une belle formule, souffrent les hystériques, et dans laquelle nous reconnaissons déjà le fantasme.

Solution séduisante mais qui risque de s’effondrer dès qu’on laisse glisser le sens de chacun des deux termes : l’externe vers l’événement, l’interne vers l’endogène et le biologique.

Tentons, à l’inverse, de prendre au mieux, de sauver la théorie de la séduction dans ce qu’elle a de plus profond. Il s’agit chez Freud de la première, de la seule tentative pour établir une relation intrinsèque entre le refoulement et la sexualité19. Cette relation, il en trouve le ressort non pas dans un « contenu » mais dans les caractères temporels de la sexualité humaine qui en font le champ privilégié d’une dialectique entre le trop et le trop peu de l’excitation, le trop tôt et le trop tard de l’événement : « Ici s’offre l’unique possibilité de voir un souvenir produire un effet bien plus considérable que l’événement lui-même20. » D’où la décomposition du « traumatisme » en deux temps : le traumatisme psychique n’est concevable que comme venant d’un déjà-là, la réminiscence de la première scène.

Comment, maintenant, concevoir la formation de ce déjà-là ? Comment la première scène « sexuelle pré-sexuelle » a-t-elle pu prendre signification pour le sujet ? Dans une perspective qui tend à réduire la dimension temporelle à la chronologie, il faut, ou bien s’engager dans une régression infinie, chaque scène ne prenant valeur sexuelle que par l’évocation d’une scène antérieure sans laquelle elle n’aurait simplement rien été pour le sujet, soit s’arrêter arbitrairement à une « première » scène malgré ce qu’elle comporte d’inconcevable.

Illusion, la doctrine d’un monde innocent de l’enfant, dans lequel la sexualité serait introduite du dehors par un adulte pervers ! Illusion, ou plutôt mythe dont les contradictions mêmes signent la nature. Il faut à la fois concevoir un enfant d’avant le temps, un « bon sauvage », et une sexualité déjà là, au moins en soi, pour qu’elle puisse être éveillée ; il faut concilier l’effraction d’un dehors dans un dedans avec l’idée que peut-être, avant cette effraction, il n’y avait pas de dedans, la passivité d’une signification purement subie avec le minimum d’activité sans lequel l’expérience ne saurait même être accueillie, l’indifférence de l’innocence avec le dégoût qu’est supposée provoquer la séduction. Pour tout dire, un sujet d’avant le sujet et recevant son être, son être sexuel, d’un extérieur d’avant la distinction intérieur-extérieur.

Quarante ans plus tard, Ferenczi reprendra la théorie de la séduction pour lui donner une importance analogue21. Ses formulations sont sans doute moins rigoureuses que celles de Freud mais elles ont le mérite de compléter le mythe par deux éléments essentiels : au-delà des faits, et par leur médiation, c’est un « langage » nouveau, celui de la « passion », qui est introduit par l’adulte dans le « langage » infantile de la « tendresse ». D’autre part, ce langage de la passion est celui du désir, nécessairement marqué d’interdit, de culpabilité et de haine, un langage dans lequel passe le sentiment d’anéantissement lié à la jouissance orgastique. Le fantasme de la scène primitive avec son caractère de violence témoigne d’une véritable introjection pour l’enfant de l’érotisme adulte.

D’emblée Freud rejetait la thèse banale qui fait dépendre d’un interdit purement extérieur le déplaisir provoqué par la sexualité. Qu’ils soient d’origine « interne » ou « externe », désir et interdit marchent de pair : « En recherchant l’origine du déplaisir qui est libéré par une excitation sexuelle précoce, et sans lequel aucun refoulement ne serait explicable, nous pénétrons au cœur même de l’énigme psychologique. La réponse qui vient tout de suite est la suivante : ce sont la pudeur et la moralité qui constituent les forces refoulantes […]. Je ne puis croire que la libération de déplaisir pendant les expériences sexuelles puissent découler de l’immixtion fortuite de certains facteurs de déplaisir […]. Mon opinion, c’est qu’il doit se trouver dans la vie sexuelle une source indépendante qui libère du déplaisir : si cette source existe, elle peut stimuler les sensations de dégoût et conférer sa force à la moralité » (Draft K).

Tout comme Freud en 1893, Ferenczi est entraîné à situer chronologiquement cette intrusion et à hypostasier un enfant d’avant la séduction. À l’inverse, on peut être tenté de clore une fois pour toutes le problème en invoquant la dimension du mythe : la séduction serait un mythe, mythe de l’origine de la sexualité par introjection du désir, du fantasme, du « langage » adultes. La relation du mythe au temps (à l’événement), mentionnée dans le mythe lui-même, est comme enveloppée en lui. Mais comment en demeurer là ? Ce mythe (ou fantasme) de l’intrusion du fantasme (ou du mythe) dans le sujet, il faut bien qu’il advienne lui-même dans le temps à cet organisme qu’est le petit d’homme, en fonction de certaines caractéristiques de son évolution biologique où se lisent déjà le trop et le trop peu, le trop tôt (de la naissance) et le trop tard (de la puberté).

***

Au cours de l’année 1897, Freud renonce à sa théorie de la séduction. Il écrit à Fliess, le 21 septembre : « Il faut que je te confie tout de suite le grand secret qui, au cours de ces derniers mois, s’est lentement révélé. Je ne crois plus à ma neurotica… » Il avance un certain nombre d’arguments. De fait : impossibilité de mener les analyses jusqu’à leur terme, à savoir jusqu’à l’événement pathogène premier ; même dans les psychoses les plus profondes – c’est-à-dire là où l’inconscient semble le plus accessible – le mot de l’énigme n’est pas livré. Arguments de droit : il faudrait généraliser la perversion du père au-delà même des cas d’hystérie puisque l’installation de celle-ci fait encore intervenir d’autres facteurs. D’autre part, et c’est là surtout le point qui nous intéresse, « il n’existe dans l’inconscient aucun indice de réalité de sorte qu’il est impossible de distinguer l’une de l’autre la vérité et la fiction investie d’affect. » Deux voies de solutions sont alors indiquées : ne voir dans les fantasmes infantiles que l’effet rétroactif d’une reconstruction qu’opérerait l’adulte (ce qui deviendra la conception jungienne dite du Zurück-phantasieren ; Freud la récuse d’emblée) ; revenir à l’idée de prédisposition héréditaire. Si cette seconde possibilité – dont Freud avoue qu’il l’avait toujours « refoulée » – regagne du terrain, c’est bien en effet parce que la recherche de l’événement premier a abouti à une impasse ; mais c’est aussi parce que Freud, en ce moment de désarroi, ne parvient pas à dégager ce qu’il y a de positif dans la théorie de la séduction au-delà du réalisme de l’événement datable. Si l’événement se dérobe, alors l’autre terme de l’alternative – la constitution – est réhabilité. Puisque le réel, dans une de ses modalités, fait défaut et se révèle n’être que « fiction », il faut chercher ailleurs un réel qui fonde cette fiction.

Quand les historiens de la psychanalyse, reprenant le point de vue officiel de Freud lui-même, nous disent que l’abandon, à l’épreuve des faits, de la théorie de la séduction a déblayé le terrain pour la découverte de la sexualité infantile, ils simplifient une évolution bien plus ambiguë. Pour un psychanalyste contemporain, pour un Kris comme pour nous, la sexualité infantile est inséparable du complexe d’Œdipe. Et il est bien vrai que, corrélativement à l’abandon de la séduction, trois thèmes deviennent prévalents, dans la correspondance avec Fliess : la sexualité infantile, le fantasme, l’Œdipe. Mais tout le problème est dans leur articulation. Or que voyons-nous ? S’il y a eu déblayage du traumatisme réel et de la scène de séduction, dans la mesure où il a été effectif22 ce n’est pas à l’Œdipe qu’il a fait place, mais à la description d’une sexualité infantile spontanée à développement essentiellement endogène. Stades d’évolution, fixation conçue comme inhibition de développement, régression génétique, c’est là au moins une des perspectives offertes par les Trois essais sur la théorie de la sexualité dont le deuxième chapitre sur « La sexualité infantile » ne fait état ni de l’Œdipe ni du fantasme. Un article contemporain de la première édition des Trois essais est significatif de ce point de vue : Freud peut y parler de ses « vues sur le rôle de la sexualité dans l’étiologie des névroses » sans dire un mot de l’Œdipe. Le développement sexuel de l’enfant y est défini comme endogène, déterminé par la constitution sexuelle : « Avec le recul des influences accidentelles de la vie, les facteurs de la constitution et de l’hérédité devaient reprendre le dessus, mais avec cette différence que moi je remplaçais la prédisposition névropathique en général par la “constitution sexuelle23“ »

Pourtant, objectera-t-on, c’est bien aussi en 1897, précisément lorsqu’il abandonne la théorie de la séduction, que Freud découvre, dans son auto-analyse, le complexe d’Œdipe. Qu’on réfléchisse cependant à ceci : dans l’œuvre de Freud, pendant une vingtaine d’années, le complexe d’Œdipe, malgré son importance d’emblée reconnue, va avoir une existence en marge des synthèses théoriques ; il sera volontiers cantonné par exemple dans un chapitre à part sur le choix d’objet à la puberté (Trois essais) ou sur « les rêves typiques » (L’Interprétation des rêves). C’est qu’à notre sens la découverte de l’Œdipe en 1897 n’est ni la cause de l’abandon de la théorie de la séduction ni ce à quoi il a été fait place nette. Il est bien plutôt ce qui, déjà atteint de façon « sauvage » dans la théorie de la séduction, a failli être perdu avec elle au profit d’un réalisme biologique.

D’ailleurs Freud reconnaîtra lui-même, bien plus tard, ce qu’il y avait de positif, d’annonciateur dans la séduction : « J’avais rencontré ici, pour la première fois, le complexe d’Œdipe », ou encore : « J’appris que les symptômes hystériques découlaient non de faits réels mais de fantasmes. Plus tard seulement je me rendis compte que ce fantasme de séduction par le père était chez la femme, l’expression du complexe d’Œdipe24. »

Pendant une certaine période, tout se passe donc comme si, perdant d’une part l’idée, présente dans la théorie de la séduction, d’un « corps étranger » qui introduit à l’intérieur du sujet la marque de la sexualité humaine, découvrant d’autre part ce fait que la pulsion sexuelle n’attend pas la puberté pour être active, Freud ne parvenait pas à articuler l’un à l’autre Œdipe et sexualité infantile. Si celle-ci existe, comme l’observation et la clinique l’imposent de manière irrécusable, elle ne peut, dès lors, être conçue que comme réalité biologique, et le fantasme n’est plus que l’expression seconde de cette réalité. La scène où le sujet se décrit séduit par un camarade plus âgé n’est en fait qu’un déguisement double : un pur fantasme est converti en souvenir réel, une activité sexuelle spontanée travestie en scène de passivité25. On n’est alors plus guère fondé à reconnaître au fantasme une réalité psychique – au sens fort que Freud a parfois su donner à l’expression – puisque la réalité est tout entière reportée sur une sexualité endogène dont les fantasmes ne sauraient être qu’une efflorescence purement imaginaire.

Avec l’abandon de la théorie de la séduction, quelque chose se perd : dans la conjonction et le jeu temporel des deux « scènes » s’inscrivait une structure pré-subjective, à la fois au-delà de l’événement ponctuel et de l’imagerie interne. Prisonnier d’une série d’alternatives théoriques : sujet-objet, constitution-événement, interne-externe, imaginaire-réel, Freud est amené à valoriser pour un temps les premiers termes de ces « couples d’opposés ».

Nous arriverions donc au paradoxe suivant : dans le moment même où l’objet psychanalytique par excellence, le fantasme, est découvert, il risque de perdre son être propre au profit d’une réalité endogène, la sexualité, elle-même aux prises avec une réalité extérieure interdictrice et normative qui lui impose des déguisements. Nous aurions bien le fantasme – au sens de production imaginaire – mais nous perdrions la structure.

Inversement, avec la théorie de la séduction, nous avions bien sinon la thèse, du moins l’intuition de la structure (la séduction apparaissant comme une donnée quasi universelle, en tout cas transcendant l’événement et pour ainsi dire ses acteurs), mais les pouvoirs de l’élaboration fantasmatique étaient inconnus, en tout cas sous-estimés.